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A
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PROPERTY OF
MIDDLE ENGLISH DICTIONA
MANUEL
DE
PALÉOGRAPHIE
PROPERTY OF
MIDDLE ENGLISH DICTION
MAÇON, IMPRIMERIE PROTAT FRERES
MANUEL
DE
PALÉOGRAPHIE
LATINE ET FRANÇAISE
DU VI« AU XVII* SIÈCLE
8UIYI d'un
DICTIONNAIRE DES ARRÉVIATIONS
AVEC
23 FAC-SIMILÉS EN PHOTOTYPIE
PAR
Maurice ^OU
Archiyiste paléographe
Ancien membre de l'École française de Rome
Sons-bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale
PARIS
ALPHONSE PICARD, ÉDITEUR
Libraire des Archives nationales et de la Société de V École des Chartes
82, Rue Bonaparte, 82
1890
PROPERTY OF
MIDDLE ENGLISH DICTIONARY
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A MON MAITRE
M. LEON GAUTIER
Membre de l'Institut
Professeur de paléographie à l'Ecole des Chartes
HOMMAGE
DE
RESPECTUEUSE RECONNAISSANCE
PRELIMINAIRES
g 1 . — Définition de la paléographie.
La paléographie est la science des anciennes
écritures. Elle a pour but le déchifFrement des
écritures de l'antiquité et du moyen âge. Son
domaine s'étend à toutes sortes de documents
écrits : inscriptions^ monnaies, sceaux et manus-
crits. Nous ne traiterons ici que de la paléographie
du moyen âge. De plus, nous laisserons de côté
les inscriptions, les légendes des monnaies et celles
des sceaux : leur étude regarde plus spécialement
l'épigraphie, la numismatique et la sigillographie.
On s'en tiendra donc ici à l'étude et au déchif-
frement des manuscrits latins et français compris
entre le v® et le xvii® siècle.
2 PRÉLIMINAIRES
Parmi les manuscrits, il convient de distinguer
les livres ou manuscrits proprement dits, et les
actes publics on chartes. Ainsi, toutes les fois qu'il
sera question de manuscrits, il faudra entendre par
là les transcriptions d'œuvres littéraires, histo-
riques ou scientifiques, comme aussi les livres
liturgiques. Sous la désignation de chartes, on
comprendra tous les actes émanés de personnages
ayant qualité pour dresser des actes publics,
comme les notaires, les officiaux, les seigneurs, les
évêques, etc. Les diplômes sont plus spécialement
les actes rédigés dans les chancelleries des souve-
rains, les privilèges et les édits royaux et impé-
riaux. Quant aux registres des chancelleries, ils
peuvent être rangés, suivant le plus ou moins de
soin apporté à leur transcription, tantôt dans la
classe des manuscrits, tantôt dans celle des
chartes.
Il importe de ne pas confondre la paléographie
et la diplomatique. Ces deux sciences, très voi-
sines, se prêtent un mutuel secours; cependant
leurs champs d'action sont distincts. La première
a pour objet l'étude des caractères extérieurs des
actes ; la seconde, l'étude de leurs caractères
internes et constitutifs. Un savant qui connaît les
règles de la diplomatique peut déterminer, d'après
PRÉLIMINAIRES 3
le Style, d'après l'emploi de telle ou telle formule,
l'époque à laquelle un acte a été rédigé ; la con-
naissance de la paléographie lui permettra de
déterminer dans quel siècle ce même acte a été
transcrit. En un mot, comme l'a si bien dit le
savant professeur de l'Ecole des Chartes, M. Léon
Gautier, le paléographe étudie le corps des chartes,
le diplomatiste en étudie l'âme.
g 2. — Les diverses périodes de V histoire de
V écriture en France,
Tous les paléographes ont cherché à répartir en
un certain nombre de périodes l'histoire de l'écri-
ture. L'écriture, comme tous les autres arts, s'est
modifiée peu à peu, plus ou moins vite suivant les
régions. Une seule fois en France il y a eu une
révolution dans l'écriture, c'est au temps de Char-
lemagne. C'a été là une réforme voulue. Mais
ensuite l'écriture s'est transformée inconsciem-
ment sous les influences les plus diverses. De
sorte que toutes les divisions qu'on a proposées
sont plus ou moins factices et arbitraires.
Si l'on considère trois manuscrits de même
nature, mais chronologiquement très éloignés les
4( PRELIMINAIRES
uns des autres, par exemple, un manuscrit du
IX® siècle, un autre du xii** siècle, un troisième du
XV® siècle, on sera frappé des différences que pré-
senteront les trois écritures ; rien ne sera plua
facile que de les caractériser. La première écri-
ture pourra être qualifiée Caroline, la seconde
romane, la troisième gothique. Cependant ces
trois écritures marquent simplement trois étapes
dans le développement d'une même écriture. Lea
deux dernières, celles qu'on pourrait appeler la
romane et la gothique, ne sont que des modifica-
tions de la minuscule Caroline. Comment ce genre
d'écriture se transforma peu à peu depuis le
IX® siècle jusqu'au commencement du xvii® siècle,
c est ce que nous essaierons de montrer à nos
lecteurs par une série de planches qui leur appren-
dront, mieux qu'aucune définition, à reconnaître
l'âge d'un document.
En Italie, il y eut au xv® siècle une réforme dans
l'écriture, analogue à celle qui s'était produite en
France sous Charlemagne. Les humanistes aban-
donnèrent le genre d'écriture dit gothique poui"
remettre en usage la minuscule Caroline, avec des
majuscules de forme capitale. Cette écriture fut
adoptée par les imprimeurs italiens. Elle ne péné-
tra en France qu'assez tard. Son influence se fit à
PRÉLIMINAIRES 5
peine sentir dans quelques manuscrits exécutés au
XV® siècle. Car, après Tinvention de l'imprimerie,
on ne fit plus guère comme manuscrits que des
livres de prières, où l'usage de la gothique fut
souvent conservé. Dans les actes publics et dans
la correspondance journalière, on continua d'em-
ployer une cursive dérivée des écritures antérieures,
mais de plus en plus dégénérée et illisible. Enfin,
au XVII® siècle, sous l'influence des livres imprimés,
l'écriture revint à des formes plus pures ; un cer-
tain nombre de signes s'introduisirent qui rappe-
laient les caractères typographiques. L'écriture
moderne était née.
11 n'y a donc en France, au moyen âge, que
deux périodes dans Thistoire de l'écriture : l'une
qui s'étend depuis lepoque romaine jusqu'au
règne de Charlemagne, l'autre qui commença sous
le règne de Gharlemagne pour finir au xvii® siècle.
Nous diviserons ITiistoire de la paléographie
française en trois chapitres :
i® La période anté-carolingienne, du v® siècle à
la fin du VIII® siècle.
2® La réforme carolingienne (ix® et x® siècles).
3® La période post-carolingienne, du xi® au
XVII® siècle.
PRELIMINAIRES
3. — Bibliographie.
Nous n'avons pas la prétention de dresser ici la
liste de tous les ouvrages relatifs à la paléographie
du moyen âge * .
Il nous suffira d'indiquer les plus importants^
Nous atteindrons ainsi un double but. En même
temps que nous ferons connaître aux étudiants les
traités, mémoires et atlas auxquels ils devront
recourir s'ils veulent poursuivre leurs études paléo-
graphiques, ce sera pour nous un moyen d'acquit-
ter en partie notre dette envers les auteurs
auxquels nous avons fait le plus grand nombre
d'emprunts pour la composition de ce manuel.
Ajoutons encore que la liste alphabétique qui
suit permettra d'abréger les renvois dans le corps
1. Voyez Bibliotheca diplomatica dans Barîngius, Clavia diplomatica;
Namur» Bibliographie paléograpkico-diplomaiico-bibliologique générale,
Liège, 1838, 2 toI. in-S*"; Hessels, The palœographical publications ofthe
last twenty^five yearsy dans The Academy^ numéros des 20 sept., 4 et 11
octobre 1884; Pirenne, Sur Vétat actuel des éludes de paléographie et de
diplomatique, dans Revue de l'Instruction publique en Belgique, t. XXIX,
2* lirraison de 1886; A. de Bourmont, Paléographie et diplomatique, dans
Congrès bibliographique international, Paris, 1888, in-8''.
PRéUMINAIRES 7
de l'ouvrage. Les monographies ou les ouvra
ges d'un caractère spécial seront indiqués au chapi-
tre où sera traitée la matière à laquelle ils se
rapportent.
Album paléographique ou recueil de documents importants
relatifs à Vhistoire et à la littérature nationales reproduits en
héliogravure,,, par la Société de TEcole des Chartes. Paris,
1887, in-fol. (Introduction où M. Delisle a donné la liste des
plus importantes reproductions de manuscrits en photogravure
publiées en France, Allemagne, Angleterre, Belgique, Dane-
mark, Espagne, Italie, Russie et Suède].
Archivio paleografico italianoy vol. I, Miscellaneoy fasc. I, II
et III. Rome, 1882-1888, in-fol. — Vol. II. Monumenti paleogra*
fici di Romay fasc. I. Rome, 1884, in-fol. (sous la direction
de Monaci et Paoli ; héliotypie).
Arndt (W.). Schrifttafeln zur Erlernung der lateinischen
Palaeographie. Berlin, 1874, in-fol. — 2« édit. Berlin, 1887-
1888, in-fol., 1" et 2« fascicules.
Baringius (Dan. Eberh.). Clavis diplomatica^ specimina vête-
rum scripturarum tradens,,, Hanoverae, 1754, in-4**.
Bastard (A. de). Peintures et ornements des manuscrits classés
dans un ordre chronologique^ pour servir à Vhistoire des arts du
dessin y depuis le iv* siècle de l'ère chrétienne jusqu'à la fin du
XVI® siècle y in-fol. *
Battheney. L'Archiviste françoisy ou méthode sure pour
apprendre à arranger les archives et déchiffrer les anciennes
écritures, 2« édit., Paris, 1775, in-4<>.
1. Voyez, pour les différents états de cette publication et le classement
des planches, Delisle, Vœuvre paléographique de M, le comte de Baêtard,
dans Bibl. de tEcole des Chartes, t. XLIII (1882), p. 498.
8 PRËLIMINAIBES
Blass (F.). Article Palaeographie dans Handbuch der klass»
Altertumswissenschaft. Noerdlingen, 1886, in-8**.
Bond (E. A.) et Thompson (E. M.). The Palaeographical
Society > Facsimiles of manuscripts and inscriptions, London,
1873-1883, in-fol. (photogravure ; voyez Bibliothèque de V Ecole
des Chartes^ année 1884, p. 533). — Second séries, 1884 et ss.
(livraisons annuelles de 20 planches).
Bourmont (A. de). Lecture et transcription des vieilles écri^*
tures. Manuel de paléographie des xvi®, xvii®, xviii® siècles,
Caen, 1881, in-fol.
Garini (I.). Sommario di paleografia... appunti per la nuova
scuola Vaticana. Rome, 1888, in-8°.
Catalogue of ancient manuscripts in the British Muséum.
Part II, Latin, London, 1884, in-fol. (avec 61 planches auto-
typiques).
Champollion (A.). Paléographie des classiques latins. Paris,
1837, in-4^. (Texte et 12 planches lithographiées.)
Chassant (A.). Dictionnaire des abréviations latines et fran^^
çaises,.. du Moyen-Age (5® édit.). Paris, 1884, in-12.
Chassant (A.). Paléographie des chartes et des manuscrits du
xi^ au XVII® siècle (8« édit.). Paris, 1885, in-i2.
Châtelain (E.). Paléographie des classiques latins, Paris,
1884-1888, in-fol., livraisons 1 à 6. (Héliogravure Dujardin.
En cours de publication. L'éditeur suit Tordre chronologique
des auteurs latins.)
Collezione fiorentina di fac-simili paleografici greci e latiniy
publ. par G. Vitelli et C. Paoli. Florence, 1884-1888, in-fol.
(En cours de publication.)
Delisle (L.). Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque
impériale, Paris, 1868-1881, 3 vol. in-4^, avec un atlas in-4®
de 50 planches lithographiées et 1 planche en chromolitho-
graphie.
PRELIMINAIRES Vf
Delisle (L.). Mélanges de paléographie et de bibliographie,
Paris, 1880, in-8°; avec un atlas de 8 héliogravures.
Delisle (L.). Mémoire sur V école calligraphique de Tours au
IX® siècle, Paris, Impr. nat., 1885, in-4® (extrait du t. XXXII,
1'® part., des Mémoires de V Académie des Inscriptions)»
Ellis (Robinson). XII facsimiles from latin manuscripts in the
Bodleian library, Oxford, 1885, in-4**. (Zincogravure. Manus-
crits de classiques latins.)
Facsimili di antichi manoscritti per uso délie scuole di filologia
neolatina, publ. par Ë. Monaci. Rome, 1881-1883. 2 fascicules
in-fol. (photogravure).
Gloria. Compendio délie lezioni teorico-pratiche di paleo"
grafia e diplomatica. Padoue, 1870, in-8^ ; avec atlas.
Hulâkovsky (J.-A.). Abbreviaturse vocabulorum usitatse in
scripturis prœcipue latinis medii sévi. Pragae, 1852, in-4®.
(lithogr.).
Les plus anciens monuments de la langue française (ix*-
X® BiQcXe) publiés avec un commentaire philologique par G. Paris.
Album publ. par la Société des anciens textes français, Paris,
1875, in-fol. (Héliogravure Dujardin.)
Mabîllon (Dom Jean). De re diplomatica libri VI. Paris, 1681
et 1709 (avec supplément, 1704), in-fol. — 2® édition; Naples,
1789, 2 vol. in-fol.
Musée des Archives départementales. Recueil de fac-similé
héliographiques de documents tirés des Archives des préfectures y
mairies et hospices. Paris, Impr. nat., 1878, in-4°, avec
atlas in-fol.
Musée des Archives nationales. Documents originaux de
rhistoire de France, exposés dans l'hôtel Soubise. Ouvrage
enrichi de 1.200 fac-similé des autographes les plus impor-
tants depuis l'époque mérovingienne jusqu'à la Révolution fran-
çaise. Paris, 1872, in-4**.
10 PRÉLIMINAIRBS
Nouveau traité de diplomatique,,, par deux religieux béné-
dictins (Dom Tassin et Dom Toustain). Paris, 1750-1765,
6 vol. in-4®.
Paoli (G.) Programma scolastico di paleografia latina e di
diplomatica, I. Paleografia latina (2* édit.). Florence, 1888,
in-8«.
Quantin. Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienne ^
contenant les notions nécessaires pour l'intelligence des
anciens monuments manuscrits, avec un grand nombre de
fac-similé. Paris, 1866, in-4**. (l'« encyclopédie théologique
de Tabbé Migne.)
Recueil de fac-similés à l'usage de l'Ecole des Chartes. Paris,
A. Picard, 1880-1887, 4 fascicules in-fol.
Renaud (Hyacinthe). Paléographie française, ou méthode de
lecture des mss. français du xiii* au xvii® siècle. 1860, in-4®.
(lithogr.).
Schum (W.). Exempla codicum Amplonianorum Erfurtensium^
sseculi IX'XV. Mît 55 Abbîldungen auf 24 Blattern. Berlin,
1882, grand in-4^ (autotyp.).
Sickel (Th. von). Monumenta graphica medii ses^i ex archivis
et bihliothecis imperii Austriaci collecta. Vienne, 1859, 1 vol.
in-4** (texte) et 3 vol. in-fol. (atlas de photographies).
Silvestre (J.-B.). Paléographie universelle. Collection de
fac-similés d'écriture de tous les peuples. et de tous les temps.
Paris, 1839-1841, 4 vol. in-fol.
Silvestre (J.-B.). Universal Palaeography, or fac-similés of
tvritings of ail nations and periods.,,, by J.-B. Silvestre, accom-
panied by an historical and descriptive text... with corrections
and notes by sir Fr. Madden. London, 1849, 2 vol. in-S**
et atlas in-folio. (Palœographical Album,)
Thommen (R.). Schriftproben aus Handschriften des XIV-
XVIJahrhunderts. Bâle, 1888, in-4o (lithographie).
PRéLIMINAIRES 11
Thompson (Ë. M.]. Article Palœography dans Encyclopsedia
Britannica, vol. XVIII (1885).
Vaines (Dom de). Dictionnaire raisonné de diplomatique,
Paris, 1774, 2 vol. in-8^ — 2« édition; 1865, 2 vol. in-8^
Wailly (N. de). Éléments de paléographie. Paris. 1838, 2 vol.
in-4«.
Walther (Jo. Lud.). Lexicon diplomaticum, abhreviationes
syllabarum et vocum in diplomatihus et codicibus a saeculo VII t
ad XVI usque occurrentes exponens. Gottingae, 1747, in-fol.
Wattenbach (W.). Anleitung zur lateinischen Palœographie.
(4« édit.). Leipzig, 1886, in-4^
W^attenbach (W.). Das Schriftwesen im Mittelalter (2* édit.).
Leipzig, 1875, in-8®.
Wôpfiflin] Article Palœographie dans Baunieister,'Z)e/iA:m5/er
des Klassischen Altertums (1888) p. 1126.
g 4. — Origine de r alphabet latin.
L'alphabet latin * est dérivé directement de l'al-
phabet grec usité dans les colonies chalcidiennes
du Midi de l'Italie et de la Sicile : Cumes, Naples,
Rhegium, Naxos, Messine et Himera.
1. Voyez F. Lenormant, E$sai sur la propagation de F alphabet phénicien
dans Vancien monde. Paris, 1874-1875, t. I et t. II, part. I (oavrage
inacheTé); F. Lenormant, y<* Alphahetum dans Daremberg* et Saglio,
Dictionnaire des Antiquités ^ Paris, 1873, in-4''; Baumeister, Denkmàler
des Klassischen Altertums, y** Alphabet f Munich, 1885, in-8*.
12 PRÉLIMINAIRES
A l'origine, il se composait de vingt et une lettres,
y compris le Z, ajouté par les Latins à l'alphabet
grec.
L'alphabet latin subit dans l'antiquité quelques
modifications. Rappelons les plus importantes.
Des deux sifflantes S et Z, la seconde fut aban-
donnée dès avant la rédaction de la loi des Douze
Tables. On la remplaça par SS. Mais, au temps de
Cicéron, le Z fut remis en usage. A la même
époque, les Romains empruntèrent aux Grecs l'Y.
L'alphabet latin primitif ^avait deux gutturales,
G et K. La première de ces deux lettres représen-
tait le son que nous notons par G ; la seconde
servait à figurer la gutturale dure R. Les guttu-
rales de la langue latine étant devenues dures , la
différence entre le G et le R disparut. Un seul
signe. G, servit dès lors à représenter la gutturale.
Au temps où fut rédigée la loi des Douze Tables,
R était déjà tombé d'usage. Il persista comme
lettre initiale dans quelques noms propres et
devant A. Plus tard, on sentit de nouveau le
besoin de distinguer les deux gutturales. Le G
continua d'être employé pour figurer le son guttu-
ral dur ; une modification apportée au G dans le
cours de la seconde moitié du v® siècle, de Rome,
donna naissance au G, qui devint la notation de la
gutturale douce.
PRÉLIMINAIRES 13
L'alphabet latin ne subit plus aucun changement.
L'empereur Claude tenta en vain d'introduire
l'usage du digamma pour distinguer le Y consonne
du V voyelle.
Au vi'' siècle après Jésus-Christ, l'alphabet latin
comprenait donc vingt-trois lettres : A, B, C, D,
E, F, G, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X,
Y, Z. Tel est l'alphabet dont l'usage s'est cons-
tamment maintenu dans notre pays depuis l'anti-
quité jusqu'à nos jours.
I
rfjb
CHAPITRE PREMIER
PERIODE ANTE-CAROLINGIENNE
Du v^ au viii^ siècle» on a employé cinq espèces d'écri-
tures :
1^ La capitale ;
2® L'onciale ;
3® La demi-onciale ;
4® La cursive ;
5^ La minuscule.
§ 1 . — Ecriture capitale.
L'écriture capitale est celle dont les Romains ont fait
le plus anciennement usage. Elle a été la source de toutes
les autres espèces d'écritures latines. Nos imprimeurs s'en
servent encore aujourd'hui pour les titres des livres.
La forme de ces caractères n'a pas essentiellement changé
PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNE 16
depuis l'antiquité. Elle a été surtout employée dans lea
inscriptions romaines. Mais on en a fait aussi usage dan&
les livres, particulièrement dans les livres de luxe.
Nous n'insisterons pas sur les manuscrits en capitale ^
ils sont rares et pour la plupart déjà publiés. La non
séparation des mots est d'ailleurs la seule difficulté que
présente leur déchiffrement. La date de ces sortes de
manuscrits est presque toujours incertaine.
La liste des manuscrits en écriture capitale a été don-
née par W. de Gray Birch dans The history.,.. of the
Utrecht Psalter. Des feuillets des plus remarquables
d'entre eux ont été reproduits par Zangemeister et
Wattenbach, Exempta codicum latinorum litteris majus'^
ciilis scriptoruTHy Heidelberg, 1876 et 1879, in-fol.
Nous citerons le Virgile du Vatican (Vat. lat. 3256,
Dionyslanus) dont quelques feuillets sont à la bibliothèque
de Berlin. Peut-être remonte-t-il au m® siècle. (Fac-similé
dans les Abhandlungen de l'Acad. des sciences de Berlin,
Phil. hist. Classe, 1863; Exempla, tab. XIIII; Châte-
lain, Paléog. des classiques^ pi. 61.) On conserve à 1»
bibliothèque du Vatican trois autres manuscrits de
Virgile en capitale, celui qu'on désigne plus spécialement
sous le nom de Vaticanus (Vat. lat. 3225), qu'on attribue
au IV* siècle [Palœographical Society ^ fac simileSy anc.
pi. 116 et 117 = t. II, pi. 6 et 7; Mélanges de l'Ecole
fr. de Rome, IV« année, 1884, pi. V àX; Châtelain,
Paléog. des classiques^ pi. 63) ; un autre, plus récent, le
Palatinus (Palat. 1631 ; fac-similé dans Palœographical
Society, anc. pi. 115 = t. II, pi. 5; Châtelain, Ibidem,
pi. 64), et enfin un troisième, le Romanus, provenant de
l'abbaye de Saint-Denis (Vat. lat. 3867), qui ne paraît avoir
été écrit qu'au vi® siècle {Palœographical Society, anc.
ECRITURE CAPITALE
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18 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNB
pi. 113 et 114 = t. Il, pi. 3 et 4 ; Mélanges de l'Ecole fr.
de Rome, IV* année, 1884, pi. XI et XII ; Châtelain, Ibid.^
pi. 65). Le Vaticaniis et le 'Romanus sont ornés de pein-
tures.
Au premier de ces deux manuscrits sont empruntés
les quatre vers de V Enéide reproduits à la page 17.
Un très célèbre manuscrit de Virgile en écriture capi-
tale est conservé à la bibliothèque Laurentienne de Flo-
rence, c'est le Mediceo^Laurentianus. Une note, en
onciale, nous apprend que ce livre, qui appartenait à
frère Macharius, a été lu, ponctué et corrigé par Turcius
Rufius Apronianus Asterius, consul ordinaire. Si, comme
il est probable, cette note est contemporaine de ce per-
sonnage, le manuscrit est au moins antérieur à Tannée
494, date de son consulat. [Paheographical Society, anc.
pi. 86=^ t. II, pi. 10; Châtelain, Paléog. des classiques^
pi. 66.)
Au IV® ou V® siècle appartient le manuscrit de Térence,
de petit format, appelé Terentius BembinuSy conservé au
Vatican sous la cote Vat. lat. 3226. Des fac-similé en ont
été donnés dans Exempla, tab. VIII et VIIII ; Palœogra^
phical Society y anc. pi. 135 = t. II, pi. 9 ; Châtelain,
Paléographie des classiques, pi. 6.
Le manuscrit de Prudence, que possède la Bibliothèque
nationale de Paris (lat. 8084), exposé dans la galerie
Mazarine, armoire XIII, n® 103, est très probablement
antérieur à 527, si Ton tient pour originale la souscrip-
tion du consul Vettius Agorius Basilius Mavortius, qu'il
renferme. Quelques savants ont pensé que cette souscrip-
tion avait été copiée sur un manuscrit plus ancien ; cette
opinion est peu vraisemblable. Parmi les nombreux fac-
ÉCRITURE ONGIALB 19
simile de ce livre, nous citerons seulement : Delisle,
Cabinet des manuscrits y pi. I, n® 1 ; Exempla. tab. XV ;
Palœographical Society^ anc. pi. 29 et 30 = t. II, pi. Il
et 12 ; Album paléographique y pi. 1.
§2. — Ecriture onciale.
L'once était la douzième partie du pied. Il semble,
d'après un passage de saint Jérôme, que chez les anciens
la qualification d'onciales ait été vulgairement appliquée
à des lettres capitales de grande dimension. Tel est d'ail-
leurs le sens de ce mot dans une lettre de Loup de
Ferrières au ix* siècle.
Mais ce qui, aux yeux des paléographes modernes,
caractérise l'écriture onciale, ce n'est pas la hauteur, mais
bien la forme des lettres. On peut la définir : une écri-
ture capitale où les hastes se courbent et les angles
s'arrondissent. L'alphabet oncial n'est donc qu'une modi-
fication de l'alphabet capital. Il s'en distingue, d'après
N. de Wailly, parla forme des lettres A, D, E, G, H, M,
Q, T, V.
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Wattenbach, dans la liste des lettres caractéristiques
de l'écriture onciale, ne fait figurer ni le G, ni le T. C'est
20 PÉRIODE ANTé-CAROLINGIBNNE
que le T conserve souvent dans les manuscrits en onciale
la forme capitale. Le G, au contraire, a fréquemment la
forme onciale dans les manuscrits en capitale.
Notons encore que dans Tonciale la haste des lettres
F, P, Q, R descend au dessous de la ligne, tandis que
celle de la lettre L monte au dessus.
Déjà dans les graffites de Pompei on trouve des rudi-
ments de lettres onciales. Au iv® siècle après notre ère,
cette espèce d'écriture était formée. L'un des plus beaux
et des plus anciens exemples qu'on puisse citer est l'ins-
cription dite du Moissonneur, trouvée à Maktar en
Tunisie par M. Letaille et conservée au Musée du Louvre.
Elle remonte au moins au iv® siècle. M. Thompson en
a fait exécuter un fac-similé de grandeur naturelle,
Palseographical Society , facsimiles , second séries ,.
part III, n** 49. Mais le fac-similé réduit, tel qu'il a été
publié dans les Archives des missions scientifiques y
3® série, t. XI, p. 253, présente tout à fait l'aspect d'une
page de manuscrit.
Jusqu'à la fin du vu® siècle, l'onciale fut essentiellement
l'écriture des livres.
Nous citerons quelques exemples. Le manuscrit latin
8907 de la Bibliothèque nationale, à Paris, contient un
texte des actes du concile d'Aquilée de l'an 381, dont la
transcription semble être peu postérieure à la date de
cette assemblée [Exempta, tab. XXII). Au v® siècle appar-
tient un Tive-Live de la Bibliothèque nationale (lat. 5720,
galerie Mazarine, arm. XIII, n® 102 ; fac-similé dans
Analecta Liviana de Mommsen et Studemund; Exempta,
tab. XIX ; Patseographical Society, anc. pi. 31 et 32 =
t. II, pi. 19 et 20). Une table pascale, que possède
EGRITURB ONCIALB 21
la bibliothèque de Berlin, a été écrite peu après Tannée
447, date de sa composition [Exempla^ tab. XXIII).
Un palimpseste, conservé à Saint-Gall et contenant la
préface du panégyrique de Merobaudes pour le troisième
consulat d'Aetius, en 446, est du même temps [Exempla,
tab. LI). A la fin du v® siècle se place un manuscrit du
code Théodosien, à l'Université de Turin, qui n'est pas
antérieur à 438 [Exempla, tab. XXV).
Pour le VI® siècle, mentionnons un fragment du code
Théodosien, livres VI à VIII (Bibl. nat., lat. 9643; Sil-
vestre. Paléographie universelle y pi. CIX ; Delisle, Cabî^
net des manuscrits, pi. VII, n® 1 ; Exempla, tab. XXVI) ;
un recueil de canons de conciles, également à la Biblio-
thèque nationale (lat. 12097, galerie Mazarine, arm. XIII,
n® 107; Album paléogr.y pi. 11); la version italique
des quatre Evangiles (Bibl. nat., lat. 17225, galerie
Mazarine, arm. XIII, n® 109), et enfin le Pentateuque
de Lyon, auquel M. Ulysse Robert a consacré une
importante notice intitulée : Pentateuchi oersio latina
antiquissima e codice Lugdunensi, Paris, 1881, in-4®.
Au va® siècle appartiennent le livre de saint Hilaire sur la
Trinité (Bibl. nat., lat. 2630, galerie Mazarine, arm. XIII,
n® 112) ; un évangéliaire, provenant de Tabbaye de Saint-
Denis (Bibl. nat., lat. 256, galerie Mazarine, arm. XIII,
n® 114); l'histoire des Francs par Grégoire de Tours
(Bibl. nat., lat. 17654, galerie Mazarine, arm. XIII,
n® 116; Silvestre, Paléographie universelle, pi. CXIX ;
Bastard, pi. XIII et XIV ; Delisle, Cabinet des manuscrits,
pi. XII, n® 1). Le manuscrit latin 10318 de la Bibliothèque
nationale (galerie Mazarine, arm. XIII, n® 121) est une
anthologie latine [Codex Salmasianus) transcrite au
commencement du viii® siècle.
22 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB
On conserve aujourd'hui à la Bibliothèque royale de
Belgique, sous les n^* 9850 et 9852, un recueil contenant
les vies des Pères et des homélies de saint Césaire,
et qui offre de beaux exemples d'écriture onciale. Ce
livre remonte aux dernières années du vu® siècle ou aux
premières années du viii®; car il a été écrit par ordre
de Numidius, abbé de Saint-Médard de Soissons, contem-
porain de Childebert III. M. Delisle a publié sur ce
manuscrit un mémoire inséré dans le tome XXXI des
Notices et extraits des manuscritSy auquel il a joint quatre
fac-similé en photogravure.
§3. — Ecriture demi^' onciale.
On donne le nom de demi-onciale ou semi-onciale à
une écriture onciale mêlée de formes empruntées à la
minuscule. Elle tient le milieu entre Tonciale et la minus-
cule mérovingienne. Elle a préparé la minuscule Caro-
line. C'est pourquoi Wattenbach a proposé de Tappeler
minuscule précarolingienne.
Les lettres E, V, H conservent généralement la forme
onciale ; le D est tantôt de forme onciale avec la haste
recourbée à gauche, tantôt de forme minuscule, avec la
haste droite ; la forme de TM est intermédiaire entre
Tonciale et la minuscule, avec le troisième jambage replié
intérieurement ; l'N est toujours emprunté à la capitale.
Les lettres caractéristiques sont A, G, R. On remarquera
ECRITURE CURSIVB
23
leur forme dans les deux lignes ici reproduites, emprun-
tées à un manuscrit de saint Augustin (vi® siècle) de la
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bibliothèque d'Orléans (n® 169) : « non cognovi nisi per
legem, nam concupiscentiam ne[sciebam]. »
Le plus ancien exemple d'écriture demi-onciale qu'on
cite est un palimpseste de Vérone contenant les fastes
consulaires de 439 à 486, écrits en 486, et une autre
série de fastes, de 487 à 494, écrits par un autre scribe
en 494 [Exempla, tab. XXVIIII et XXX). Vient ensuite
le manuscrit de saint Hilaire, conservé dans la biblio-
thèque du chapitre de Saint-Pierre, à Rome, écrit en
509 ou 510 [Exempta, tab. LU ; Palœographical Society^
anc. pi. 136 = t. II, pi. 36). A la Bibliothèque nationale,
on peut citer un saint Augustin du vu* siècle, provenant
de l'abbaye de Corbie (lat. 12214, galerie Mazarine,
arm. XIII, n® 110; Delisle, Cabinet des manuscrits^
pi. VI).
§4. — Ecriture cursive.
. Nous entendons par écriture cursive toute espèce d'écri-
ture tracée rapidement. Il en résulte que cette écriture
ne présente pas de formes essentiellement caractéristiques.
Elle a emprunté ses formes, suivant les époques, à tel ou
24 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNE
tel genre d'écriture ; ainsi, avant le vi® siècle, elle est
une modification de Técriture capitale ; à partir du
VI® siècle, elle consiste en un mélange de capitales, d'on-
ciales et de minuscules, avec une prédominance toujours
de plus en plus marquée de ce dernier élément. Il faut
encore remarquer, avec M. Léon Gautier, que son aspect
change avec la matière sur laquelle elle est tracée : pierre,
cire, papyrus, parchemin.
Nous mentionnerons, sans y insister, les plus célèbres
exemples de la cursive antique parvenus jusqu'à nous et
d'abord les tablettes de cire retrouvées à Pompei en 1875
dans la maison de L. Caecilius Jucundus. Nous ne pouvons
manquer de signaler les célèbres tablettes de cire aux-
quelles Massmann a consacré un volume intitulé Libellas
aurarius siçe tabulée ceratœ antiquissimae et unicœ roma-
nœ, Leipzig, 1841, in-4®, et qui passent pour avoir été
trouvées dans les anciennes mines d'or de la Transyl-
vanie ; mais c'est pour rappeler que Natalis de Wailly en
a démontré la fausseté, dès 1841, dans le Journal des
Sai^ants, p. 555. Mommsen les a cependant insérées dans
le Corpus inscriptionum latinarum^ t. III, 2*^ partie,
p. 921. Wattenbach les cite dans son Introduction à
V étude de la paléographie latine^ sans élever aucun doute
sur leur authenticité.
La cursive fut employée dans la chancellerie impériale
au V® siècle, comme le prouvent des fragments de res-
crits impériaux sur papyrus, conservés à Leyde et à la
Bibliothèque nationale. N. de Wailly en a donné le
déchiffrement dans les Mémoires de [Institut^ Académie
des Inscriptions y t. XV, l""® partie, p. 399. On peut voir
à la Bibliothèque nationale, dans la galerie des chartes,
divers actes du vi® siècle, sur papyrus, écrits en cursive.
MINUSCULE MÉROVINGIENNE 25
Ce sont, sous les n®* 368 à 374 (lat. 8842), des actes d'ou-
verture de testaments devant le magistrat de Ravenne,
écrits en 552 ; puis, sous les n*»» 375 à 377 (lat. 4568 A),
un règlement de comptes fait à Ravenne en 564 et connu
sous le nom de charte de pleine sécurité ; ce papyrus était
au XVI® siècle dans la bibliothèque du roi à Fontainebleau
où il passait pour être le testament de Jules César.
Sur les actes en papyrus, on doit consulter Touvrage
de Marini, I papiri diplomatici raccolti e illustrati, Rome,
1805, in- fol. ; les Chartes latines sur papyrus du
VI* siècle de [ère chrétienne appartenant à la bibliothèque
royale et publiées pour t Ecole royale des Chartes y Paris,
1837, in-fol. ; ChampoUion-Figeac, Chartes et manuscrits
sur papyrusy Paris, 1840, in-fol.
Du VI® au VIII® siècle, c'est très souvent en cursive que
sont tracées les notes marginales des manuscrits. On en
trouvera des exemples dans une collection canonique du
milieu du vi® siècle déjà citée, p. 21 (Bibl. nat., lat. 12097 ;
Cabinet des manuscrits ^ pi. m et iv ; Exempla codicum ,
tab. xL-xLii ; Album paléographique, publ. par la Soc. de
TEcole des Chartes, pi. 11).
§ 5. — Minuscule mérovingienne.
La capitale , Tonciale, la demi-onciale, c'est-à-dire les
écriturea majuscules, n'ont pas été les seules employées
pour la transcription des livres du vi® au viii® siècle. On
s'est aussi servi, quoique moins fréquemment, et surtout
dans les manuscrits usuels, d'une écriture minuscule.
26 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNE
Dès le vi^ siècle apparaît une grosse minuscule très voi-
sine de la demi-onciale , par exemple dans le manuscrit
latin 12097 de la Bibliothèque nationale, cité plus haut.
Un des manuscrits où Ton étudiera le mieux les
diverses variétés de la minuscule mérovingienne est un
manuscrit d'Eugyppius, du commencement du viii^ siècle,
provenant de Saint-Martin de Tours. M. Delisle lui a
consacré un mémoire intitulé Notice sur un manuscrit
mérovingien contenant des fragments d^Eugyppius^ appar-
tenant à J/. Jules DesnoyerSy Paris, 1875, in-4®. Cette
notice contient plusieurs planches en photogravure repro-
duisant autant de pages du manuscrit et que M. Delisle a
pris soin de transcrire. On trouvera donc là un excellent
sujet d*études paléographiques. La planche ii nous offre
un exemple de minuscule mêlée d'onciale. Sur la
planche m, la minuscule est très pure, sans aucun
mélange de capitales ni d'onciales. Voici les observations
de M. Delisle sur la forme de quelques lettres. L'a est
figuré par deux ce rapprochés Tun de Tautre. L'^, tantôt
est presque semblable a Ye romain des caractères d'im-
primerie, tantôt est composé d'une panse et d'une tête
qui dépasse le niveau supérieur des lettres ordinaires ;
souvent aussi, la traverse de Ve se prolonge à droite et
devient le premier trait de la lettre suivante. Les i mon-
tent au dessus de la ligne au commencement de certains
mots et de certaines syllabes. Cette minuscule est souvent
mêlée de caractères cursifs ; de nombreuses ligatures s'in-
troduisent, qui contribuent à lui donner l'apparence d'une
écriture absolument cursive. Voyez les pages du manuscrit
d'Eugyppius reproduites sur les planches v et vi de M. De-
lisle. Voyez encore le Catalogue des manuscrits des fonds
Libri et BarroiSy par^M. Delisle, p. 26, pi. m, n®" 2, 3 et 4.
MINUSCULE MÉROVINGIENNE 27
Le manuscrit de Grégoire de Tours , dit manuscrit
de Corbie, conservé à la Bibliothèque nationale sous le
n^ 17655 des manuscrits latins, nous fournit un exemple
remarquable de minuscule embarrassée de ligatures. Il a
été transcrit au vu® siècle. M. H. Omont en a imprimé le
texte en 1886. {Grégoire de Tours ^ Histoire des Francs^
L l'VIy texte du manuscrit de Corbie, publ. par H. Omont,
Paris, 1886, in-8®, dans Collection de textes pour sentir
à T étude et à V enseignement de rhistoire.) Nous donnons
sur la pi. I le fac-similé du fol. 57, qui correspond, dans
l'édition d'Arndt, au chapitre 47 du livre IV de l'Histoire
des Francs, et au commencement du chap. 49. On remar-
quera l'emploi, pour la première ligne du chap. 47 (dans
le ms., chap. XXXIII) de l'écriture onciale, et pour la
première ligne du chap. 49 (dans le ms., chap. XXXIIIl),
de l'écriture demi-onciale. Dans la transcription qui suit,
les chiffres placés entre parenthèses indiquent les lignes
du manuscrit ; nous avons distingué les u et les v, les i
et les y, bien qu'il n'y ait naturellement dans le manu-
scrit aucune différence entre Vu et le sfy entre 1'^
et le y.
« (Ligne 1) XXXIII. Chlodovechus vero, Chilperici
fîlius, de Toronico (2) ejectus, Burdigala abiit. Denique
cum apud Burdegalensim civita-(3)-tem , nuUum prorsus
inquietantem , resediret, Sigulfus quidam a parte Sy-(4)-
giberti se super eum objecit. Quem fugiente cum tubis et
bucinis quasi labentem cervum (5) fugans insequibatur.
Qui vix ad patrem regredi liberum habuit aditum. Tamen
per (6) Andecavum regressus, ad eum rediit. Cum autem
intentio inter Guntchramnum et Sy-(7)-gibertum reges
verteretur, Guntchramnus rex apud Parisius omnes epîs-
28 PERIODE ANTÉ-GAROLINGIBNNE
eopos regai sui coa-(8)-gregat , ut inter utrosque quid
Veritas haberet edicerent. Sed, ut bellum civile (9) in
majore pernieitate cresceret, eos audire, peccatis facien-
tibus, distulerunt. (10) Chilpericus autem in ira commo-
tus, per Theudobertum (iliam suum seniorem, qui a
Sygi-(ll)-berto aliquando adpraehensus sacramentum
dederat, ut ei fidelis esset, civitates ejus (12) pervadit,
id est Toronus, Pectavis vel reliquas cytra Legerem sitas.
Qui Pectavus (13) veniens, contra Gundoaldum ducem
pugnavit. Terga autem vertenti exercitum (14) partis
Gundoaldi, magna ibi stragem de populo fecit. Sed et de
Toronicam regionem ma-(15)-ximam partem incendit, et,
nisi ad tempus manos dédissent, totam continuo debel-
(16)-lasset. Commoto autem exercitu, Lemovecinum,
Cadurcinum vel reliquas illarum (17) propinquas pervadit,
vastat, evertit; eclesias incendit, ministeria detrahit, (18)
clericos interficit, monasteria vivorum deicit, puellarum
deludit et cuncta dévastât. (19) Fuitque tempore illo pejor in
eclesiis gemitus quam tempore persecutionis Diocleciani.
(20) XXXIIII. Dum haec ageretur, Sigibertus rex
gentes illas quae ul-(21)-tra Renum habentur commovit,
et bellum civile ordiens, contra fratrem (22) suum Chil-
pericum ire destinât. Quod audiens Chilpericus, ad fra-
trem suum Gunth-(23)-chramnum legatos mittit. Qui con-
juncti pariter foedus ineunt, ut nuUus fratrem suum (24)
perire sineret. Sed cum Sigibertus gentes illas adducens
venisset, et Chilpericus de alia (25) parte cum suo exer-
citu resederet, nec haberet rex Sigibertus super fratrem
suum (26) iturus, ubi Sequanam fluvium transmearet, fra-
trem suum Guntchramnum mandatum (27) mittit, dicens :
<( Nisi me permiseris per tuam sortem hune fluvium trans-
ire, cum omni [exercitu meo, super te pergam. »]
MINUSCULE MEROVINGIENNE 29
Plusieurs paléographes ont qualifié cursive l'écriture
de ce manuscrit. S'il est vrai que beaucoup de lettres
sont liées les unes aux autres, — c'est même le grand
nombre des ligatures qui rend difficile la lecture de cette
page, — cependant on ne rencontre pas moins de lettres
isolées, indépendantes ; et, de plus, récriture n'a pas été
tracée rapidement. Nous sommes donc en présence d'une
écriture minuscule. Les mots ne sont pas toujours sépa-
rés ; souvent même deux mots sont étroitement attachés
par une ligature, par exemple, à la deuxième ligne, le
dernier e de denique lié au c de cum ; à la 19® ligne,
les mots que tempore illo forment corps; à la 23® 1.,
le t de ut est lié à /z de nullus. En revanche, on constate
l'emploi d'un point pour séparer les phrases ; outre que
chaque phrase commence par une lettre majuscule,
empruntée à la capitale ou à l'onciale. Nous ne constatons
que deux abréviations : à la 23® 1., celle de m dans
suum ; la nasale est remplacée par un trait vertical
légèrement contourné placé au dessus du second u ; le
scribe a eu recours à ce procédé parce que, arrivé à la fin
de la ligne , la place lui manquait pour tracer les trois jam-
bages de l'/w. L'abréviation epôs pour episcopos, à la 7®
1., était à cette époque consacrée par l'usage; il était
rare qu'on écrivît le mot episcopus en toutes lettres.
Tantôt Va est ouvert à sa partie supérieure comme le
premier a de Burdlgala k la 2® 1. ; il peut se confondre
quelquefois avec z^; dans Va^ cependant, les deux jambages
sont courbés vers le haut, tandis que dans Vu ils sont
droits ; tantôt Va est fermé comme le second a de Bur-
digala et le premier à'abiit à la 2® 1.
L'a affecte une forme cursive quand il est lié avec
la lettre qui le suit ; dans ce cas, il est généralement
30 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNE
suscrit, c^est-à-dire écrit au dessus de la lettre qui le suit.
On pourra étudier le groupe ac dans les mots ira cont"
motus à la 10^ 1. ; ad dans aditum à la 5^ 1. ; ae dans
adpraehensusy 11° 1. ; ag, dans magnay 14° 1. ; a/w , dans
Guntchramnus, 7° 1. ; an, dans manosj 15° 1. ; ap, dans
apudy 2° 1., et dans a parte ^ 3° 1. ; ar^ dans partis y 14° 1. ;
as, dans quasi, 4° 1., et dans dévastât, 18° 1.
Le c est parfois surmonté d'un appendice en forme de
crosse qui s'élève au dessus des autres lettres, comme
dans civita\teTn\ à la fin de la 2° ligne, civile à la fin de
la 8° 1. Cl peut se confondre avec rf; voyez clericos, en
tête de la 18° 1. Le c est relié au t par un trait courbé,
dans cuncta, 18° 1.
La haste du d s'élève très haut au dessus de la ligne ,
et se prolonge également au dessous. La panse est
presque toujours fermée. On ne doit pas prendre pour
un d la figure qui résulte du rapprochement du dernier
jambage de Va et dV; remarquez al dans Burdigala et
burdegalensim, 2° 1.
\Je consiste en un demi-cercle surmonté d'une boucle
fermée. Quand cette lettre est reliée à la lettre suivante,
elle a plus ou moins l'apparence d'un 8. Etudiez les liga-
tures suivantes : ed, dans regredi, 5° 1., dans rediit, 6° 1. ;
ei, dans ejectus, 2° 1. ; eri, dans ministeria, 17° 1 , et dans
clericoSj 18° 1.; et, dans resediret, 3° 1., dans cresceret,
9°1.
F a une forme bien caractéristique dans fugiente , 4° 1.
Remarquez /?dans interficit, 18° 1. ; /Z, dans fluvium, 26° 1.
L a une forme cursive dans un certain nombre de mots,
comme par exemple dans debel[lasset], dernier mot de la
15° 1., deludit, 18° 1., pluvium, Tl^ 1. Remarquez le, dans
lemovecinum, 16° 1.
MINUSCULE MÉROVINGIENNE 31
La haste du q s'abaisse à peine au dessous de la ligne,
comme dans quidam^ 3® 1., ou utrosque, 8* 1. Remarquez
la forme de q précédé de e, dans insequibatur, 5' 1.
LV et r^ sont deux lettres peu diflférentes ; cependant
Vs s'élève davantage au dessus de la ligne. Mais on pren-
drait volontiers pour un s IV du mot ira à la 10® 1.
Etudiez la liaison de re dans resediret^ 3® 1., et dans
regressus^ 6® 1. J'ai indiqué plus haut, à propos du
groupe eri^ la liaison ri. On trouvera un autre exemple
dans parisius, 7® 1.
Le t donne naissance à un grand nombre de ligatures.
Sa forme se modifie alors beaucoup et il rappelle un 9
retourné et incliné à gauche. Voici les ligatures les plus
fréquentes : ta, dans perniçitata^ 9® 1., dans pecta^fisy
12® 1. ; te, dans \cioit(i\tem, au commencement de la 3® 1. ,
dans inquiétante m, 3® 1. , dans pernicitatey 9® 1. ; tiy dans
intentio y 6® 1. , dans peccatis, 9® 1., dans persecutionis y
19® 1. ; try dans patrem, 5® 1., et utrosquey 8® 1. Le redou-
blement du t peut être observé dans mittit, 23® 1. et 27® 1.
L'a est souvent suscrit, comme dans cenfuniy 4® 1. ;
dans quaniy 19® 1., et mandatuniy 26® 1.
La dernière lettre de la 3® 1. et de la 6® 1. est un y.
C'est comme un petit a surmonté d'un point.
Nous avons insisté longuement sur l'écriture minuscule
mérovingienne. Mais elle est, parmi les écritures du
moyen âge, une de celles qui présentent le plus grand
nombre de difficultés. Nous croyons que quiconque aura
lu avec attention et à plusieurs reprises la page du
manuscrit de Grégoire de Tours que nous venons d'exa-
miner et aura étudié les combinaisons de lettres que
nous avons signalées, pourra ensuite déchiffrer assez
rapidement les manuscrits en minuscule mérovingienne.
*t
32 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB
V Album paléographique, publié par la Société de
TEcole des Chartes, renferme (pi. 12) le fac-similé et la
transcription d'une autre page du même manuscrit de
Grégoire de Tours.
La minuscule à laquelle on a eu recours pour écrire sur
de petites bandes de parchemin les authentiques de
reliques est tr^s voisine de celle que nous venons
d'étudier. M. Delisle a publié des authentiques de
reliques de t époque mérovingienne découvertes à Vergy^
dans les Mélanges de l'Ecole de Rome, t. IV (1884), p. 3
et pi. I. Il faut en rapprocher l'authentique de saint
Monulfe, évêque d'Utrecht, reproduite sur la planche i
du Musée des Archives départementales.
Nous avons terminé l'examen des écritures employées
dans les livres du vi® au viii® siècle. Surtout pour les
temps les plus anciens, on trouve des manuscrits écrits
tout entiers, sinon par une même main, au moins en une
seule espèce de caractères. Mais le plus souvent, aux vu®
et VIII® siècles, un même manuscrit renferme plusieurs
sortes d'écriture ; l'onciale , la cursive , la minuscule s'y
entremêlent ou s'y succèdent, comme dans le manuscrit
d'Eugyppius déjà cité. Ce n'est pas, comme Ta remarqué
M. Delisle, qu'on ait voulu distinguer entre elles les
différentes parties du texte ; mais, lorsqu'on désirait qu'un
manuscrit fût rapidement copié, on y faisait travailler
concurremment sur des cahiers différents plusieurs
copistes qui employaient chacun l'écriture qui lui était la
plus familière.
3:
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DE l'écriture des ACTES 33
§ 6. — De récriture des actes.
Dans les actes, la seule écriture dont on ait fait usage
pendant la période mérovingienne est une minuscule très
chargée de ligatures, et qui ne diflPère de celle du manus-
crit de Grégoire de Tours, dont nous avons donné un
fac-similé, qu'en ce qu'elle est composée de caractères
plus hauts et plus grêles.
Les actes privés de l'époque mérovingienne sont très
rares. Quant aux actes royaux ou diplômes, trente-sept
seulement nous sont parvenus en expéditions originales ;
ils sont tous aux Archives nationales, sauf un seul qui
est conservé à la Bibliothèque nationale. Celui-ci est
exposé dans la galerie des chartes sous le n® 378 ; il
émane de la chancellerie de Childebert III et est daté du
3 avril 696.
Les diplômes mérovingiens sont écrits les uns sur
papyrus, les autres sur parchemin. La première ligne,
qui est généralement en caractères allongés, est précédée
d'un monogramme composé des deux premières lettres
grecques du nom du Christ, X et P; c'est ce qu'on
appelle l'invocation tachygraphique ou chrisme.
Les rois mérovingiens signaient les actes les plus
importants. Ils faisaient précéder leur nom d'une croix à
laquelle sont quelquefois joints les mots in nomine Christi
écrits en notes tironiennes. La signature du référendaire,
ainsi formulée : Sighinus recognovity est précédée d'un
chrisme et suivie d'un paraphe, quelquefois mêlé de notes
tironiennes. Plus bas se trouve la date.
34 PÉRIODE ANTË-CAROLENGIENNB
Les actes de Tépoque mérovingienne ont été reproduits
en fac-similé dans la publication de Letronne , intitulée
Diplômes et chartes de V époque mérovingienne sur papyrus
et sur vélin y Paris, s. d., in-fol. , et dans Tatlas qui
accompagne les Monuments historiques de Jules Tardif et
qui a pour titre Fac-similé des chartes et diplômes méro-
vingiens et carlovingienSy Paris, 1866, in- fol. L'adminis-
tration des Archives nationales prépare en ce moment un
recueil de fac-similé héliographiques de tous les diplômes
mérovingiens conservés dans cet établissement.
S 7. — Ecritures étrangères à la France y dites nationales.
On désigne sous le nom à* écritures nationales diverses
sortes d'écritures minuscules employées en Italie, en
Espagne, en Angleterre et en Irlande, du vu® au xii®
siècle. Ce nom leur a été donné parce qu'on les considé-
rait jadis comme des inventions des peuples barbares
qui se sont établis dans les limites de l'empire romain.
Il est aujourd'hui reconnu que les écritures dites méro-
vingienne , lombardique , wisigothique , anglo-saxonne ,
ont toutes pour origine commune l'écriture latine et
plus spécialement la cursive. Au reste, ces diverses
écritures ne sont pas essentiellement différentes les unes
des autres. On peut , avec Wattenbach, conserver ces
noms de mérovingienne y lombardique, etc., car ils servent à
répartir en divers groupes les minuscules usitées pendant
le haut moyen âge dans les pays qu'occupèrent les
Francs, les Lombards, les Wisigoths, les Anglo-Saxons.
ÉCRITURE LOMBAROIQUE 35
Mais il faut prendre garde que ces appellations n'ont,
<;omme Ta remarqué le professeur Paoli, qu'une significa-
tion géographique, et n'impliquent pas du tout que les
peuples dont elles rappellent les noms aient eu part à leur
formation. Nous avons déjà parlé de la minuscule méro-
vingienne. Si nous disons ici quelques mots des écritures
étrangères à la France, c'est que nos bibliothèques et
archives en contiennent d'assez nombreux exemples
et que l'une d'entre elles, l'écriture anglo-saxonne, a eu
une certaine influence sur la formation de la minuscule
Caroline.
ECRITURE LOMBAROIQUE
La minuscule employée en Italie au vu*' siècle ne diffère
pas beaucoup de la minuscule mérovingienne. Ce n'est
<ju'à partir du ix® siècle qu'elle a des caractères bien
distincts. Dans les textes du moyen âge , elle est ap-
pelée littera Beneventana .
La Bibliothèque nationale possède entre autres manu-
scrits en écriture lombardique une collection de canons
du viii° ou du ix^ siècle (latin 8921) , un commentaire de
saint Jérôme sur Ezéchiel (ix® s., lat. 12155), l'Hexaméron
xie saint Ambroise (ix® s., lat. 12135), les poésies de
Fortunat (ix® s., lat. 13048), tous manuscrits exposés
dans la galerie Mazarine sous les n®' 134 à 137.
L'exemple d'écriture lombardique reproduit sur notre
pi. lii, n® 2, est tiré du manuscrit latin 3836 de la Biblio-
thèque nationale. C'est un exemplaire de la Collection
36 PÉRIODE AKTË-CAROLINGIENNE
canonique de Denys le Petit, dont on peut rapporter la
transcription au viii' siècle. Les deux premières lignes^
en capitale mêlée d'onciale, sont tracées à l'encre rouge.
La lettrine S, formée par l'assemblage d'un poisson et de
deux oiseaux, est jaune avec mouchetures vertes et
rouges.
« (ligne 1). Data XII kal. Augustl , Florentio et
Dionisio consulibus, (2) Caelestinus universis episcopis
-per Biennensi/w provintiaw constitutus. (3) Cuperemus
quidem de vestrarum ecclesiarum ita ordinatione gaudi-
(4)-re ut congratularemur potius de profectu quam aliquid
admissum (5) contra disciplina ecclesiastica doleremus.
Ad nostram enim laeticiam (6) et bene facta perveniunt et
meroris aculeis nos quae fuerint maie (7) facta conpun-
gunt, nec silere possumus dum hoc ab inlicitis revocemus
aut... »
Dès 1231, Frédéric II avait décrété Tabolition de cette
espèce d'écriture ; on ne devait plus employer dans la
chancellerie du royaume de Naples que la minuscule fran-
çaise ; toutefois , la lombardique persista dans les manu-
scrits jusqu'au milieu du xiii® siècle. Le dernier exemple
qui en ait été jusqu'ici signalé est un commentaire de la
règle de saint Benoit, par Bernard, abbé du Mont-
Cassin de 1264 à 1282; on en trouvera un fac-similé
dans l'ouvrage de Piscicelli-Taeggi intitulé : Paleografia
artlstica di Montecassino ^ tav. 53, et dans la Scrittura in
Italla fino a Carlomagno^ par Foucard (1878).
Mais l'écriture lombardique nous intéresse particuliè-
rement parce qu'elle a été en usage dans la chancellerie
pontificale jusqu'au commencement du xii® siècle. Toute-
fois, dès la fin du siècle précédent, la minuscule française
ECRITURES PONTIFICALES
37
apparaît dans les bulles d'Urbain II et de Pascal II. On
trouvera des fac-similé de bulles dans l'ouvrage de
Pflugk-Harttung, Specimina selecta chartarum pontificum
romanoruniy Stuttgard, 1885, in-fol. Des fac-similé des
registres de la chancellerie pontificale au xiii® siècle ont
été donnés dans Tatlas intitulé ; Specimina palseographica
regestorum romanorum pontificum^ Rome, 1888, in-fol.,
publié sous la direction du Père Denifle.
L'écriture française resta en usage dans la chancellerie
pontificale jusqu'au xvi® siècle, presque sans altération ;
mais, sous Clément VIII (1592-1605), on commença
d'employer une écriture particulièrement laide, pleine
d'abréviations irrégulières et d'une lecture difficile ; com-
plètement formée sous Alexandre VIII, elle a persisté
dans les bulles jusque sous Léon XIII; c'est ce qu'on
nomme en latin littera Sancti Pétri ^ en italien scrittura
bollatica. Une bulle de Benoît XIII, du 1®*" septembre
1725, dont nous reproduisons les premières lignes,
pi. m, n® 1*, en offre un exemple. Nous avons fait figu-
rer sur une même planche l'écriture lombardique et la
scrittura bollatica afin de bien montrer que la seconde
n'est pas dérivée de la première.
Voici la transcription des 11 lignes de la bulle de
Benoit XIII données sur la pi. iit. Les lettres italiques
représentent celles qui dans le manuscrit sont ou suppri-
mées ou remplacées par des signes abréviatifs.
c( (ligne 1) Benedictus epwco/?us, servus servorw/w Dei,
dilecto filio mag£5^ro Antonio (2) Xaverio de Gentilibus
in utraqu^ signa^wra nostvdi vekrendario ac (3) abbati
monasterii Mediani , ordinis sa/icti Benedicti , congrega-
1. Ce fac-similé est réduit aux | de Toriginal.
38 PERIODE ANTB-CAROLINGIENNE
tionis sanctorurn (4) Vitoni et Hidulphi, nullius seu
Tullenstô diocesisy salutem et apo^^olicam henedictionem.
Hodie dilecto (5) filio Athanasio Husson, priori cura
conventuqui? carentis et personalem resid^/iriam (6) non
requirentis prioratus Béate Marie virgînis de Fricourt,
ordinis séz/zeti (7) Benedicti , congrégation! s sanctorurn
Vitoni et Hidulphi, Metensis diocesis, prioratum (8) prd-
fatuiïï certo tune expresso modo vacantem et antea
dispos^Y/oni apo^^olice reserc^atum (9) cum illi [undis
annexis ac omnibus juribus et pertinentiis suis apo^^olica
^uthoritate contulimus (10) et de illo etiam providimus
prout in no^^ris inde confectis hï^^ris plenius continetur.
(11). Quocirca discrei/oni v^s^re per apo^^olica scripta
mandamus... »
ECRITURE WISIGOTHIQUE
Une écriture peu lisible et manquant d'élégance
marque le passage de la cursive romaine à Técriture dite
wisigothique ; on en trouvera un exemple dans un manu-
scrit du VIII® siècle, reproduit par Ewald et Loewe,
Ejcempla scripturœ visigoticsBy Heidelberg, 1883, in-fol.,
pi. II et III. L'écriture wisigothique atteignit son apogée
au IX® siècle.
La célébrité de Técole calligraphique de Tolède lui a
fait donner le nom de littera toletana. La Bibliothèque
nationale possède, entre autres manuscrits d'écriture
wisigothique, les Lois des Wisigoths du viii® siècle (lat.
4667, galerie Mazarine, n® 153), un exemplaire du livre
ÉCRITURE WISIGOTHIQUE 39
de saint Ildefonse sur la sainte Vierge, copié par
Gomès, moine de Saint-Martin d'Albelda, et rapporté
d'Espagne, en 951, par Gotiscalc, évêque du Puy [Paléo-
graphie universelle^ pi. ccvi ; Delisle, pi. xxxi, n® 4), et
16 manuscrits provenant de Tabbaye de Silos. L'un des
plus célèbres parmi ces derniers est le livre liturgique
intitulé Liber Comicum; il est un peu antérieur à l'année
1067 (Bibl. nat., nouv. acq. lat: 2171, galerie Mazarine,
arm. XII, n® 155). M. Delisle a consacré une notice aux
manuscrits de Silos dans ses Mélanges de Paléographie^
p. 53-116.
L'exemple d'écriture wisigothique donné sur notre
pi. II, n® 2, est emprunté au manuscrit lat. 4667 (fol. 80)
de la Bibliothèque nationale, cité plus haut.
a (ligne 1) Si ancilla v^l serbus, in fraude fortasse
AominoTum , infa/item expo-(2)-suerint , et ipsis insciis,
infa/Etem projecerint , infans cwn fuerit (3) nutritus ter-
tiaw partem pretii nutritor accipiat; ita ut ju-(4)-ret aut
probe t àominus se quod serbi sui infantem exposu-
(5)-erint ignorasse. Si vero conciis Aominis infans proba-
tur (6) fuisse jactatus, in ejus potestate qui nutribit p^r-
maneat.
(7) IIL Qui a parentiba^ infantulum acceperit nutriet
dum qua/i-(8)-tum mercedis pro nutritione accipiat pre-
mium. (9) Si quis a parentibus infantulum acceperit
nutriendum » [Lex Wisigothorum, 1. IV, tit. IV, §§ 2
et 3.)
Le titre du § III, c'est-à-dire les lignes 7 et 8, est écrit
à l'encre rouge.
Le concile tenu à Léon vers Tan 1080 et présidé par le
cardinal Renerius , légat de l'Église romaine, et par Ber-
40 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIBNNB
nard, archevêque de Tolède, ordonna à tous les scribes
d'abandonner Técriture wisigothique pour ne plus faire
usage que de l'écriture française; cette révolution gra-
phique était le résultat nécessaire de la révolution litur-
gique qui triomphait grâce aux efforts de Grégoire VIT et
des moines clunisiens ; ces derniers avaient apporté en
Espagne des livres français, et c'est la minuscule française
qu'ils employèrent naturellement dans les nouveaux
livres liturgiques qu'ils furent chargés de transcrire.
L'écriture wisigothique ne disparut pas en un jour ;
l'archevêque Bernard, qui avait présidé le concile, continua
lui-même à s'en servir. On en trouve encore des traces
en Galice au xni® siècle. Il est bon de rappeler qu'en
Catalogne, Técriture wisigothique avait été abandonnée
dès le milieu du x® siècle.
Outre l'ouvrage d'Ewald cité plus haut, on pourra
consulter sur l'écriture wisigothique : Terreros, Paleo^
grafia espanola, 1758, in-4® ; P. Andres Merino,
Escuela paleographica^ Madrid, 1780, in-fol. ; Delgràs,
Compendio dipaleografiaespahola^ Madrid, 1857 ; Morel-
Fatio , compte-rendu de la Paleografla y diplomatica de
Muîioz y Rivero dans Bibl, de [Ecole des CharteSy
t. XLII, p. 70; Munoz y Rivero Paleografla visigoda^
Madrid, 1881, in-8^
ECRITURES IRLANDAISE ET ANGLO-SAXONNE
La calligraphie fut particulièrement cultivée en Irlande,
dès le VI® siècle ; il se forma dans ce pays des écri-
tures ayant un caractère propre, mais qui, comme le
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ÉCRITURE ANGLO-SAXONNE 41
remarque Wattenbach, présentent avec les écritures
nationales énumérées jusqu'ici cette différence essentielle
qu'elles ne sont pas sorties de la cursive romaine. Les
habitants de l'Irlande se nommant Scotti, cette écriture a
été appelée plus tard scriptura scottica. Les Irlandais
ont employé, d'après Wattenbach, deux sortes d'écri-
tures : une grande demi-onciale ronde réservée aux
livres liturgiques, et une petite écriture pointue qu'on
peut appeler cursive , n'ayant avec la cursive romaine
aucun rapport ; cette dernière resta longtemps en
usage, spécialement pour écrire l'irlandais; on en
trouvera toute une série d'exemples dans Eug. O'
Curry, Lectures on the Manuscript Materials of ancient
Irish Historify Dublin, 1861. Les autres ouvrages à con-
sulter sur la paléographie irlandaise sont : Astle, The
origin and progress of writing^ 1783 et 1803 ; Westw^ood,
Palœographia sacra pictoriay 1868; Fac-similés ofnaiio^
nal manuscripts of Ireland, 1874-1884, 5 vol. in-fol.
Les Irlandais furent très habiles à orner les manuscrits
soit de miniatures, soit de lettres majuscules ; ces grandes
lettres sont souvent contournées de la façon la plus
bizarre, avec des entrelacs, des spirales ; elles se termi-
nent souvent en têtes de poisson ou d'oiseau. Des
rangées de points rouges suivant les contours des lettres
majuscules sont encore un ornement caractéristique des
manuscrits irlandais.
L'écriture anglo-saxonne est le produit de deux fac-
teurs, l'écriture romaine et l'écriture irlandaise. Les
Anglo-Saxons ont cherché leurs modèles à la fois dans
les manuscrits latins apportés par les missionnaires venus
de Rome, et dans les manuscrits irlandais. Cette écriture
présente des variétés plus ou moins voisines de l'écriture
42 PÉRIODE ANTÉ-CAROLINGIENNB
irlandaise ; il y a des manuscrits dont on ne peut dire
s'ils sont anglo-saxons ou irlandais. C'est aux Irlandais
que les scribes anglo-saxons ont emprunté les lettres
initiales ornées extérieurement de points rouges. On
trouvera à la Bibliothèque nationale, dans la galerie
Mazarine, divers manuscrits anglo-saxons, spécialement
le Pontifical de saint Dunstan, de la fin du x® siècle
(lat. 943, gai. Maz., n« 158); le Pontifical d'Egbert,
archevêque d'York, du x® ou xi® siècle (lat. 10575, gaL
Maz., n® 159) ; un Bénédictionnaire du xi® siècle (lat. 987,
gai. Maz., n« 160).
L'écriture anglo-saxonne ne survécut guère à la
conquête normande; le chroniqueur Ingulf de Croyland
raconte que les Normands imposèrent aux vaincus tout
à la fois la langue et l'écriture françaises. On trouvera des
exemples d'écriture anglo-saxonne dans l'ouvrage de
Westwood déjà cité, dans l'atlas de la Société paléogra-
phique et dans Appendix to reports from the Commission
tiers appointed by His Majesty respecting the public
records of the Kingdom^ etc. Londres, 1819, in- fol. (86
planches de fac-similé gravés , documents du xii® au xvi*
siècle.)
Fac-similés of ancient charters in the British Muséum
published by order of the trustées. Londres, 1873-1878,
4 parties, in-fol. (photogravure).
Fac-similés of anglo-saxon manuscripts photozincogra"
ved by command of Her Majesty Queen Victoria, publ.
par les soins de VOrdnance survey office. Southampton ,
1878-1884, 3 vol. in-fol.
Fac-similés of national manuscripts from William the
Conqueror to queen Anne. Londres , 1865-1868, 4 vol.
in-fol.
ECRITURE ANGLO-SAXONNE 43
FaC'similes of national manuscripts of Scotlandy publ.
par VOrdnance survey office. Southampton , 1867, 3 vol.
in-fol. (zincographie).
Les cinq lignes reproduites ici sur la pi. ii, n^ 1, sont
tirées d'un évangéliaire du viii* siècle, en écriture irlan-
daise ou hyberno-saxonne. M. Delisle a consacré une
notice à ce manuscrit dans le Catalogue des manuscrits
des fonds Libri et Barrois, p. 7 (fac-similé, pi. vi, n® 1).
Ce livre est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque natio-
nale sous le n® 1587 des nouvelles acquisitions latines.
« MsLthœus, (ligne 1) discendit de celo et accidens
revolvit lapidem et sedebat (2) super eum ; erat autem
aspectus ejus sicut fulgor et vestimen-(3)-ta ejus candidum
sicut nix. Pre timoré autem ejus exterriti sunt (4) custo-
des et facti sunt velut mortui. Respondens autem augelus
(5) dixit mulieribus : Nolite timere vos ; scio enim quod
ihesum ChTistmn qui cru[cifixus]... » (Math., xxviii, 2).
Le titre courant placé dans la marge supérieure Math,
est en rouge. Les lettres Pre timo, à la 3® ligne, sont
pochées alternativement de rouge et de jaune. On remar-
quera l'abréviation du mot autem aux lignes 2, 3 et 4, par-
ticulière aux manuscrits irlandais, et aussi l'abréviation
d^enim à la 5® ligne.
Les moines irlandais et anglo-saxons, appelés sur le
continent par Charlemagne pour relever l'étude des
lettres dans les monastères, ne contribuèrent pas peu à
la réforme calligraphique du ix^ siècle et à la naissance
de la minuscule Caroline dont la fortune devait être si
prodigieuse et qui, sous le nom d'écriture française, sup-
planta au XII® siècle, en Europe, tous les autres genres
d'écriture.
lUlWMV fV .Q»^^l MklW, C'^'o'tÛlV^
^Kvvn rfi4» tv.v\r ff^f x^C* «k«* '^•
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I I '. . - o
iANCELLERIÉ PoNTIFICALE
VRD1(,)UE
CHAPITRE II
ABREVIATIONS
Les scribes de l'antiquité et du moyen âge , soit qu'ils
aient voulu gagner du temps, soit qu'ils aient voulu épar-
gner le papyrus ou le parchemin, soit même dans ce
double but, ont eu recours, pour réduire l'écriture, à
divers procédés qui constituent la brachygraphie, c'est-à-
dire l'art d'écrire par abréviations.
Nous avons pu étudier les écritures antérieures au ix®
siècle sans nous préoccuper des abréviations, mais, à par-
tir de l'époque carolingienne , les abréviations se multi-
plient à ce point que les fac-similé d'écriture que nous
donnerons deviendraient incompréhensibles pour nos lec-
teurs si nous n'avions exposé auparavant les divers modes
d'abréviations employés au moyen âge, soit dans les
textes latins, soit dans les textes français. Remarquons
tout de suite que, lorsqu'on se mit au xiii® siècle à rédi-
ger les actes en français ou à transcrire des poésies fran-
çaises, les scribes transportèrent dans la graphie fran-
46 ABRÉVIATIONS
çaise les habitudes de la graphie latine ; les mêmes
signes d'abréviation furent conservés ; c*est à peine si la
valeur de quelques-uns fut modifiée.
Nous étudierons successivement les abréviations :
1® Par sigles ;
2® Par contraction intérieure ;
3** Par lettres suscrites ;
4® Par suspension ;
5** Par signes spéciaux.
§ 1. — Abréviations par sigles.
On appelle sigle une lettre isolée qui représente le mot
dont elle est l'initiale .
Les sigles ont été surtout employés dans les inscrip-
tions latines. Les formules sont généralement représen-
tées par une série de sigles :
MP = milliapass.
DDPP = decurionum decreto pecunia publica.
VSLM = votum solvit libens merito.
Les sigles redoublés indiquent souvent le pluriel :
DDNN = domini nostri.
Dans les manuscrits ecclésiastiques antérieurs au
X® siècle, on trouve souvent entre autres sigles :
FF = fratres,
SS = sancti.
ABRÉVIATIONS PAR SIGLBS 47
Mais on peut dire qu'en général les sigles ont été assez
peu employés par les scribes du moyen âge. Nous ne
saurions en effet ranger parmi les sigles les lettres ini-
tiales accompagnées d'un signe abréviatif.
Cependant les scribes des chancelleries du xiit^ siècle,
spécialement ceux de la chancellerie pontificale, ont fait
un fréquent usage des sigles pour la transcription des
formules dans les registres.
Voici quelques exemples tirés des registres pontificaux
du XIII® siècle *.
a. s. = apostolica scripta dans la formule per
apostolica scripta mandamus.
e. m. = eundem modum dans la formule in eun^
dent modum.
f, ri. ^= fratre ou fratri nostro.
f. w. = fraternitati vestre.
s. = scripti dans la formule presentis scripti
patrocinio communimus.
Dans la période post-carolingienne, les noms propres
sont souvent abrégés par sigles ; on ne saurait indiquer
la valeur de ces sigles, car W., par exemple, peut signifier
Wido aussi bien que Willelmus.
Les sigles sont ordinairement placés entre deux
points.
Quand une lettre était adressée à un fonctionnaire en
raison de ses fonctions et non pas de sa personne, sou-
1. Rodenberg a donné une liste des formules le plus fréquemment
«mployées par les notaires de la chancellerie pontificale, dann Epistolge
^«cuU XIII e regeatis porUificum romanorum aelectXf 1. 1, p. 15. Berlin, 1883,
in-4*. {Monumenta Gtrmanix historica.)
48 ABRÉVIATIONS
vent son nom n'était pas exprimé. Dans certaines chan-
celleries, on le remplaçait par deux points; c'était un
usage constant à Rome au xiii^ siècle. Un grand nombre
de bulles débutent par des adresses analogues à celle-ci :
« Gregorius episcopuSy servus senior um Dei, venerabili
fratri,, episcopo Parisiensi , salutem et apostolicam bene-
dictionem. » Cela veut dire que le pape écrit non pas à
tel ou tel évêque de Paris , mais à Tévêque de Paris
quelle que soit la personne qui occupe le siège épiscopal.
Les manuscrits théologiques sont remplis de sigles dont
la signification ne peut être déterminée que par le sens
du contexte.
De même les jurisconsultes ont fait, dès avant le ix®
siècle, un usage très étendu de ce mode d'abréviation.
Il faut consulter à ce sujet Mommsen, Notarum latercuUy
dans le 4® volume du Corpus grammatlcorum latinorurriy
Leipzig, 1864.
Dans les monstres de chevaliers des xiv® et xv® siècles,
c'est-à-dire dans les procès verbaux où étaient consignés
les noms des gens d'armes et la couleur de leurs chevaux,
les sigles q, c, y. signifient queue, cringne, jambes.
Le petit dictionnaire des abréviations placé à la fin de
ce volume contient l'interprétation des sigles les plus
usités au moyen âge.
§ 2. — Abréviations par contraction intérieure.
Nous appelons abréviations par contraction intérieure
celles que certains paléographes appellent abréviations
par suppression de lettres ou encore sigles composés.
ABRÉVIATIONS PAR CONTRACTION INTERIEURE 49
Ce mode d'abréviation consiste dans la suppression, à
l'intérieur du mot, d'une ou plusieurs lettres.
Un signe, qui d'ordinaire consiste en un trait horizon-
tal placé au dessus du mot abrégé, avertit le lecteur qu'il
y a suppression de lettres.
Dans les abréviations par contraction les plus anciennes,
la suppression des lettres porte toujours sur les voyelles,
à moins que celles-ci ne soient initiales ou finales. Ainsi :
Dns = dominus
SCS = sanctus
eps = episcopus
sps = spiritus
En ce qui concerne ces deux derniers mots, le plus
souvent Ys final est figuré par un c, c'est-k-dire par
un «igma grec de forme lunaire.
Par imitation, on a étendu l'emploi de cet s en forme
de c. On trouve :
tpc = tempus
ompc = omnipotens
L'usage des lettres grecques se conserva dans les manu-
scrits latins pour exprimer /<?5W5 Christus. Les manuscrits
en lettres capitales donnent
mxfc
Puis les scribes ne comprenant plus la valeur de l'H
le remplacèrent dans l'écriture minuscule par un h.
On eut pendant tout le moyen âge
ife ou ^^
50 ABRÉVIATIONS
Souvent une voyelle seule est laissée de côté comme
dans :
ariglî = angeli ™™ = multi
apd = apud simt = simul
bin = bene ttî = tali
^\i\[ii = 'bilis -tm = tum
- dm = -dum - ta = -tio
fcTt- = facit ûl - = ^^l
Pour certains mots , la première et la dernière lettre
étaient seules conservées, comme :
câ = causa
ds = deus
êê = esse
îr == frater
Hc = hoc
Ko = homo
io = ideo
mr = mater et martyr
ins = minus
La contraction ne s'applique quelquefois qu'a la fin du
mot. Ainsi la syllabe sunt s'abrège st, dans :
inst = insunt
supersï = supersunt
ne
nunc
no
— numéro
nr
noster
pF
pater
q^
— questio
rô
— ratio
tm
tum
tn
— tamen
ABRÉVIATIONS PAR CONTRACTION INTERIEURE 51
La terminaison runt s'abrège Ti dans :
dixert = dixerunt
fueft = fuerunt
La terminaison lUer s'abrège îr dans :
âtr = aliter
pluralr = pluraliter
Enfin, on trouve quelquefois :
-et = -Clltlt
La finale atio s'abrège par ôô, et les finales ationa et
ione par 'ôe.
Ainsi :
generâô = generatio
orôë = oratione
orôês = orationes
raoe = ratione
receptôë= receptione
D'une façon analogue, la terminaison ation si fréquente
en français est remplacée par les lettres âôn.
Ainsi :
obligâôn = obligation
Dans les substantifs, adjectifs ou verbes abrégés par
contraction, les désinences sont toujours conservées.
Voici un exemple de déclinaison d'un adjectif abrégé par
contraction :
52
MAS(
A
CULIN
sanctus
sancti
sancto
sanctum
sancte
sancto
BREVIATIONS
Singulier
FÉMININ
sca
sce)
sce)
NEUTRE
SCS
scm
SCI
scae (pu
sci
SCO
scae (pu
scam
sca
sca
SCO
scm
sce
SCO —
scm
scm
SCO
Pluriel,
SCI
scorum
scis =
sancti scae (pu sce)
sanctorum scanim
sanctis scis
scos
sci
scis
sanctos
sancti
sanctis
scas
scsë (pu sce)
SCIS
sca
scorum
scis
scâ
sca
SCIS
Cette façon d'abréger par contraction intérieure fut
pratiquée dans les manuscrits en langue française. Géné-
ralement les abréviations des mots français sont calquées,
sur celles des mots latins qui leur correspondent.
Ainsi :
ras =
LATIN
litteras
FRANÇAIS
1res = lettres
pntes =
nrë =
présentes
nostre (^mnostrœ)
pntes = présentes
nre = nostre
ABREVIATIONS PAR LETTRES SUSCRITES 53
dce = dicte (pour dictœ) dce = dicte
bn = bene bn = bien
îrê = fratre tre = frère
§ 3. — Abréviations par lettres suscrites.
On peut appeler abréviation par lettres suscrites le
mode d'abréger qui consiste à écrire au dessus d'une
lettre une autre petite lettre pour indiquer soit la sup-
pression d'une lettre intermédiaire, soit la terminaison
du mot. Mais la suscription d'une lettre n'indique pas
toujours une abréviation. C'est ainsi qu'on a vu plus haut
que dans la minuscule mérovingienne Va et Vu étaient
fréquemment écrits au dessus de la ligne.
Les voyelles sont plus souvent suscrites que les con-
sonnes. Dans ce cas, a, ^, /, o, u expriment les sons ra,
re^ riy ro, ru ou ar^ er^ ir, or, ur. Les consonnes au des-
sus desquelles se placent plus ordinairement les voyelles
sont : i, c, rf, /*, g, A, p, t, if.
Voici quelques exemples :
a .
cnis = carnis
p VI tas = pravitas
e
cavit = créant
e
psentes = présentes
9
1
cca = circa
i>^ ABREVIATIONS
cmen = crimen
m
pcipium = principium
m
1
ta = tria
1 1 .. . . .
ccumscpti = circumscripti
o
ret = rétro
intspicere = introspicere
ccis = crucis
pdens = prudens
Cependant la suscription d'une lettre indique aussi^
mais plus rarement, la suppression d'une lettre autre que
/ .
Ainsi :
agscere = agnoscere
Signalons aussi la signification toute spéciale des abré-
viations suivantes :
a
g = erga
g = igitur
g = ergo
Vu n'est jamais suscrit au q ; car, placées au dessus de
cette consonne, les autres voyelles doivent se rendre par
ua, ue, uiy uo.
a
q == qua
a
aq = aqua
ABRÉVIATIONS PAR LETTRES SUSCRITES 55
e
q = que
q = qui
qd = quod
Des voyelles peuvent être suscrites h d'autres voyelles ;
dans ce cas, elles indiquent ordinairement la terminaison,
comme dans :
a
a = anima
a = alicui
Mais on a aussi :
àqbus = aliquibus
ad = aliquod
Le c au dessus d'une autre consonne se lit ec ou ic.
Ainsi :
c
n = nec
c
pcare = peccare
c
h = hic
Les consonnes /«, r et ^ placées au dessus de la ligne
et à la fin des mots remplacent les terminaisons um^ er
ou Mr, it,
\Js s'écrit souvent au dessus de la ligne sans qu'il y
ait aucune lettre supprimée.
plure = plures
s
vi = vis
depôcit = déposait
56
ABREVIATIONS
Enfin Tabréviation par suscription et Tabréviation par
contraction se combinent. Dans ce procédé le mot est
abrégé de la façon suivante : on conserve la lettre initiale,
ou bien les deux premières lettres au dessus desquelles
on écrit la dernière lettre ou les deux dernières lettres :
ca -.
ap apostohca
t tibi
g — gratia
u — ubi
a
p prœterea
m
R — Raymundum
a
S — supra
m — modo
;en — senescallia
u — vero
m
g — Guillelmi
o
X — Christo
pu — publici
8
abb — abbas
s — sibi
omp — omnipotens
§4. — Abréviations par suspension
L'abréviation par suspension est celle qui consiste à
laisser un mot inachevé. Par exemple :
an = ante
ap
âïït
cap
apud
autem
caput ou capitulum
ABRÉVIATIONS PAR SUSPENSION 57
den = denarios
in = inde
it = item
Icfer = libras
5ct = octobris
sôtl = solidos
Tm = unde
Ces mots ainsi abrégés sont ordinairement surmontés
d'un signe, trait horizontal ou vertical, placé à la fin du
mot; ou bien, quand la dernière lettre a une haste mon-
tante ou descendante, celle-ci est barrée transversalement.
Il arrive encore qu'on barre ou qu'on boucle le pied des
lettres n ovi m.
On signale encore Tinachèvement du mot par un point
placé après la dernière lettre.
Il est évident qu'on ne peut donner aucune règle pour
la solution de ces abréviations.
Cependant les adjectifs terminés en ensis sont toujours
écrits 'en. Ainsi :
parisien = parisiensis
parisiensi
parisiensem^ etc.
Dans les documents français des xiv® et xv® siècles, où
l'abréviation par suspension a été très employée, la ter-
minaison en indique généralement un participe présent :
58 ABRÉVIATIONS
contên = contenant
lieutên = lieutenant
r à la fin d'un verbe indique la terminaison ^runt :
amar = amarunt
Les génitifs en oriun ou arum s'abrègent toujours par
la suppression des lettres um, suppression qu'on indique
en tranchant par une barre inclinée, souvent en forme de
7, le pied de IV.
Mais on trouve aussi :
co^
= coram
antecesso^ = antecessoris
antecessori
antecessorem ^ etc.
M est souvent employé pour ^vit :
amaïï = amavit
Mais on doit prendre garde que w a le plus souvent la
valeur de um^ comme on le verra au § suivant.
Les abréviations par suspension sont très fréquentes
dans les actes français des xv® et xvi® siècles.
§5. — Abréviations par signes spéciaux.
Les scribes du moyen âge ont employé, pour rempla-
cer les lettres ou les syllabes supprimées, un certain
nombre de signes [tituli].
ABRÉVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 59
I.
La forme normale du premier signe est celle d'un trait
horizontal. Ce trait se relève ou s'abaisse plus ou moins
à ses extrémités. Dans les actes du xi® au xiii® siècle, il a
souvent la forme d'un 8 ouvert par le bas. Voici d'ailleurs
divers exemples de ce signe relevés dans des manuscrits
et chartes de différentes dates.
^
Ce signe est le plus général et le plus usité ; il a la
signification la plus large. Placé au dessus d'un mot, il
indique très souvent que ce mol est abrégé soit par
contraction, soit par suspension, et rien de plus. Mais,
non moins souvent il remplace \m ou \n supprimé après
la lettre au dessus de laquelle il est placé.
Ces signes ne peuvent être superposés qu'à des lettres
ne dépassant pas la ligne : quand il s'agit de lettres telles
que 6, A, /, on tranche la haste par un trait plus ou moins
recourbé, comme on pourra s'en rendre compte en jetant
les yeux sur notre dictionnaire d'abréviations.
II.
Le second signe, qui d'ordinaire tient lieu des syllabes
er^ iTy re, ri, ou même simplement de la lettre r, se rap-
proche par sa forme, du chiffre 7, comme dans les deux
exemples suivants :
60 ABRÉVIATIONS
= pertinere
= impressione
Dans beaucoup de manuscrits les deux signes n®' I et II
se confondent. Ainsi, dans le mot vehementei\ tel qu'il est
figuré ci-dessous, deux traits de même forme servent à mar-
quer l'un l'abréviation d'<?w, l'autre l'abréviation d'^r; de
même, dans specialitet\ deux virgules contournées sont
employées l'une pour marquer l'abréviation par contrac-
tion de la première partie du mot, l'autre pour remplacer
la finale er \ enfin, dans inflrmatione^ Yn est indiqué par
une sorte de 7.
^)mc
UXbOJttlC = vehementer
= specialiter
= infinnatione
Au XV® siècle, les deux signes n®^ I et II sont liés à la
lettre à laquelle ils sont superposés. Ils consistent en un-
trait qui, partant de la tête ou quelquefois du pied de la
lettre, se recourbe au dessus d'elle.
fHék^m^ = manière
(fntmfHSC = première
ABRÉVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 61
III.
Le signe n® III ressemble à un ^.
^ ■
Cependant, dans les manuscrits les plus anciens, il a la
forme d'une apostrophe. Dans certains manuscrits il a une
signification générale. Ainsi on le trouve employé dans
un même livre pour i/r, os et us. Exceptionnellement au
XII® siècle,
jf^i^ = manet
jy = set
Généralement ce signe remplace la syllabe us. Il a
pour origine une note tironienne quand il est figuré
par une apostrophe ; dessiné en forme de ^, il vient de
la ligature d'w avec s. Ce signe est encore mis pour os.
Un p suivi de ^ signifie post.
jg/ == post
Enfin, ce signe est mis pour s après u ou o.
^^Jtno = annos
Par sa forme, ce signe se confond souvent avec le
signe n® V qui signifie con ou cum.
La syllabe us a été très anciennement abrégée par un
ou deux points :
- } bus
b: = )
ou encore par un point et virgule.
62
ABREVIATIONS
Le ; se rencontre encore au xii® siècle. Ainsi, dans une
charte de 1109, on trouve, pour exprimer us, Templol
simultané du ; et du ^.
A partir du xi® siècle, le ; est souvent remplacé par
une sorte de z.
Le ; et le j sont plutôt employés après un i, dans les
terminaisons en bus.
IV.
Le signe n® IV, dont la forme se rapproche de celle du
chiffre 2, tient la place de la syllabe ur.
On l'emploie indifféremment dans le corps des mots ou
à la fin ; il est toujours écrit au dessus de la ligne.
Dans les documents français, ce signe est souvent mis
pour or.
ê^ ^ ^ "h ^ 4/
V.
Le cinquième signe est celui qui, dans les manuscrits les
plus anciens, a la forme d'un D retourné, et dans les manu-
scrits des xii® et xm® siècles, celle d'un 9. Il est toujours
écrit sur la'|ligne. On l'emploie indifféremment au com-
mencement, au milieu ou à la fin des mots.
Il signifie con et aussi com, cum, cun.
VI.
Le signe n® VI a souvent, dans les manuscrits en onciale,
ABREVIATIONS PAR SIGNES SPECIAUX 63
la figure d'un point ou de deux points ; puis, les deux points
ont été remplacés par un point et virgule qui, à partir du
XI® siècle, se transforme souvent en une sorte de } ou
de z. Ce signe ne s'emploie qu'à la fin d'un mot.
Il en a été question plus haut. Nous avons dit qu'il
remplaçait us y surtout après le b, (Voyez le signe 111.)
Q suivi de ce signe signifie que. Ainsi :
Çj = que , AO| = quoque
Il arrive même que ce seul signe tient lieu du mot
que. Ainsi, on trouve :
^i4M = quoque , cJtx = atque
Il remplace encore la syllabe et à la fin des mots,
comme dans :
|ft = set pour sedy nA = habet
et plus rarement est^ comme :
JPifoéA = prodest , yffl = pr^est
Aux XV® et XVI® siècles, ce signe est usité pour m ; ainsi :
ta^ = tara , bonu^ = bonum , ite^ = item ,
eccliaj = ecclesiam
En français, il remplace quelquefois la finale ment.
64 ABRÉVIATIONS
§ 6. — Signes coiwentionnels .
Nous indiquerons ici quelques signes conventionnels
employés pour suppléer des mots entiers et dont la plu-
part tirent leur origine des notes tironiennes.
Le mot esse est ordinairement abrégé ee^ mais aussi de
la façon suivante :
s^ .^^ .ff^ TJ*
^
Ces signes peuvent être employés dans le corps des
mots. Ainsi :
Z!f = esses
= esset
^ = essemus
est l'abréviation du mot est. On trouve encore au xv*
siècle :
6M^>
Et s'abrège ainsi :
i,x t ?-> «C>^€.
REMARQUES SUR QUELQUES LETTRES 65
La ligature & de l'écriture cursive est restée employée
jusqu'à nos jours pour représenter la conjonction et. Mais
les scribes du moyen âge l'employaient, ainsi que les
autres signes abréviatifs de et^ dans le corps et à la fin
des mots.
Ces divers signes surmontés d'un trait horizontal sont
employés pour etiam.
La ligature à^et surmonté d'un trait horizontal peut
encore, mais très rarement signifier, eter. Ainsi, au
IX® siècle,
&g^nâM
= çternam
S 7. — Remarques sur quelques lettres.
Nous réunissons dans ce paragraphe quelques lettres
accompagnées de signes abréviatifs qui se rencontrent
fréquemment dans les manuscrits. Ces lettres figurent dans
le dictionnaire qui termine ce volume. Mais il nous semble
utile, en raison de leur importance, d'y insister particu-
lièrement. 11 convient de les connaître avant d'aborder la
lecture des manuscrits.
â qui régulièrement remplace les syllabes am ou an
signifie exceptionnellement aut ou encore annus dans la
formule ïï. m. tf. annos, menses y dies ou diebué.
X = antjphona, qui s'abrège aussi AN
5
66 ABRÉVIATIONS
Jq:^= ber, et quelquefois à la fin des mots bis y comme
dans ufB = urbisy nôfc' == nobis,
c = con^ cuniy et quelquefois cen ou cer. Dans les
nécrologes il signifie corwersus ^ et dans les calendriers
confesser.
ê = est
ç = ép ou (3?
La petite cédille qui est placée sous Ve pour remplacer
Va de la diphthongue œ était originairement un a cursif ;
on prit également Thabitude de souscrire Vo dans œ. Mais
rapidement les scribes perdirent la notion de l'origine de
cette abréviation, de sorte qu'on employa une cédille
indifféremment pour remplacer Va ou Vo ; ç signifie
donc, suivant les cas, œ ou œ. On rencontre des <? cédilles
déjà dans les manuscrits en onciale.
Dans les manuscrits, de Tépoque carolingienne, l'usage
d'à? et d^œ s'est généralement conservé. Mais au x® siècle
apparaît fréquemment ^ à la place d'à? et d'œ. Dans la
première moitié du xi® siècle, on emploie concurremment
a? ou ce et ç. Dans la seconde moitié du même siècle, ç
domine. Au xii® siècle, œ et œ sont très exceptionnels;
on ne rencontre guère que ç et e.
Au xïii® siècle, les diphthongues ont complètement dis-
paru ; c'est toujours un e simple qui les remplace. Ainsi
le mot latin gratiœ peut s'écrire au xi® siècle tantôt
gratiae, tantôt gratiç\ au xii® siècle, soit gratis, soit
gratte; au xni® siècle, toujours gratie.
^fi^. est le signe employé pour renvoyer au Digeste. Il
a l'apparence de ff, mais d'après Savigny, c'était origi-
nairement un D barré.
REMARQUES SUR QUELQUES LETTRES 67
^ = hoc
tx = hœc et hoc
h
dans les manuscrits irlandais ou anglo-
saxons signifie autem.
ifh
= hic legCj dans les manuscrits anté-caro-
lingiens.
. i • = id est
■^ = Kalendas et Kaput (chapitre)
•\' = {;el; dans les nécrologes, laicus ; à]^la fin
des mots, lis,
N = Portas ^ et aussi nomine.
Uo traversé d'une barre veut dire dans les nécrologes
obitus ou obiit ; il indique encore quelquefois les sept
antiennes qu'on chante pendant TAvent.
p = per^ et quelquefois por^ comme dans
téliipe = tempore ; ou par^ comme dans appens
= apparens.
C'est surtout dans les manuscrits des xiv® et xv® siècles
et plus spécialement encore dans les manuscrits en langue
française, que le p dont la haste est traversée par une barre
horizontale signifie /?ar ou por. Aux xv® et xvi® siècles, la
barre horizontale qui traverse la queue du p se relie à la
panse, de sorte que cette abréviation se confond avec celle
de pro.
68 ABRÉVIATIONS
ff signifie per dans les manuscrits anglo-saxons et
irlandais.
p p = pre, prœ^prœ.
m,^ = pr opter.
Vp signifie encore papa.
A la lettre q se rattache un groupe très important
d'abréviations qui, comme le remarque Wattenbach, sont
trop fréquemment mal interprétées.
Dans des manuscrits en lettres majuscules antérieurs
au IX® siècle , on trouve q et q. pour que ou qui.
Le q surmonté d'un trait horizontal ou bien avec la
queue barrée n'a pas eu tout d'abord une signification
constante. Mais une fois le système abréviatif du moyen
âge constitué , c'est-à-dire à partir du ix® siècle , q signi*
fie toujours quas.
= qui.
Cm
= que ou quia
= quod.
= quoniam
LETTRES CONJOINTES 69
Cette abréviation ne doit jamais être lue quum. D'ail-
leurs, cette conjonction est ordinairement écrite au
moyen âge cum,
r à la fin des mots = runt.
^ = ruhrica.
• s. = scilicet.
s e/ S = sanctus ou sive.
s est fréquemment employé pour sunt.
t = tem^ ten, ter,
u = -wm, -WAi, 'Ven^ -i^er, ^i^it.
§8. — Lettres conjointes, enclavées et mono^
grammatiques .
Les lettres conjointes, enclavées et monogrammatiques
ne sont pas des abréviations proprement dites. Il con-
vient de les mentionner parce que c'est un moyen auquel
les scribes du moyen âge ont eu recours pour gagner
de la place. Les lettres conjointes et enclavées ont été
employées surtout dans les titres en lettres capitales.
Ainsi, dans un manuscrit du viii® siècle provenant de Saint-
Médard de Soissons et actuellement conservé à la biblio-
thèque de Bruxelles, le mot Medardi est écrit de la façon
suivante :
70
ABREVIATIONS
On trouve des lettres jointes dans le corps même des
manuscrits en onciale, à la fin des mots ; par exemple^
dans le manuscrit d'Eugyppius :
lsr = NT; LR=UR; lir=UNT.
Les sigles UD liés de la façon suivante :
}^
et placés en tête de la préface de la messe signifient
Vere Dignum.
Les lettres enclavées et liées n'apparaissent que rare-
ment dans les chartes ; on en a cependant fait usage
exceptionnellement dans les titres, par exemple dans une
donation à l'abbaye de Lérins du 18 octobre 1022 [Musée
des Archives départementales^ n" 22, pi. xvi) où les mots
Carta sanctse Mariœ et sancti Honorati sont écrits dans
un cartouche qui s'allonge en forme d'I dans la marge ; le
mot Domino qui est le premier de cet acte est abrégé
régulièrement, mais les deux lettres no sont inscrites
dans le D.
Le mot Mariœ dans la même charte est ainsi écrit :
LETTRES CONJOINTES
71
M
Bit
On appelle monogramme un caractère qui renferme
toutes les lettres d'un ou de plusieurs mots. Les rois de
France, de Charlemagne à Philippe VI, ont fait dessiner
le monogramme de leur nom au bas de leurs actes solen-
nels ou diplômes.
On trouvera dans le glossaire de Ducange, sous le mot
monogrammay une planche où sont figurés les mono-
grammes de nos rois. Nous donnons ici le monogramme
de Charlemagne
et celui de Louis VII
72 ABRÉVIATIONS
La formule finale de salutation Bene valete fut réduite
dans les bulles pontificales, à partir du milieu du xi*
siècle , en un monogramme.
§9. — Notes tironiennes.
On attribue à Tiron, affranchi de Cicéron, l'invention
de la tachygraphie latine connue sous le nom de notes
tironiennes. Ce n'est pas une écriture conventionnelle,
mais une écriture littérale , c'est-à-dire que ses éléments
sont les lettres de Talphabet majuscule latin, mais tron-
quées, liées, modifiées en vue d'une très grande rapidité.
Jean de Trittenheim , dans sa Polygraphia^ publiée en
1571, a recueilli trente notes tirées d'un psautier. Grûter,
en 1603, a donné un glossaire plus complet intitulé
Notae Romanorum veterum.
Mais Carpentier, qui publia en 1747 un formulaire
conservé aujourd'hui à la Bibliothèque nationale sous le
numéro latin 2718, et où les notes sont accompagnées de
leur transcription en caractères ordinaires, est le pre-
mier savant qui ait cherché à les déchiffrer. Son livre
est intitulé : Alphabetum tironianum seu notas Tironis
explicandi methodus, Paris, 1745, in-fol.
Le manuscrit de Paris, lat. 2718, qui renferme un recueil
de formules, un capitulaire de Louis le Pieux et un traité de
saint Jean Chrysostôme, a été reproduit en phototypie
par Schmitz : Monumenta tachygraphica codicis Parisien-
sis lat. 2718 transcripsity adnotai^it, edidit Guil. Schmitz;
Hannover, 1882-83, in-4®. Au commencement de notre
NOTES TIRONIENNES 73
siècle (1817), Kopp a exposé scientifiquement les lois et
le système des notes tironiennes. Le premier volume
de sa Palœographia critica^ consacré à l'étude de la
tachygraphie des anciens, est resté Touvrage capital
sur cette matière. Il a été complété par Jules Tardif dans
son : Mémoire , sur les notes tironiennes ^ inséré dans les
Mémoires présentés par divers savants à C Académie des
Inscriptions^ 2® série, t. III (1854), p. 104. Les récents
travaux de Schmitz ont été réunis dans un volume inti-
tulé Beitràge zur lat. Spra^h-und Literaturkunde ,
Leipzig, 1877, p. 179. A côté de la reproduction photo-
typique du manuscrit de Paris, nous signalerons la repro-
duction autographique du psautier de Wolfenbùttel , par
le docteur Lehmann : Wolfenbiitteler Bib/iothek, Leipzig,
1885, in-8.
Les notes tironiennes ont été employées par les
scribes de Tépoque mérovingienne pour les corrections de
manuscrits comme aussi pour les remarques marginales.
Les souscriptions de plusieurs diplômes mérovingiens
renferment des notes tironiennes ; M. d'Arbois de Jubain-
ville en a donné la liste au tome XLI de la Bibliothèque de
r Ecole des Chartes, p. 85, en même temps qu'il a reproduit
les lectures proposées pour quelques-unes d'entre elles par
Kopp et Jules Tardif. M. Julien Havet est parvenu à en
déchiflFrer quelques autres {Bibl. de PEc. des Ch.,
t. XL VI, p. 720).
Ces notes sont un témoignage du rôle important que
jouait le maire du palais au vu® siècle. Car on lit à la
suite de la souscription du chancelier des mentions
comme celles-ci : a Ordinante Ebroino , majore domus, »
« Ordinante Pippino majore domus. »
La connaissance des notes tironiennes était courante
74 ABRÉVIATIONS
chez les notaires du ix*' siècle. Elle ne tarda pas à se
perdre dans la France orientale tandis qu'elle persista à
rOuest. M. de Grandmaison en a constaté Temploi dans
un grand nombre de chartes écrites à Tours, au x® siècle,
et même jusque^dans les premières années du xi® siècle.
C'est surtout dans les formules de souscription qu'on les
rencontre. Ainsi, dans une charte de Teotolon, arche-
vêque de Tours, de Tan 940, la formule : « misera tione
omnipotentis Dei Turonorum humilis archiepiscopus
manu propria huic auctoritati subscripsi » qui suit
le nom de Teotolon , écrit By^coOcoXo) , est en notes
tironiennes. Certains notaires, il est vrai, employaient
cette sorte d'écriture sans la comprendre. Dans une
charte de Mainard, évèque du Mans de 948 à 968, les
noms des témoins sont précédés du mot subscripsit écrit
en notes tironiennes, et cependant les noms sont au
génitif, comme si le notaire avait mis signum.
Un autre système de tachygraphie, dont M. Julien
Havet a le premier déterminé les règles, fut employé en
Italie à la fin du x^ siècle et dans les premières années
du XI® siècle. Cette écriture se compose de caractères
syllabiques, c'est-à-dire que pour écrire un mot il faut
autant de caractères que le mot a de syllabes, sauf pour
un très petit nombre de mots pour lesquels il existe un
système d'abréviation particulier. Tous les monuments de
cette tachygraphie, jusqu'ici signalés, sont d'origine ita-
lienne, sauf les lettres de Gerbert; mais on doit remarquer
que ce personnage, ayant séjourné à plusieurs reprises
dans la péninsule, avait pu être initié à ce système d'écri-
ture par des notaires italiens. Voyez Havet (J.) L'écriture
secrète de Gerbert et la tachygraphie italienne du x® siècle.
Paris, imp. nat., 1887, in-8. (Extraits des Comptes rendus
de PAcad. des Inscript, ^ t. XV 4® série.)
CHAPITRE III
RÉFORME CAROLINGIENNE
(ix®-x® siècles)
§ 1. — Manuscrits.
« La réforme de Técriture qui signala le règne de
Charlemagne, dit M. Delisle, eut son berceau dans les
églises de Tours, notamment dans le monastère de Saint-
Martin , » dont le célèbre Âlcuin fut abbé de 796 à 804.
On a singulièrement exagéré la part de Tinfluence irlan-
daise ou saxonne dans cette révolution. C'est surtout
pour la décoration des livres que les moines français
allèrent chercher leurs modèles en Grande-Bretagne. En
ce qui concerne Técriture, les scribes du ix® siècle se
sont surtout inspirés des manuscrits antiques.
Quatre espèces d'écritures ont été employées au
IX® siècle : 1® la capitale ; on distingue la capitale clas^
sique à traits droits et larges, et la capitale rustique à
traits allongés, arrondis et grêles; 2** Tonciale; 3® la
demi-onciale ; 4** la minuscule.
76
REFORME CAROLINGIENNE
La demi-onciale a été particulièrement en usage dans
Técole de Tours. Voici quels en sont, d'après M. Delisle,
les traits distinctifs : « rondeur et ampleur de la plupart
des lettres, renflement de la partie supérieure des lettres
montantes, forme des a composés d'un c et d'un i juxta-
posés, forme des g composés de trois traits parfaitement
distincts (une tête formée d'une ligne horizontale, un
trait vertical légèrement incliné de droite à gauche, et
une ample queue semi-circulaire ouverte à gauche),
forme des m dont le dernier jambage se retourne à
gauche, forme des n qui se rattachent toujours au genre
de la capitale et de Tonciale, développement du trait
supérieur des f^ des r et des s, surtout quand ces lettres
sont à la fin des mots. » (Voyez Delisle, Mémoire sur
V école calligraphique de Tours.)
On retrouvera tous ces caractères dans l'exemple que
nous donnons sur la planche v et qui est tiré du manuscrit
latin 5325 de la Bibliothèque nationale, fol. 4, recueil
relatif à la vie et au culte de saint Martin. La seconde ligne
est en capitale rustique ; la troisième en onciale. Ces
deux lignes sont écrites à l'encre rouge.
Voici la transcription de notre fac-similé. Les chiffres
entre parenthèses indiquent les lignes ; les lettres ita-
liques représentent celles qui, dans le manuscrit, sont
abrégées.
« (ligne 1) ab oratione numquam laxaverat. (2) Expli-
ciunt capitula. (3) Plerique mortalium (4) studio et gloria
saeculari inanit^r (5) dediti, exinde perennem, ut puta-
bant... )>
Adalbaldus, disciple d'Alcuin, fut au ix® siècle un des
copistes de Saint Martin de Tours à qui Ton doit les
plus beaux exemples d'écriture demi-onciale. Il a trans-
MANUSCRITS 77
crit, entre autres livres, un recueil d'opuscules de saint
Augustin, dont un fragment, volé par Libri à la biblio-
thèque de Tours, est aujourd'hui conservé à la Biblio-
thèque nationale, sous le n® 445 des nouvelles acquisi-
tions latines, et aussi un recueil relatif à la vie et au
culte de saint Martin, conservé au gymnase de Quedlin-
bourg. (Voyez Delisle, Ecole calligraphique de TourSy
p. 20, pi. I à IV ; Desnoyers et Delisle, Note sur un mono-
gramme d'un prêtre artiste. (Extr. des Comptes rendus
des séances de FAcad. des inscript.y 1887.) Catalogue
des manuscrits des fonds Libri et BarroiSy Paris, 1888,
in-8, p. 24, pi. VII, n** 2.)
Mais rimportance de la réforme du ix^ siècle consiste
presque entièrement dans la rénovation de la minuscule.
On abandonna la minuscule mérovingienne d'un aspect
si désagréable et d'une lecture si difficile, pour une nou-
velle écriture, celle que nous appelons minuscule Caroline^
aux formes rondes et élégantes. Elle est le produit de
divers facteurs ; mais la plupart de ses éléments consti-
tutifs se trouvent dans la demi-onciale et dans Tonciale
cursive et couchée, employée aux vi* et vu® siècles pour
l'annotation des livres. M. Delisle a fait reproduire sur la
planche v de son Mémoire sur l'école calligraphique de
Tours y une page du manuscrit 169 d'Orléans, qui ofiFre
un bel exemple d'écriture demi-onciale du vi* siècle,
avec des notes marginales en lettres onciales couchées
se rapprochant de la cursive. La comparaison de ce fac-
similé avec des exemples de minuscule Caroline fera saisir
l'origine de cette dernière écriture.
L'école calligraphique de Tours n'est pas la seule dont
les caractères aient été déterminés. M. Delisle, dans un
mémoire intitulé U évangéliaire de Saint-Vaast d'Arras ei
78 RÉFORME CAROLINGIENNE
la calligraphie franco^saxonne du ix® siècle, Paris, 1888,
ia-fol., a signalé Texistence d^une école de calligraphie
qui étendit son influence sur le nord de la France, dans
la partie septentrionale des anciennes provinces ecclé-
siastiques de Sens et de Reims. Ce fut surtout une école
de décoration. Elle prit ses modèles chez les Anglo-
Saxons. Les manuscrits de cette école se distinguent par
leurs belles lettres ornées, à entrelacs ingénieusement
combinés. L'expression la plus complète de ce système
décoratif se trouve dans Tévangéliaire de Saint-Vaast et
dans la seconde bible de Charle le Chauve, c'est-à-dire
celle qui est conservée a la Bibliothèque nationale sous
le n^ 2 du fonds latin.
Nous citerons ici les plus beaux manuscrits exécutés à
Tépoque carolingienne, comme aussi quelques manus-
crits, k date certaine, des ix® et x® siècles.
Les manuscrits datés sont rares. Il en est qui se ter-
minent par une souscription où le scribe a consigné à la
fois son nom et la date à laquelle il a achevé son travail ;
mais ce sont de beaucoup les moins nombreux. Pour
d'autres, on ne peut fixer leur âge que grâce aux rensei-
gnements fournis par le texte même. L'un des manuscrits
les plus anciens où apparaisse la minuscule Caroline est
le manuscrit latin 1451 de la Bibliothèque nationale. Il
contient une collection de canons de conciles et un
catalogue des papes qui se termine par Adrien ; le nom
de Léon III (795-816) a été ajouté. De plus, une note
chronologique paraît indiquer que ce livre a été écrit la
25® année du règne de Charlemagne, c'est-à-dire en
796. Deux fac-similé de ce manuscrit ont été donnés l'un
par M. Delisle, dans le Cabinet des manuscrits^ pi. xxr,
n" 4, l'autre par M. Tabbé Duchesne, dans son édition
e
PI. IV.
e^. "
leturtAjxei^ ^tcÇec c^rxJUn, tut pJUic^
m^t^sx^:JLjic^it et^rpJ^cxTLtLtti^
f^aM^ix:epifc0pJUii4^€iter^'^^j^t.tt
f^emr depiclX^f un^f^r^ttrj^ j^^rr^acht^
Manuscrit de 796
MANUSCRITS 79
du Liber Pontificalis y t. I, pi. i. Nous donnons, sur la
pi , IV le fac-similé d'une partie de la deuxième colonne
du fol. 21.
« (ligne 1) VIII kalendas marcw. Cessavit episcopatus
(2) dies XX.
(3) XLI Anastasius natione romanus ex pa-(4)-tre
Maximo, sedit anno^ III, dies X. Hic (5) constituit quo-
tienscu/wqw^ evangelia (6) recitantur, sacerdotes non
sederent. (7) Hic fecit ordinationes II, freshyteros V, dia-
conos V, episcopos (8) per loca XI. Se sepultus est ad
Urso pilato, (9) V kàlendas maii. Cessavit episcopatus dies
XXI.
(10) XLII. Innocentius natione abbanensis, ex (11) pâtre
Innocentio, sedit anno^ XVI, mensem I, (12) dies XXI.
Hic constituit sabbatu//2 je- (13)-juniuw celebrari, ideo
quia sabbatu/72 (14) Dommi/s in sepulcro positus est et
discipuli (15) jejunaverawf . Hic fecit ordmationes IIII p^r
decemhrem (16) 'preshyteros XXX, diacowos XII, epwco-
pos per loca LIIII. Se-(17)pultus est ad Ursu pilato V
kàlendas juhï. Ces-(18)-savit episcopatus dies XXI. —
XLIII (19) Zosimus natione grecus ex pâtre (20) Apromio,
sedit SLunum I, mens^^ II, dies XI. Hic (21) constituit ut
disiconi leva tecta habe-(22)-rent de palleis linostimis, per
parrochias... »
On remarquera que dans ce manuscrit les mots sont
séparés. Ce n'est pas encore une règle constante dans les
manuscrits de la fin du viii® siècle et du commencement
du IX® siècle. Cependant on peut dire qu'au ix® siècle, les
mots, dans les manuscrits en minuscule, sont générale-
ment séparés; ils sont, au contraire, confondus dans les
titres en capitale et en onciale ; dans les manuscrits tout
I
80 RÉFORME CAROLINGIENNE
entiers en onciale, îl y ^ seulement tendance à les dis-
tinguer.
Un caractère de la minuscule Caroline qui apparaît
nettement dans Texemple que nous donnons, c'est le
renflement des hastes des lettres b^ d, A, /, à leur partie
supérieure.
Deux sortes d'à ont été employées dans la minuscule
Caroline ; Va dérivé de Va oncial , et Va ouvert par le
haut^ à la façon d'un u composé de deux jambages, ren-
flés à la partie inférieure, et dont le sommet se recourbe
à droite. Dans d'autres manuscrits, cet a ouvert par le
haut ressemble à un c accolé à un i. Ua ouvert à sa partie
supérieure a persisté, surtout dans les chartes, jusqu'à la
fin du xi° siècle. Mais, dans les manuscrits Va dérivé de
l'écriture onciale est plus communément employé aux ix®
et X® siècles.
Quant aux abréviations, elles sont peu nombreuses
pendant la période Caroline. Dans le fragment du manus-
crit de l'année 796 que nous donnons à la planche iv, on
remarque l'abréviation de la lettre m à la fin des mots ;
mais la terminaison us est écrite entièrement. Les
abréviations par contraction ne portent que sur des
mots de la langue ecclésiastique , presbyterosy episcopos
qui, dans les manuscrits liturgiques les plus anciens,
sont déjà abrégés. Les quelques abréviations par suspen-
sion : sed pour sedit , ordin pour ordinationes sont
faciles à résoudre. Enfin, pour ety on trouve la ligature
de la minuscule mérovingienne qui persistera isolée,
comme aussi dans le corps et à la fin des mots, jusqu'aux
dernières années du xii® siècle.
Citons encore comme appartenant à la fin du viii® siècle
MANUSCRITS 81
OU aux premières années du ix® siècle, le manuscrit latin
17371 de la Bibliothèque nationale , qui renferme les
commentaires de saint Jérôme sur Jérémie. Ce volume,
écrit en minuscule avec des titres en capitales, a été copié
dans le monastère de Saint-Denis, sur Tordre de Tabbé
Fardulfus, entre 793 et 806. (Fac-similé dans Delisle,
Cabinet des manuscrits , pi. xxi, n® 2.)
Charlemagne s'occupa lui-même de la réforme de
récriture. Il avait établi dans son palais un atelier de
copistes placé sous la direction d'Alcuin. L'un des plus
célèbres livres qui en soit sorti est Tévangéliaire de
Charlemagne, œuvre de Godesscalc, qui l'exécuta en
781 ou 782. Le texte, en onciales d'or sur parchemin
pourpré , est disposé sur deux colonnes ; les titres sont
en argent. (Bibl. nat., nouv. acq. lat. 1993, galerie
Mazarine , armoire XX, n** 222 ; fac-similé dans Delisle,
Cabinet des manuscrits^ pi. xx, n®* 1, 2 et 4.)
Deux bibles, chefs-d'œuvre de calligraphie, en écri-
ture minuscule d'une extrême finesse, dont l'une est
conservée à la Bibliothèque nationale, (lat. 9380, galerie
Mazarine , n® 126 ; fac-similé dans Delisle , Cabinet des
manuscrits y pi. xxi, n® 3, et dans V Album paléographique ^
pi. 18), et l'autre dans le trésor de la cathédrale du Puy,
ont été écrites par les soins de Théodulfe, évêque d'Or-
léans, entre 788 et 821, comme en témoigne un épilogue
dont voici les deux premiers vers :
Codicis hujus opus struxit Theodulfus amore
lUius, hic cujus lex benedicta tonat.
M. Delisle a consacré aux Bibles de Théodulfe un
mémoire inséré dans la Bibliothèque de F Ecole des Chartes y
t. XL (1879), p. 5.
82 REFORME CAROLINGIENNE
Les livres que Charlemagne avait réunis ayant été ven-
dus après sa mort, et le prix distribué aux pauvres, Louis
le Pieux dut former dans son palais une nouvelle biblio-
thèque. Il fit transcrire des livres.
Un commentaire sur la Genèse, le manuscrit latin
9575 de la Bibliothèque nationale, se termine par une
souscription qui indique qu'il a été copié par Faustin,
en 811, dans le palais de Chasseneuil, en Poitou :
(c Finitum opusculum in Casanolio palatio, suburbio Pic-
tavino , provintia Aquitanica , anno vicesimo septimo
régnante pio principe domno Hlodohico rege, filio glo-
riosi Caroli imperatoris, era DCCCXLVIII, qui est annus
incarnationis Domini nostri Jesu Christi DCCCXI. Faus-
tinus scripsit. »
L'ère dont il est question dans cette souscription est
Tère d'Espagne. Son point de départ est la conquête de
l'Espagne par Auguste, l'an 715 de Rome, soit 39 ans
avant J.-C. Cette manière de dater était employée dans
les provinces méridionales de la France.
Le fac-similé n® 2 de la planche v est emprunté au
manuscrit latin 2440 (fol. 4) de la Bibliothèque nationale,
daté de l'an 819. C'est l'ouvrage de Raban Maur intitulé
De institutione clericorum. Sur les cinq lignes que nous
reproduisons, la seconde est en écriture onciale, la troi-
sième en capitale, l'une et l'autre a l'encre rouge. Le
reste est en minuscule Caroline. Voici la transcription :
«... (ligne l)-naculo condunt, ne indignis quibz^^qi^^
Dei sacram^/ita aperi-(2)-antur.
De ordine tripertito episcoporw/w. (3) Ordo autem epi-
scoporum tripertitus est , id est (4) in patriarchis , archi-
episcopis qui et metropolitanis (5) et in ei^iscopis,
Patriarcha greca lingua pat^r principum sive... »
1/1
H
S
U
D
<
MANUSCRITS
83
Parmi les chefs-d'œuvre de la calligraphie carolin-
gienne, il faut citer Tévangéliaire que Tempereur Lothaire
fit copier pour l'abbaye de Saint-Martin de Tours. L'abbé
Sigilaus en surveilla l'exécution. C'est un bel exemple
de demi-onciale du milieu du ix® siècle. Ce manuscrit,
conservé à la Bibliothèque nationale, sous le n® 266 du
fonds latin, y est exposé dans la galerie Mazarine,
armoire XX, n® 224. Voyez un fac-similé en photogravure
dans Y Album paléographique de la Société de l'Ecole des
Chartes, pi. 22.
Les manuscrits exécutés pour Charles le Chauve ou
sous son règne ne le cèdent pas en beauté à ceux de
Charlemagne. L'école d'écriture du monastère de Saint-
Martin de Tours continua de produire des chefs-d'a^uvre.
De là sont sorties , à cette époque , la Bible latine oflFerte
à Charles le Chauve par l'abbé Vivien (Bibl. nat.,
lat. 1 , galerie Mazarine , armoire XX , n^ 225 ; fac-similé
dans Delisle, Cabinet des manuscrits^ pi. xx), la Bible
dite d'Alcuin, conservée au Musée Britannique, fonds
additionnel, n® 10546 (fac-similé dans Catalogue o fanaient
manuscripts in the Bristish Muséum ^ part II, latin,
pi. 42 et 43), et enfin la Bible de Saint-Paul hors les
murs de Rome.
Une autre Bible , écrite aussi pour Charles le Chauve ,
est celle qui, après avoir été longtemps conservée dans
le trésor de Saint-Denis, est passée, le 23 octobre 1595,
en vertu d'un arrêt du Parlement, dans la bibliothèque
du roi, oii elle porte aujourd'hui le n^ 2 du fonds latin
{Galerie Mazarine, armoire XX, n® 226).
Le livre de prières connu sous le nom de Psautier de
Charles le Chauve a été écrit en onciales d'or par
84 RÉFORME CAROLINGIENNE
Liuthard, du vivant de la reine Hermentrude, c'est-à-dire
entre les années 842 et 869. (Bibl. nat., lat. 1152,
galerie Mazarine, vitrine XXX, n® 267; fac-simile,
Paléographie unwerselley pi. 125 ; de Bastard, pi. 191 à
194; Album paléographique, Soc. de TEcole des Chartes,
pi. 21.) Citons aussi les Evangiles de Charles le Chauve,
copiés vers 878, par Liuthard et Bérenger (Bibl. nat.,
lat. 257). Voyez sur ces manuscrits les Peintures , orne^-
ments, écritures et lettres initiales de la Bible de Charles le
Chauffe, conservée à Paris, publ. par le comte Auguste de
Bastard. Paris, 1883, gr.in-fol..
Charles le Chauve ordonna à ses exécuteurs testamen-
taires de partager ses livres entre son fils et les églises
de Saint-Denis et de Notre-Dame de Compiègne.
Voici encore, d'après M. Delisle, l'indication de
quelques manuscrits datés de la fin du ix® siècle : un
sacramentaire de la cathédrale d'Arles contenant des
prières pour Louis T Aveugle, roi de Provence, et un
catalogue des archevêques d'Arles qui, primitivement,
s'arrêtait à Rotlandus, mort vers 869 (Bibl. nat., lat.
2812; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xxxï,n®2);
un Saint Jérôme donné à la bibliothèque de Saint-Amand
par le moine Hucbald, ordonné prêtre en 880, mort en
930 (Bibl. nat., lat. 1863; Delisle, Cabinet des manuscritSy
pi. XXXI, n® 1); un Virgile copié à l'extrême fin du
ix^ siècle ou dans les premières années du siècle suivant
par Rahingus, moine à Flavigni, en Bourgogne. (Vatican,
latin 1570; Delisle, Virgile copié au x® siècle par le moine
Rahingus dans Mélanges de l'Ecole de Rome, VI* année
(1886), p. 239, planche v.) Le même moine avait aussi
écrit un manuscrit des Epîtres de saint Paul conservé à
la bibliothèque d'Orléans sous le n® 79.
CHARTES CAROLINGIENNES 85
Aux® siècle, nous ne trouvons plus de manuscrits de luxe.
La capitale , Fonciale , la demi-onciale sont exclusivement
réservées aux titres. Le corps des manuscrits est toujours
«crit en minuscule. La minuscule du x*' siècle ne diffère
guère de celle du ix® siècle qu'en ce qu'elle est moins
soignée. Les lettres sont plus irrégulières. Au ix*' siècle,
les hastes des lettres telles que £, d, l, se renflent à la
partie supérieure; au x® siècle, elles ont la même forme,
mais souvent elles se terminent en haut et à gauche par
un petit crochet.
Les manuscrits du x® siècle, à date certaine, sont rares.
On trouvera toutefois dans le Cabinet des manuscrits de
M. Delisle, pi. xxxi, n® 5, le fac-similé du manuscrit latin
12052 de la Bibliothèque nationale, sacramentaire écrit
«ntre 972 et 986, par ordre de Ratold, abbé de Corbie, et
sur la planche xxx, n® 6, du même ouvrage, le fac-similé
du manuscrit latin 2113, de la même bibliothèque, copié
vers 988.
§2. — Chartes carolingiennes .
La minuscule mérovingienne, qui avait disparu des
manuscrits à la fin du viii® siècle, resta en usage dans les
actes à la chancellerie de Charlemagne ; mais elle subit
Tinfluence de la réforme calligraphique qui avait fait tout
d'abord sentir ses effets dans la transcription des livres.
Cette minuscule des diplômes de Charlemagne est moins
embarrassée de ligatures ; un grand nombre de lettres
sont isolées ; les mots sont séparés ; certaines lettres
appartiennent à la minuscule Caroline; d'autre part, la
86
REFORME CAROLINGIENNE
forme du c, de !'<?, de IV et de Vs est encore la même que
dans les diplômes mérovingiens. Les hastes des lettres b,
dy h, ly s'élèvent très haut au dessus de la ligne en se
recourbant légèrement à droite ; de même, le trait vertical
du p et du q descend beaucoup au dessous de la ligne.
Le chrisme, déformé, figure presque toujours au com-
mencement de la première ligne, dont Técriture est
allongée. Les rois de la seconde race ne signent pas leurs
actes. Pépin et Carloman tracent une croix accompagnée
des mots Signum [talis] gloriosissimi régis. Quant à Char-
lemagne, sa souscription consiste en un monogramme
dessiné par le scribe et encadré dans les mots Signum
Caroli gloriosissimi régis. La signature du chancelier se
compose des mots \talis'\ relegi et subscripsi suivis d'un
paraphe compliqué , appelé ruche , entremêlé de notes
tironiennes qui expriment le nom du chancelier ou celui
du personnage qui avait obtenu Tacte. Plus bas, la date
divisée en deux formules :
1® La date chronologique, Datum quod fecit december
dies seXy anno X régnante domno nostro Carolo rege^ ou
encore Data pridie kalendas septembris, anno vigesimo
secundo regnum domni nostri Caroli excellentissimi régis ;
2** La date topographique, Actum Aquis palacio publicoy
in Dei nomine féliciter,
La matière sur laquelle sont écrits les diplômes caro-
lingiens est toujours le parchemin.
Comme exemples de diplômes de Charlemagne repro-
duits en photogravure, nous citerons : un diplôme pour
le prieuré de Salone, du 6 décembre 777 dans l'atlas du
Musée des Archives départementales y pi. ii ; et un autre,
en faveur du comte Théodold, donné le 31 mars 797, dans
CHARTES CAROLINGIENNES 87
V Album paléographique , publié par la Société de l'Ecole
des Chartes, pi. 16. De nombreux fac-similé phototypiques
de diplômes impériaux ont été réunis par MM. Sybel et
Sickely dans leur ouvrage intitulé Kaiser urkunden in
Abbildungen (1880-1888, 9 livraisons parues). Le premier
cahier — le seul qui ait paru , croyons-nous — de l'ou-
vrage intitulé Specimina diplomatum monasterio fuldensi
a Karolis exhibitorum^ par C. Herquet (Cassel, 1867,
in-fol.) contient les photographies de six diplômes, trois
de Pépin et trois de Charlemagne.
La minuscule diplomatique se rapprocha de plus en
plus de la minuscule Caroline , à ce point que, sous Louis
le Pieux, l'écriture des diplômes ne diflPère pas essentiel-
lement de celle des manuscrits. Seulement, dans les
diplômes , la minuscule a des formes plus grêles ; les
lettres sont plus hautes ; Va a toujours une forme voisine
de celle de Vu ; le c est orné d'un trait droit ou recourbé
qui s'échappe de son extrémité supérieure ; les hastes
des lettres i, rf, A, / s'élèvent beaucoup au dessus de la
ligne en se recourbant à droite.
L'écriture des diplômes royaux resta à peu près la
même jusqu'à la fin du x® siècle. C'est même une chose
surprenante combien peu elle a varié de Louis le Pieux à
Hugues Capet. On s'en rendra compte en comparant deux
diplômes reproduits dans le Musée des Archiifes départe^
mentales^ l'un, de Louis le Pieux, du 16 mars 819 (pi. m,
n® 4); l'autre , de Hugues Capet, du 4 juin 988 (pi. xiii,
no 17).
Ces observations ne sauraient être étendues à tous les
actes. Elles s'appliquent seulement aux diplômes royaux.
Car, dans les actes émanés de chancelleries autres que
88 RÉFORME CAROLINGIENNE
la chancellerie royale, c'est-à-dire dans les actes rédigea
au nom de dignitaires ecclésiastiques, on employa soit
la minuscule Caroline proprement dite, soit une écriture
qui s'en rapproche beaucoup.
CHAPITRE IV
PERIODE POST-CAROLINGIENNE
Xl^ SIÈCLE
S 1. — Manuscrits,
L'exemple d'écriture que nous offrons pour le xi' siècle
(pi. vi) est emprunté au manuscrit 566 du fonds de la reine
Christine au Vatican, qui contient la Vie du roi Roberty
par Helgaud. Ce manuscrit <c présente, comme l'a remar-
qué M. Auvray*, tous les caractères d'un autographe : on
peut y surprendre le travail de Fécrivain donnant à une
œuvre déjà terminée une forme nouvelle. Non- seulement
le texte a subi de nombreuses corrections de détail que
révèlent à chaque page les ratures et les surcharges ;
mais des passages entiers ont été ajoutés après coup, soit
dans les marges, soit, quand les marges étaient insuffi-
santes, sur des feuillets intercalés, écrits à pleines lignes
en caractères fins, tandis que le reste du manuscrit est à
deux colonnes, d'une grosse écriture. »
1. AuTPay, Une Source de la Vita Roberti régis du moine Uelgaud, dan»
Mélanges d'archéol., publ. par l'Ecole franc, de Rome, t. VII (1887), p. 458.
90 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNB
Le fol. 10 recto, dont nous donnons la partie supé-
rieure, offre un exemple de ces additions qui témoignent
de l'intervention directe de l'auteur*. On y remarque
trois écritures différentes. La grosse écriture de la
seconde colonne constitue le corps du manuscrit. Quant
à la première colonne, moins les deux dernières lignes,
c'est une addition qui commence à la page précédente et
qui se termine dans la marge de droite. Une troisième
main a écrit une phrase de transition pour relier cette
addition au texte de la rédaction primitive, et aussi les
mots elemosinç largitio. On remarquera que cette dernière
écriture ne paraît pas être celle d'un scribe proprement
dit ; elle n'a pas la régularité des deux autres ; elle est
plus rapide, elle a aussi un caractère plus archaïque. II est
vraisemblable qu'elle a été tracée de la main même
d'Helgaud.
Ce moine écrivit l'histoire du roi Robert vers 1042.
C'est donc à cette époque qu'il faut rapporter le manus-
crit du Vatican.
« (ligiie 1) domw5 et rex cu/w paup<?re arg^/itu/w a
lancea (2) auferens, paup^rculo dat benefaci-(3)-ens et
suis ipse sancti^ manibus ei in (4) sacculu/ra mittens dat in
mandatis (5), sic£^^ mos erat, ut sibi in redeundo (6)
prospiceret ne uxor ejiis exxm videre pos-(7)set. Obaudivtï
pr^ceptis régis necessi-(8)-tas paup^ris. P^ractis his,
advenif regina (9) mirans qwid factu/ra fuerit de lancea,
(10) qwae sic erat destructa, de qi/a sp^rabat (11) T^ominuxa
suuf/7i forti letificari glor/a. Ad h§c (12) Domini fide/w
1. C'est à notre confrère et ami, M. Âuyray, ancien membre de TEcole
française de Rome, qae nous devons la photographie du manuscrit
Reg. 566. Nous lui adressons ici nos bien sincères remerciements.
3
E
O
ce
Mtteiiiiili'j gfw
MANUSCRITS DU XI^ SIECLE 91
jurans rex joco huju^ se non esse ^^T^ [marge) facti
conscium. Inler eos (2) amicabilis est exorta (3) co/itentia
C[inhus elemosinç largitio profuit (4) et proderit, faciente
(5) Deo, mortuis s^cmIo , vi-(6)-ventibï/5 D^o. Queda/w
(7) adhuc de e'jus non minima (8) pietate narranda suni.
(1" col. y 13) Clericus quidam paup^rculus de (14) régna
Lotharii exiens, ad hune
[2^ col., 1) astitit omni viç non bonç, ma-(2)-liciaA« aute/72
non odivit. Splen-(3)-debat quippe in eo species Judç (4)
traditoris Domini qui loculos habens (5) ea quq mitteban-
tur exporta-(6)-bat. Na/w quodam te/npore adves-(7)
-perascente hora diei, cçna cum (8) suis sumpta, incu/w-
bentib2/.9 ja/w noc-(9)-tis tenebris dum ad co/wplenda
(10) et quç sunt T>eo reddenda cogi-(ll)-taret ad domu/w D^i
de more (12) processit, pr<?euntibws ante se cleri-(13)-cis
cum ceroferariis non minimi (14) ponderis ; quibi^s posi-
tis, signi-[ficavit] »
Bien peu d'œuvres historiques ou littéraires du moyen
âge nous sont parvenues, comme celle d'Helgaud, dans
le manuscrit original, c'est-à-dire dans l'exemplaire écrit
par Tauteur lui-même ou sous sa direction. Pour le
XI® siècle, nous citerons cependant le manuscrit latin
5288 de la Bibliothèque nationale qui est probablement
un autographe du moine Adémar de Chabannes, écrit
vers 1030 ; un feuillet a été reproduit dans les fac-similés
de r Ecole des Chartes y n® 71.
M. Delisle a donné dans le Cabinet des manuscrits des
exemples d'écritures du xi® siècle tirés de manuscrits
datés, dont nous indiquerons ici les plus importants. Ils
appartiennent tous ii la Bibliothèque nationale de Paris.
92 PERIODE POST-CAROLINGIBNNE
Le manuscrit latin 8851 est un évangéliaire exécuté entre
1002 et 1014 ; il a fait partie de la bibliothèque du roi
Charles V qui, en 1379, Toffrit k la Sainte-Chapelle.
(Galerie Mazarine, vitrine XXXI, n® 257; Delisle, Cabinet
des manuscrits y pi. xxxiii, n" 5.) Citons encore une col-
lection canonique de Tan 1009, faite par ordre de Hei-
mon, évéque de Verdun (Bibl. nat., lat. 15392; Delisle,
oiwr, cité y pi. XXXII, n® 1); un exemplaire du Traité de
saint Augustin contre les hérésies, copié dans l'espace
de trois mois en 1029 ou 1030, par Lambert, moine de
Saint-Maur-des-Fossés (Bibl. nat., lat. 12219; Delisle,
ouvr. cité y pi. XXXII, n® 4) ; un recueil d'homélies écrit
dans la même abbaye, en 1058 (Bibl. nat., lat. 3786;
Delisle, oinfr, cité y pi. xxxiv, n**' 2 et 3); enfin un
manuscrit contenant une Vie de saint Maurille, par Gré-
goire de Tours, et dont Texécution se place vers 1070.
(Bibl. nat., lat. 13758; Delisle, ouvr. cité y pi. xxxiv,
n« 4.)
Jj 2. — Chartes.
L'écriture des diplômes royaux sous les rois Robert
(996-1030) et Henri P' (1030-1060) est généralement
grosse. Souvent elle est peu soignée, comme dans le
diplôme de Robert confirmant les privilèges des cha-
noines de Sainte-Geneviève (Rec, fac-s. Ecole des Chartes,
n** 36 et 36 bis) y et dans celui de Henri P"", daté du
12 juillet 1058, par lequel ce roi renonce aux droits que
ses officiers prélevaient sur le bétail de Moisenay et de
Courceaux. [Rec. facs. Ecole des Chartes y n® 37.) Nous
CHARTES DU Xl^SIÈCLE 93
donnons à la pi. vu, n® 2, le fac-similé légèrement réduit
de deux lignes de ce diplôme; voici la transcription :
« (ligne 1) meqw^ pecierunt quatinu^ eis p^rdonare/w
consuetudines de hohus, de carne (2) quas mei ministri in
Mosiniaco et in Curciolis injuste et per \im rapie[bant]. »
L'exemple d'écriture n® 1 de la pi. vu est emprunté à un
diplôme de Robert, roi de France, du 23 septembre
1030, par lequel il confirme l'abbaye de Saint-Hippo-
lyte, près Beaune, dans la possession de ses biens (fac-
similé. Musée des Archwes départementales , n" 23, pi. xx).
Voici la lecture :
« (ligne 1) In nomine sanctdd et individu» Trinitatis,
Rodbertus, divina providente clementia, (2) Francoruw
rex. Si fidelibus no^^ris aliquod supplementi donu/72 sive
hereditatis augmentu/w per no^^ri regiu/w... »
Nous parlerons plus loin de la première ligne qui est
en caractères allongés. Dans la seconde ligne on remar-
quera la forme de Va qui, sauf dans le mot Francoram^
est encore ouvert à sa partie supérieure. Les hastes des
lettres b^ d^ f^ l^ s s'élèvent très haut au dessus du corps
des autres lettres, mais elles n'ont pas d'ornements ; le
plus souvent, au contraire, dans les actes du xi® siècle,
ces hastes se terminent par des boucles plus ou moins
compliquées ; voyez ici pi. vu, n" 3. Le dernier jambage
de Y m est quelquefois replié sous la lettre et bouclé. Un
est ici de forme minuscule ; dans d'autres actes du
xi° siècle, il affecte la forme capitale, sans cependant
que ses proportions dépassent celles des autres lettres ;
il se compose donc de deux traits verticaux assez éloignés
l'un de l'autre, reliés par une longue barre transversale.
On remarquera la régularité des abréviations ; il n'en
94 PERIODE POST-CAROLINGIENNE
est pas une qu'on ne puisse résoudre avec la seule appli-
cation des règles exposées plus haut dans le chapitre II.
Sous le n® 3 de la pi. vu, nous donnons deux lignes
d'un diplôme de Philippe V^, de Tannée 1060, qui relate
une donation à l'abbaye de Saint-Denis [Rec. fac^s. Ecole
des Chartes y n® 40). Voici la lecture :
« ... (ligne 1) c\xm om/zi adjacenti causa vel apenditiis
quç ad eande/n villa/Tz pertinent quam in vadimonio tene-
bat (2), pr^tio scilicet Mbrarum sexaginta denariorM/w
parisiacensiu/72, donaremi/^, eo tenore eccXesidd Sancti
Dionisii {ratr'ihus^ue . »
Signalons Temploi dans adjacenti de l'N de forme
capitale. A ce propos nous ferons observer que dans les
actes du xi® siècle et du xii® siècle, les noms propres
sont souvent écrits, dans le corps même de l'acte, en
lettres capitales et onciales.
La plupart des diplômes royaux et des autres actes des
XI® et XII® siècles débutent par une ligne écrite en carac-
tères allongés, qui le plus souvent ne sont qu'une défor-
mation de la minuscule, comme dans l'exemple n? 1 de
la pi. VII, et quelquefois un mélange de capitales, d'on-
ciales et de minuscules. Cette ligne est souvent précédée
d'une invocation monogrammatique , c'est-à-dire d'un
chrismon plus ou moins déformé.
Au bas des actes sont écrits, sur une ou plusieurs
colonnes, plus rarement en pleines lignes, les noms des
témoins précédés d'un S barré, abréviation du mot
signum ; quelquefois aussi accompagnés d'aune croix auto-
graphe.
Voici un fac-similé de trois seings apposés au bas du
diplôme de Henri P' dont il a été déjà deux fois ques-
CHARTES DU XI* SIÈCLE 95
tion : (c Signum Hugonis Bardulfi. Signum Gausfridi filii
ejus. Signum Ursonis vicecomitis. »
Les signatures autographes sont rares au moyen âge,
avant le xiv* siècle. On peut cependant considérer comme
telles plusieurs souscriptions d'évêques, par exemple,
celles de Tévêque de Senlis et de Tévêque de Boissons,
apposées au bas d'un diplôme de Louis YI (1113), repro-
duit dans YAUum Paléographique publié par la Société
de r Ecole des Chartes (pi. 28-29).
Sous les n®' 4 et 5 de la pi. vii, nous donnons les
fac-similé de deux écritures empruntées à d'autres chan-
celleries que la chancellerie royale.
Le n® 4 reproduit deux lignes d'un acte de Richard II,
duc de Normandie, antérieur à 1024 (fac-similé, Musée
des Archives départementales^ n® 21, pi. xv). Je transcris
ici entre crochets la première ligne, afin de donner un
exemple des préambules en usage au xi* siècle :
«( [In nomine sancte et individuae Trinitatis. Scimus
96 PéRIODE POST-CAROUNGIBNNB
quia quicquid usibus servorum Dei impenditur] (ligne 1
du fac-s.) omnipotenti Domino erogatur et gratu/» est illi
sacrificium quod ofiertur in alimonia suorum pauperum.
Quamobrem ego (2) cornes Ricardus trado ecclesiam
villae quœ Ros dicitur in pago Bajoensi monasterio Sancti
Pétri et domni Audoeni ad »
Cette écriture a encore un aspect carolingien. L'appen-
dice qui surmonte le c devient rare dans la seconde moi-
tié du XI® siècle. On remarquera la forme de Vo allongé et
muni d'un petit crochet, comme aussi la façon dont il est
relié aux lettres qui le suivent. Nous trouvons ici l'occa-
sion de signaler la ligature d's et de t, presque constante
dans les documents des xi® et xii® siècles. De la même
manière sont liés c et t.
Le n^ 5 de la pi. vu donne les dernières lignes d'un
acte de foi et hommage prêtés , vers 1034 , par Roger P',
comte de Foix, à Pierre, évêque de Girone. Cet acte pré-
sente un mélange de latin et de langue romane. Ainsi,
dans les lignes qui suivent, nous trouvons les mots fidel
serai y a te ^ ingan (du latin ingenium^ tromperie). Même
quand les mots sont latins, la syntaxe est française.
(( (ligne 1) De ista ora in antea fidel serai ego Rotgarius,
filius Garsen, a te Pe-(2)-trone ei^iscopOy filio Adalaiz,
p^r recta/w fide/;i, sine ingan, sicut omo débet (3) esse ad
seniore/72 sxxxxm sine nulla tua deceptione me sciente. »
Au point de vue paléographique, on remarquera la
ligature et dans debety à la fin de la 2® ligne.
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Chartes
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du Xll Siècle
MANUSCRITS DU XII* SIÈCLE 97
XII* SIÈCLB.
§ 1. — Manuscrits,
Les manuscrits du xii* siècle sont généralement d'une
exécution plus soignée que ceux du siècle précédent. Les
lignes sont séparées par des intervalles réguliers. Les
lettres ont toutes la même hauteur. L'écriture est très
souvent assez grosse. Au xii* siècle apparaissent les pre-
miers exemples de l'écriture dite gothique ^ qui n'est
d'ailleurs qu'une modification de la minuscule Caroline.
C'est une minuscule où les courbes sont remplacées par
des angles.
Les manuscrits dont la date peut être déterminée avec
certitude deviennent plus nombreux à partir du xii® siècle.
Citons d'abord un psautier quadriparti, conservé à la
Bibliothèque nationale sous le n® 2195 des nouvelles
acquisitions latines, et écrit au monastère de Saint-Martin
de Tournai, en 1105, sur l'ordre de l'abbé Eudes. Dans
la longue souscription (fol. 118 v®) qui termine le volume,
le mot Turonensis a été substitué à Turnacensis. Mais les
nombreux synchronismes qui accompagnent l'année de
l'incarnation prouvent biea qu'il s'agit de Saint-Martin
de Tournai; au reste, les traces du grattage et la surcharge
sont visibles. Voici cette souscription si intéressante
pour l'histoire :
« Liber Sancti Martini Twr/iacensis cenobii. Si quis
hune librum de çcclesia Sancti Martini Turnacensis
7
98 PÉRIODfi POST-CÂROLINGIENNB
abstulerit vel auferri permiserit, anathema sit. Fiat. Fiat.
Amen. Amen.
Anno ab incarnatione Dominî millesimo centesima
quinto et a restauratione hujus cenobii quarto decimo^
scriptus est liber iste in hoc ipso cenobio a quodam fratre
monacho et subdiacono , precipiente viro venerandç
memoriç domno Odone primo monacho et primo abbate
hujus saneti cenobii. Qui venerandus abbas eodem
anno raptus ad episcopatum Cameracensis civitatis, non
sine damno totius nostrç congregationis nobis ablatus
est ; consecratusque est episcopus supradictç Caméra-
sensis civitatis a Manasse, Remensi metropolitano , et
septem comprovincialibus episcopis, anno dominiez incar-
nationis millesimo centesimo quinto, indictione tertia
décima , epacta III", sexto nonas Julii , die dominica ;
Roman<| urbis cathedrae présidente domno Paschali papa^
Francorum regnum gubernante rege Philippo. Nostrum
vero cenobium rexit annis XIIP^™ in quibus ita ei divina
gratia affuit ut cum ante ejus adventum per trecentos fere
annos nuUus in hoc loco monachus fuerit, infra XIP*°*
an nos non solum terras et mansiones et oflfîcinas et
quçque usibus servorum Dei sunt necessaria, verum
etiam plusquam LXX*' monachos omnipotenti Domino
regulariter servituros in hoc loco aggregaverit. »
Nous avons fait reproduire sur la pi. viii quelques
lignes du fol. 2 de ce manuscrit. En voici la transcrip-
tion :
« (ligï^c 1) esse communem. Valere te cupio in
Domino Jhesu et (2) meminisse mei.
Incipit qpisto\2i sancti Hieronimi preshyteri (3) ad Sun-
niam et Fretelam de verbis psalte-(4)-rii , quç de Septua-
ginta interpretum (5) editione corrupta sunt.
MANUSCRITS DU XII^ SIECLE 99
(6) Dilectissimis fratrihus Sunniç et Fretelae (7) et ceteris
qui vobiscum Domino serviunt, Hie-(8)-ronimus. Vere in
Yohis apo5foIicus et prophe-(9)-ticus sermo completus
est : in omnem terra/w exiit sonus (10) eorum et in fines
orbis terrç verba eorum, Quis hoc (11) crederet ut bar-
bara Getaru/w lingua hebraicam que-(12)-reret veritate/w
et dormientibu^, immo contendentibu^ (13) Grecis, ipsa
Germania Spiritus Sancti eloquia scrutaretMr?(l4) In veri-
tate cognovi qi/od non e^^ p^rsonaru/ra acceptor DeuSy
(15) sed in omni gente qui timet Deum. et operatur
D^i justi-(16)-tiam, acceptus e^^ illi. Dudum callosa
tenendo capulum (17) manus et digiti tractandis sagit-
tis aptiores, ad stilu/72 (18) calamu/Tzqu^ mollescunt, et
bellicosa pectora vertuntur (19) in mansuetudine/Tz chm-
riana/7z. Nunc etisaiae... »
Le titre, Incipit epistola jusqu'à corrupta sunt, est
rubrique, c'est-à-dire tracé à l'encre rouge. L'initiale D
est de même couleur.
Parmi les manuscrits à date certaine, indiquons encore,
d'après M. Delisle, le manuscrit latin 1873 de la Biblio-
thèque nationale qui se termine par une note portant
qu'il a été achevé le 6 juillet 1114 (Delisle, Cabinet des
manuscrits, pi. xxxv, n^ 2); un missel noté en neumes
à l'usage d'une église du diocèse de Cologne, écrit en
1133 (Bibl. nat., lat. 12055; Delisle, ouvr, cité, pi. xxxvi,
n® 1). On conserve à la Bibliothèque nationale, sous le
n® 10913 du fonds latin, l'exemplaire autographe de
l'Histoire ecclésiastique d'Orderic Vital (Galerie Maza-
rine, armoire XI, n® 180). Le passage dont M. Delisle a
donné un fac-similé dans le Cabinet des manuscrits,
pi. XXXVI, n®2, a été écrit en 1137. Ce n'est pas, d'ailleurs,
le seul exemple qui nous soit parvenu de l'écriture du
100 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNE
célèbre historien normand. M. Delisle a signalé [Biblio^
thèque de t Ecole des Chartes^ t. XXXIV, 1873, p. 267),
un manuscrit de Guillaume de Jumièges copié par Orde-
ric Vital.
Entre 1138 et 1143, se place une copie de la collection
canonique dite d'Isidore, écrite à Saint- Victor de Paris ;
les listes de papes et d'empereurs, transcrites en tète de
ce volume, permettent de fixer la date de son exécution.
/Bibl. nat., lat. 14314; Delisle, Cabinet des manuscrits ^
pi. XXXVI, n®* 3 à 5.) Le manuscrit latin 9688 de la Biblio-
thèque nationale, exposé dans la galerie Mazarine sous
le n® 182, est un Valère Maxime, copié à Provins, en
1167, par Guillaume l'Anglais , pour Henri, comte de
Champagne. La formule de souscription qui termine ce
volume est imitée des formules de l'antiquité : « Titulus
scriptoris. Féliciter emendavi, descriptum Pruvini, jussu
illustris comitis Henrici ; Willelmus Anglicus, anno incar-
nati Verbi MCLXVII, indictione XV. » (Delisle, Cabinet
des manuscrits y pi. xxxvii, n®' 5 et 6.)
Terminons cette revue par l'indication d'un manuscrit
de l'histoire scolastique de Pierre le Mangeur, copié en
1183 par Jean le Borgne, moine de Corbie (Bibl. nat., lat.
16943; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xxxviii, n®* 3
et 4), comme le prouve la souscription suivante (fol. 190
et dernier) : « Anno incarnati Verbi M** C** LXXX° IIP
scriptus est liber iste a Johanne Monoculo, quo rex Fran-
corum, Philippus, filius Hludovici régis, passus est horri-
bilem guerram a comité Flandrensi, Philippo, et comité
Theobaldo et cometissa Campaniensi et duce Burgun-
diensi et Stephano, comité Blesensi. Liber Sancti Pétri
Corbeiensis. Qui furatus fuerit, anathema sit. »
I
efftr <»mt«Mr- V*l*jfct- rtrcit^ jn im> Wft^:
tntmxm^tr inei. )n«i>tr «pf* sct httrommi Vf^l
*i ST»fi)i*ai * fmAiM} irturbiS pyAb»
^ II 'duff de riTnrAiJufta l u t tr^i ev u m
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1 . 1 WWwntf ^Uy <ki>nt^ * fteoeUe-''
* Mcenf «pittwl'iftS diû Çtrumm''htcr
iwirf ftmia c3 ptenif f ■ ] n «mtiê- -wni e»!%r fjntif
aifi-iib m ftnef erbtf wny uerii*. açS-.Q^if hoç
cndtrtv wr birbar». acwinl UhXUA^ htbrMOttti qwrr
itttr uaTEatr* dermiatab) «nra» cmofuimab}
JnuoTcTO cognoiu qj non f ofrium Aictoun-JS
fed m «mi ^kt tpt ttmer «Im * epentP ^luftt
TUni' Aaepttiff OU- J}«4i cilWiiencndi) c^lS
cAjimaq^i maUcfauw'il! tcUwKi f>e<!li>rx iwtTuin-
in naji(îi«mdinr jrtJtMÛ.- t-JWM er tfiiAe
>. ■■ ^1 . -.j ' i. ik^tei' .4, 1 k._<. >^..i a^^i;! t
Manuscrit
ttt- atftc». ex
[S de 1105 et 1183
MANUSCRITS DU XIl^ SIECLE 101
On trouvera ici sur la pi. viii, n® 2, quelques lignes
(fol. 160) de ce manuscrit. Voici la transcription :
« [disci]-(ligne l)-puli, donec clarificatus* est Jésus.
Quod gloriose (2) susceptus Dominus flevit sup^r civita-
tem. (3) Et cum appropinquaret Jesws ad des-(4)-censum
montis Oliveti, multi des-(5)-cendentium cum eo subster-
nebant (6} vestim^nta sua in via , alii cedebant ramos de
(7) arboribi/&* et sternebant in via. Turba aute/w (8) multa
quq veuéTat ad diem festum et pueri (9) et plebecula
Hierosolomoru/ra toUentes ramos oli-(10)-varum pr^ces-
serunt ei obviam. Et qui pn?oede-(ll)-bant et qui seque-
bantz^r, clamabant Osanna (12) filio David. Et e*^ Osanna
ebreum v^rbum composi-(13)-tum ex corrupto et inte-
gro. Osi enim sonat (14) salva vel salvifica; anna est
int^rjectio obsecran-(15)-tis, sicut pape ammirantis; quç
quia in la-(16)-tino eloquio non habete/r, pro ea posuit
Hieronimus (17) noster a obsecro ». Est Osanna quasi osi
anna, salva (18) obsecro, et est una dictio, ut diximus,
vel due (19) per elirim- prolate. Filio est uua dictio et
construetwr... »
La fin de la première ligne Quod gloriose et toute la
seconde ligne sont tracées à l'encre rouge. C'est en effet
le titre du chapitre CXVIII de la partie de VHistoria
scholastica intitulée Historia evangelica, La lettre ini-
tiale 6 est de couleur verte avec des ornements intérieurs
rouges et bleus.
1. Corrigez glorificatus.
2. Corrigez elipsim.
102
PERIODE POST-CAROLINGIENNE
Jj 2. — Chartes.
L'écriture des chartes du xii° siècle est très soignée;
elle est très élégante. Les abréviations sont régulières.
On peut dire que le xii* siècle est l'époque où Técriture
diplomatique atteignit son apogée. C'est aussi le siècle
où triomphe définitivement, dans toutes les chancelleries
européennes, la minuscule française.
Le premier exemple d'écriture donné sur la pi. ix, n® 1,
est emprunté à un diplôme de Louis VI, daté de Lorris ,
en Gâtinais, l'an 1124, et déjà reproduit dans le Musée
des Archives départementales^ n® 33, pi. xx. On ne trou-
vera sur notre planche que les trois premières lignes,
réduites aux | de l'original. Il nous semble utile de trans-
crire ici le diplôme tout entier. De cette façon, les étu-
diants se familiariseront avec les formules de chancellerie,
dont la connaissance leur rendra plus facile la lecture
des documents.
Les chiffres placés entre parenthèses indiquent les
numéros des lignes. Les lettres abrégées sont remplacées
par des italiques.
« (ligne 1). In nomine sanctç et individu^ Trinitatis,
ego Lucdovicus , Ddi isnsericordldi in regem (2) Francorum
sublimatus, notum fieri volo cunctis fidelibws tam futuris
qua/72 et instantibu^ qaod Joha/2/zes, ven^rabilis (3) D^i
gratia. Aurelianensium eipiscopus^ Stephanus, quoque
Sanctq Crucis decanws, et Archembaudus , subdecanus
et pr^positus, majestatis nostre pr^sen-(4)[-tiam humilit^r
CHARTES DU XIl" SIECLE 103
adiere , postulantes ut villa/w quç Villare Pium dicitur et
clausum vinearuw quod apud Cosnoniu/w situ//t est,
(5) quç ipsi capitulo Sanctq Crucis ad communes usus
capituli dederant et concesserant , nos quoqw^ eidem
capitulo jure p^rpetuo co»ce-(6)-deremus et quod ipsi
inde fecerant co«firmaremus. Nos wero digna/w eorum
pe[ti]tione/w repellere inàignum judicavimus (7) et pr^di-
ctum donu/72 et concessione/ra eorum volumus et appro-
bamus et regiç majestatis actoritate in p^rpetuum con-
(8)-firmamus , et brenagiu/w nostrum qi/od in pr^dicta villa
Villari Pio videlicet habebamus, pro peccatorum nostro^
Tum (9) remissione in p^rpetuum dimittimus, et eamdem
villam ita ab ovamhus consuetudinibi/^ et exactionibz^^
p^rpetuo libe-(10)-ram esse concedimus qz/od nos \e\
heredes no^^ri ve\ famuli v^l ministeriales no^^ri nichil
penitus ibi ampliz/5 ha-(ll)-beamu5 aut exigamus. Quod
ne valeat oblivione deleri scripto commendavimus et ne
possit a posteris (12) infirmari, sigilli no^^ri actoritate et
nomînis no^^ri karactere subterfirmavimus. (13). Actu/n
Lorriacî publiée, anno incarnati Verbi M® C*^ XX® IIIP,
regni nos^ri X® VIP. (14) Astantibus in palatio nostro
Huorum nominsi subtitulata sunt et signa. (15) Signum
Stephani dapiferi. Slgnum Gisleb^rti buticularii. Signum
Hugonis constabularii. Signum Alberici (16) chamerarii.
(17) Data p<?r manum Stephani cdince\\di'[monogramme)
-rii. »
[Place du sceau plaqué)
Au point de vue paléographique nous remarquerons
que la formule d'invocation est seule en caractères allon-
gés, et non plus toute la première ligne, comme au
XI® siècle. Mais, dans la suscription Ego Lucdovicus etc,
et dans le premier mot de la notification Notum^ les
104 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB
petites lettres capitales et onciales se mêlent à la minus*
cule. Signalons l'écartement du c et du f, celui de Vs et
du ty dans les groupes et et st, et aussi la façon dont les.
lettres c et tj s et t sont reliées l'une à l'autre par leur
sommet au moyen d'une ligne courbe. Les abréviations
sont conformes aux règles exposées. A la seconde ligne,
us dans fidelibus est abrégé par un point et virgule
tandis qu'à la troisième ligne la même terminaison
est figurée par le signe ^ dans le mot decanus. L'abrévia-
tion d'i/s par le point et virgule n'est employée généra-
lement qu'après \e b. Us après toute autre consonne
s'abrège par ^. Dans ce diplôme de Louis YI l'a? est
partout remplacé par un ç cédille.
La formule de soM^crv^tion Astantibus in palatio nostro^
qui précède les noms du sénéchal, du bouteiller, du con>
nétable et du chambrier, n'implique pas la présence au
palais de ces grands officiers ; on peut seulement en con-
clure que tels et tels étaient alors en fonctions.
La chancellerie romaine est assurément, parmi les chan-
celleries européennes, celle d'où sont sortis, au xii® siècle,,
les plus beaux modèles d'écriture minuscule. Les docu-
ments émanés du Saint Siège sont si nombreux dans les
archives de France qu'il est indispensable d'en dire
quelques mots.
On trouvera dans le Recueil de fac-similés à V usage de
r Ecole des Chartes, sous le n® 116, un bel exemple
d'écriture pontificale. C'est le fac-similé d'une lettre
d'Eugène III, donnée au Latran, le 8 janvier, entre les
années 1146 et 1153. Le Pape notifie à Thibaud, évêque
de Paris, la sentence rendue par la cour de Rome dans
un procès qui s'était élevé entre ledit évêque et les cha-
CHARTES DU XIl^ SIECLE 10&
noines de Sainte-Geneviève au sujet de leurs droits res-
pectifs sur la paroisse de Saint- Jean en Grève. En voici la
transcription :
« (ligne 1) Eugenius, episcopusy servus servorw/w Dei,
venerabili fratri Tebaldo , Parisiensi episcopo , saluiem et
apo^^olicam benedictionem. Ne oblivionis obscuritas "per
dissu-(2)-etudinem humanis mentibus ingeratur, quod su-
p<?rcausar£//nlitigiisjudicatu//zfueritvel decisu/n scripturç
dehet memoriç commendari, ut per (3) hoc secutura pos-
teritas habeat quid futuris temporibus evidentdr agnoscat.
Qualiter igitur controversia , que inter te ac filios nostros
canonicos Sanciq (4) Genovef(ç sup^r parrochia ecclesii^
Sancti Johannis agitabatur, in uostrsi fuerit pr^sentia
t^rminata, presentis scripti seriç precepimus annotari.
Asserebas siquid^/Ti (5) tu, frat<?r episcope, (^uoniaïn jus
quod habebas in eadem parrochia predicti fra^res tibi
nullo modo exsolvebant, et cum constaret quod ad te
parrochia (6) pertineret, sacerdotew qui eidem parrochia
sp£'ràualia ministraret, curam animar um a te debere sus-
cipere affirmabas; dicebas enim quia (7) si qui erant in
eadem parrochia ligandi vel solvendi , presbyter qui pro
tempore eand^m parrochia//z gub^rnabat ad tuum manda*
Xum ligabat vei solvebat. Sponsas (8) quoqtt^ benedicendas
benedictione/72 {sic), mulieres de partu surgentes purifica-
tione/n {sic), et qui ap^rtis criminalibu^ tenebantar in
eccl<?s/a matrice penite/i-(9)-tiam p^rcip^re asserebas. Cano-
nici aute/72, que a te asserebantt^r non negantes, dicebant
qi/od servitores canonicor£//72 qui in eadem parrochia con-
(lO)-sistebant per canonicos et non a Parisiensi episcopo
solvi consueverant vel ligari, et presbyter qui in eadem
eccl^^ta ministrabat, a XL annis rétro (11) et ante, a
decano Sanete Genovefe et non ab episcopo curam anima-
106 PÉRIODE POST-GAROLINGIENNB
Tum suscep^rat. Nos igitur sup^r hoc tam tuas qua/7i pre-
dictoru/Ti fra^rum rationes (12) plenarie cognoscentes,
(ratrum. nostrorum comunicBto consilio, judicavimi/s quoi.
sacerdos qui debebit eid^m parrochie deservire, sive sit
regularis cano-(13)-nicus sive non, a te, frater e-piscopCy
curam a/iimari/m suscipiat et supradictos parrochianos ad
mandatu/72 tuum liget et solvat. Si vero tu in ali-(14)
-que/71 ejusdd/71 parrochiç vel in omnes excom/Tiumcationis
\e\ interdicti sententiam, émergente causa, promulgavms,
sacerdos, donec ipsa senten-(15)-tia relaxetur, nec excom-
/7i£//ticatis nec int^rdictis divina officia celebrabit. Bene-
dictiones sponsarf//72, purificationes de partu surgentium,
(16) publicas penitentias idem sacerdos non usurpabit.
Porro si predictç capellç sacerdos talis aliquando rep^rtus
fuerit qui divina (17) ministrare non debeat, tu illud
abbati et fr^fribus suis nuntiare debebis et illi, veritate
cognita, eo amoto aliu/n tibi présentent, (18) cui a/iima-
Tum cura/n coz/imittas; qui iamen presbyter tibi nec cir-
catam nec synodaticu/w solvet. Nulli ergo ho/wiwum liceat
hanc nostrq diffinitionis (19) pagina/w temerario ausu
infringere, seu quibuslib^?^ p(?rturbare molestiis. Si quis
aiutem id temere atte/wptare presu/wpserit in-(20)-dignatio-
ne/w ommpotentis Dei et heatorum Pétri et Pauli aposto-
loTum ejus incurrat. Datw/w Laterani, VI idus januarii. »
Le document qui précède est ce que les diplomatistes
appellent une petite bulle. Le nom de bulles donné aux
lettres émanées de la chancellerie romaine vient de ce
qu'elles étaient scellées d'un sceau de plomb nommé
bulla et suspendu soit par des cordelettes de chanvre,
soit par des lacs de soie.
On distingue les grandes bulles et les petites bulles. La
grande bulle ou prwilegium difiere de celle dont nous
CHARTES DU XII® SIÈCLE 107
venons de transcrire le texte en ce que la suscription,
c'est-à-dire la formule iV. episcopus servus servorum Deiy
«t l'adresse sont suivies des mots in perpetuum.
De plus, au bas de la grande bulle se lisent les souscrip-
tions du pape et des cardinaux , le monogramme de Bene
ValetCy et la rota^ sorte de roue qui renferme les noms
des apôtres Pierre et Paul , le nom et la devise du Pape.
C'est à tort que certains éditeurs ont publié sous le
nom de brefs des petites bulles du xiii® siècle. Le bref n'a
apparu que sous Eugène IV. On reconnaît le bref à la
suscription où le pape prend le titre de papa, par exem-
ple : Eugenius papa quartusy et à la date qui comprend :
le nom du lieu où la lettre a été expédiée, l'annonce
qu'elle est donnée sous l'anneau du pêcheur, sub annulo
pjscatoris (cachet de cire rouge représentant saint Pierre
dans sa barque), le jour du mois exprimé par le quantième.
Tannée de l'incarnation et celle du pontificat.
Au xiu® siècle, la date des petites bulles est plus com-
plète que dans la lettre d'Eugène III transcrite ici. L'année
du pontificat y figure de la façon suivante : pontificatus
nostri anno tali. Mais le jour du mois est toujours indiqué
dans les bulles à la façon romaine, c'est-a-dire par les
calendes, les ides et les nones.
Le calendrier romain fut aussi le plus employé dans les
chartes rédigées en France jusque vers 1180. Des
erreurs se produisent si fréquemment dans la traduction
des dates qu'il nous paraît utile de donner quelques
moyens pratiques pour les ramener au calendrier mo-
derne. Le jour des calendes, kalendis, correspond au
premier jour du mois. Le second jour des calendes,
secundo kalendas (qui s'appelle encore la veille, pridie
108 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNB
kalendarum)y et tous les autres jours des calendes^
tombent donc dans le mois précédent. Ainsi, les calendes
de mai sont le Y^^ mai ; le second jour des calendes de
mai correspond au 30 avril, le troisième jour des mêmes
calendes au 29 avril et ainsi de suite. M. Léon Gautier
enseigne dans son cours un procédé rapide pour trouver
la concordance entre les jours des calendes et ceux des
mois actuels.
Supposons qu'on veuille ramener au calendrier actuel
la date suivante : le M des calendes de septembre. On
ajoute 2 au chiffre des jours du mois précédent, ce qui
donne ici 33. De ce nombre on soustrait le chiffre des
calendes; la différence est le quantième cherché. Le 17
des calendes de septembre correspond au 16 août.
Le jour des ides, idibus^ idubus, tombe le 15 pendant
les mois de mars, mai, juillet et octobre, et le 13 pen-
dant les huit autres mois. Comme pour les calendes, les
huit jours d'ides se comptent en arrière et la veille des
ides s'appelle aussi secundo idus.
Le neuvième jour avant les ides s'appelle les nones,
nonis. Dans les mois de mars, mai, juillet et octobre le
jour des nones tombe le 7, et dans les autres mois le 5.
Les jours des nones vont aussi en rétrogradant ; et la
veille des nones est souvent désignée par secundo nonas.
Le second exemple d'écriture donné sur notre plan-
che IX est emprunté à un diplôme de Louis VII , daté de
Senlis, en 1175, et dont on trouvera le fac-similé complet
sur la planche 74 du Recueil de fac-similés à F usage de
r Ecole des Chartes, Notre fac-similé est réduit de|. Voici
la transcription des deux premières lignes :
« (ligne 1) In nomine sancte et individue Trinitatis.
e
CHARTES DU Xir SIECLE
109
Amen. LudovicM« D^i gratis Francoraw rex. Notum faci-
mus (2) univéT'sis presentibws ac futuris quod WiUermus
de Merloto et socii sui de terra Domni Martini partiarii. .. »
La diphtongue a? dans le diplôme de Louis VI transcrit
plus haut était remplacée par un ^ cédille ; ici la cédille a
disparu; Ve simple remplace Ta?. On remarquera encore
les accents sur les ii de partiarii. L'usage d'accentuer
deux ii qui se suivent n'est pas antérieur au xii® siècle.
Notre planche ix oflFre, sous le n® 3, le fac-similé, réduit
de moitié, des premières lignes d'une charte de 1178
qu'on trouvera intégralement reproduite dans le Recueil
de fac-similés à F usage de t Ecole des Chartes ^ pi. 128.
C'est une reconnaissance par Garnier du Verdier, Ebe,
son frère, Marguerite, femme de Guillaume de la Ferté,
«et d'autres ayants droit, de la concession faite par eux à
la maison du Temple de Lormeteaux (Indre), de terres
sises entre Ménétréol et Dion. Voici la transcription :
Cl : RO : GRA : phvm
« (ligne 1) Notu/w sit omnihus ta/w futuris qwa//2 pr^senti-
hus qi/od GarnerÎMs do Verdier <?^ Ebo, {rater eJM5, et cet^ri
huic co/icessio-(2)-ni ta/w masc^^lini ^enus qwaw feminini
p^rtine/ites co/icedunt iratTihus T^/wpli terrsLm quam
habeni inier Munesterol et Vou ce/zsualem in elemosina/n
(3) ad IP' modios reddewdos in festivitate sancti Michae-
Iw, unum modiu/n frume/iti, Rlium ordei, ad mensursim
castri Vastigni. Dowma Margarita, uxor(4) Guill^/mi de la
Ferté, co/icedit partew suam ad prénom inatu/ra censum.
Hoc testantwr amici e'yis : Forestarias de Villa petra,
clie/is eJM5, Emenons do Terrai, Ar-(5)-dreMs, cognata^
e']us; altéra parte, Petrus de Mazeres et uxor ejws et &\ius
e\us Ebonet conceduni hoc factum. Odo de Valentiaco,
110 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNS
Bartolomei/« Guib^rt, Gauterius do (6) Verdier vid^runt
hoc et audieru/2/ et testantur. Gaufridu^ de Bauvier et
filii/5 eiusy Gaufridzi^ co/icedu/it Yioc factum. Bartholo-
meus de Marsent, Terricw* de Bauge/zci fue[runt] »
La charte qui précède est une charte partie.
Quand il était nécessaire de remettre à chacune des par-
ties qui intervenaient dans un acte , spécialement un con*
trat, un exemplaire de cet acte, on le transcrivait plusieurs
fois sur un même morceau de parchemin en ayant soin
de tracer des lettres majuscules entre chacune des expé-
ditions ; celles-ci étaient ensuite découpées de façon à ce
qu'il restât sur les unes et les autres des fragments de ces
lettres majuscules. En somme, c'est le procédé encore
employé de nos jours dans les registres à souches des
administrations financières. Ordinairement on ne faisait
que deux expéditions. L'acte dont nous avons reproduit
un fragment avait été rédigé en quatre exemplaires, séparés
par une croix, sur les branches de laquelle était écrit
quatre fois le mot cirographum. C'est le mot qui apparaît
le plus fréquemment sur les chartes parties , d'où le nom
de cirographes que leur donnent certains diplomatistes.
Souvent aussi l'on se contentait d'écrire les lettres de
l'alphabet, A, B, C, D, E, etc. On trouve encore une brève
analyse de l'acte sur une charte partie de 1174, portant
règlement d'un différend survenu entre deux abbayes;
on lit en lettres alternativement rouges et noires cette
curieuse légende :
AVGVSTINVS BENEDICTVS KARTAM CONFIRMANT.
Les chartes parties ont été employées au xi® siècle et
surtout au xii* siècle. Cet usage paraît remonter au
moins à la fin du x® siècle. Ainsi l'historien Richer (lib.
If
;. 1 )
Chartes de 112
;-«)fphKrpi a^vn «mil «J
12*, II75 et II78
MANUSCRITS DU XIU^ SIECLE 111
IV, c. 29) raconte que Hugues Capet demanda à Arnoul ,
archevêque de Reims , de lui prêter serment et de consi-
gner ce serment dans un acte (cirographum) fait en deux
exemplaires : « quod etiam bipertitum fieri placet ; alte-
rum mihi, sibi alterum concedatur. »
XIII^ SIECLE.
§ 1. — Manuscrits.
Avant le xm® siècle, Tart de l'écriture était essentiel-
lement monastique. Il semble qu'à partir du xiii^ siècle,
par suite de l'extension que prit alors l'enseignement des
Universités, la pratique de l'écriture se soit répandue
dans tout le clergé et même parmi les laies. En tout
cas, le xiii® siècle nous a laissé un nombre de manuscrits
beaucoup plus considérable que les siècles précédents.
Nous trouvons une autre preuve de la diffusion de l'art
d'écrire dans la variété infinie des écritures qui com-
mencent à prendre un caractère personnel.
Deux sortes d'écritures ont été en usage dans les
manuscrits du xiii® siècle; d'abord, une écriture minus-
cule, tantôt rappelant l'écriture du xii* siècle, avec des
formes rondes, tantôt au contraire g^o^A/yw^, c'est-à-dire
avec des formes anguleuses. Dans la première moitié du
xiii^ siècle, on emploie plus volontiers une petite minus-
cule aux formes rondes et élégantes ; après le règne de
/.
114 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE
du xiri® siècle. Nous en prendrons donc occasion pour
donner le moyen de ramener de pareilles dates au calen-
drier moderne. En tête de VArt de vérifier les dates se
trouve un catalogue des saints, avec Tindication du jour
de leurs fêtes. Il est donc facile de savoir que la saint
Barnabe tombe le 11 juin. Le calendrier général de VArt
de vérifier les dates nous apprend ensuite que la lettre
dominicale qui répond à l'année 1282 est la lettre D ; si
nous nous reportons au calendrier spécial de cette lettre
nous trouverons qu'en 1282, le 11 juin, jour de la saint
Barnabe, était un jeudi, et que par suite le vendredi avant
la saint Barnabe 1282 correspond au 5 juin 1282.
On trouvera les noms latins et français par lesquels
on désignait, au moyen âge, les principales fêtes de Tan-
née, soit dans le Glossaire des dates inséré dans VArt de
vérifier les dates, soit dans le Glossaire des dates de
M. de Mas-Latrie, dans le Cabinet historique^ nouvelle
série, t. II (1883), pp. 44, 137 et 231.
Citons encore comme livres datés, du xiii® siècle :
un manuscrit de la Somme le Roi, copié en 1294 (Bibl.
nat., fr. 938; Delisle, Cabinet des manuscrits, pi. xlii,
n^ 4); un exemplaire du dictionnaire latin d'Uguccio de
Pise, copié à Bolbec en 1298 (Bibl. nat., lat. 16678;
Delisle, ouvr, cité, pi. xlii, n® 6).
Comme exemples d'écriture des manuscrits au xiii® siè-
cle, nous donnons sur la planche x deux fac-similé. Le
premier est tiré d'un manuscrit du Grécisme glosé
d'Evrard de Béthune, ouvrage en vers latins sur les
lettres de l'alphabet, les figures et les huit parties du
discours, composé en 1212. La dernière édition a été
donnée par le docteur J. Wrobel : Eberhardi Bethuniensis
MANUSCRITS DU XIII* SIÈCLE U^
Graecismus ad fidem librorum manuscriptorum récent
suit.,. D'' Joh. Wrobel, Wratislaw, 1887, in-8. Cette édi-
tion ne renferme pas les gloses ou notes marginales dont
le texte est accompagné dans la plupart des manuscrits. Le
manuscrit, dont nous donnons un fragment, est conservé
à la Bibliothèque nationale sous le n^ 15133 du fonds
latin. Il provient de Tabbaye de Saint- Victor de Paris qui
a fourni à la Bibliothèque nationale 1268 manuscrits.
Il a été écrit en mai 1270, comme en témoignent les
quatre vers suivants écrits à la fin du volume (fol. 143) :
Scriptorem si quis verbis reprobarit inîquîs ,
Cerberus in Baratro flumine mergat atro.
Anne mîlleno cum quodam septuageno
Et bis centeno maio liber hic sit ameno.
Voici la transcription des quelques lignes du folio 40
reproduites sur notre planche.
« (ligne 1) Quartaqu^ vocalis otho (2) sit ab hoc othomega
Est (3) homos humi/s, hinc venit homoXenus.
(4) Est ([uoque succz^^ opos et ab hoc opobalsama dicas.
(5) Est orthos r^ctu/w, orthographia sit hi/ic.
(6) Est opos visus , inde piropi^^ erit.
(7) Est odos ca/ttus, comedia àicitur inde. »
Gloses interlinéaires.
Au dessus de la première ligne :
« scilicet o.
o lungum ab otho quod est o et mega lungum quasi o
lungum. )>
116 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB
Au dessus de la troisième ligne :
« grece.
l2Liine
ris inclita ve\ res vel res ioclita usque ad humu//?
ûexiis ve\ quasi tenus humum. »
Au dessus de la quatrième ligne :
« similiter
latine
grece
ungue/ita pr^ciosa de cortice balsami fac^a. »
Au dessus de la cinquième ligne :
« grece
\2Xine
-cars principahs gramatices
ve\ probat. [Glose postérieure,) »
Au dessus de la sixième ligne :
a grece
\diXine
lapw pr^ciosus igneî coloris. »
Au dessus de la septième ligîie :
« grece
\2iXine
cdjiius villani^^ a comos villa et odos cdinXus. »
Au dessous de la septième ligne :
« grece
\2LXine
ve\ dicitwr. [Glose postérieure.)
ista àictio ab hoc gr^co. »
kl !
K'r«:\
K
u
w
MANUSCRITS DU XIII® SIÈCLE 117
Gloses marginales.
Marge de gauche :
(c Est opos. PiropM5 àicitur lapis pr^ciosus et àicitur a
pir c^uod est ignis et opos visio, ve\ visu5, quasi lape^
ignei coloris çel rubei.
On quoque. Om/zis dicitur ab od quod est toium quia
^?o/wpr^hendit totum, ut habeiur in comediis Therencii.
At totUTW. Oholus dicitur ab olon totu/w quasi contrs.
suum totnm quia ad simzlitudi/zem tocius denarii factus
est, as est vero semicircalï/s id est medietas denarii ut
de st^rliwc dwisio per mediu/n, etc.
Osti/w equale. Hostis dicitur,.. »
Marge de droite :
« Est odos. Comedia dicitur sl comos quod est villa et
odos csintus quasi canitus factus de comestionibz^^ rusti-
cor um, etc.
Orna tibi. Omentnm dicitur bodellz/^ gaïlice boiau ifel
tripe et dicitur ab oma quod est odor çel dicitur i/itesti-
num quod quemdarn fetorem emittit maximum, unde Luca-
nus : Nm/ic jferduntque suas omenisi latebras. »
La lettre ornée Q est tracée en rouge et bleu. Les
signes de paragraphes qui précèdent les gloses sont
alternativement rouges et bleus. Cette alternance, qu'on
retrouve dans les antennes ou petits traits contournés
qui servent à Tornementation des lettres, indique ordi-
nairement un manuscrit du xiii® siècle.
Le manuscrit de la Somme le Roi, copié en 1294 par
<( Perinz de Falons » et dont il a été question plus haut
(p. 114), nous fournit (fol. 4) le n® 2 de la pi. x.
118 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNB
« (ligne 1) et cele puet estre Tînobeissance que ele est
enpechié mor-(2)-tel. Li quinz co/zmandemanz est telx : tu
n'ocirras (3) nelui. Cest co/zniandemanz deveez que li uns
n'o-(4)-cie l'autre por voingence ne por son avoir ou por
au-(5)-tre mavaise raison ; quar c'est péchiez mortelz ; mes
(6) ocierre les maufeiteurs por justice feire à garder ou
par »
La lettre initiale L du paragraphe relatif au cinquième
commandement est bleue avec ornements rouges.
§2. — Chartes.
Le fac-similé n® 1 de la pi. xi est emprunté à l'atlas du
Musée des Archhes départementales. Ce sont les premières
lignes d'une charte de mars 1219, relataot la donation
faite par Baudouin, sire de Cuincy (aujourd'hui dans le
département du Nord, arrondissement et canton de
Douai), à son neveu Baudouin de Lauwin, de tout ce
qu'il possédait au vivier et au moulin d'Esquerchin. Cet
acte est en français. La plus ancienne charte, rédigée en
français, que l'on ait jusqu'ici signalée, est une charte de
Douai, datée de février 1204, et reproduite en hélio-
gravure dans le Musée des Archives départementales^
pi. XXVIII, n® 58.
Voici la transcription de la charte que nous donnons
sur la planche xi , n^ 1 :
« (ligne 1) Ce sacent cil [ki] or sunt et ki a venir suwt
ke jo Bauduins, sire de (2) Qwinci, ai donei a Baudz/m de
1^1 l^iîil
o
\/
CHARTES DU Xlll® SIÈCLE il9
Lauwio , mon neveu, qaanke jo ai el vivier (3) et el
molin d'Eskerchin, en totes ap^rtena/ices en Tacroise-
ment de sen fief (4) por son service et por co ke jo le
cuic bien enpioieir. Là fu Gerars »
Nous tirons du Recueil de fac-similés à V usage de
FEcole des Chartes^ n® 184, la charte reproduite au
dessous de la précédente, pi. xi, n® 2; elle appartient au
centre de la France. C'est une lettre par laquelle le curé
de Corbreuse (Seine-et-Oise , canton de Dourdan) informe
l'abbé et le prieur de Sainte-Geneviève et le doyen de
Saint-Marcel de Paris, juges délégués par le Saint-Siège,
que, suivant l'ordre qu'ils lui ont donné, il a publié dans
son église la sentence arbitrale qui avait terminé un pro-
cès entre le chapitre de Notre-Dame de Paris, d'une part,
Gui de Montfort et H. , trésorier de Beauvais, d'autre part.
Cette lettre est datée, suivant le mode le plus fréquem-
ment employé au xiii® siècle, de Tan de grâce 1224, le
dimanche après la fête de sainte Luce. Nous avons expli-
qué plus haut (p. 114) le moyen de ramener ces sortes de
dates au calendrier moderne. L'église célèbre la fête de
sainte Luce le 13 décembre. En 1224, c'était un vendredi ;
le dimanche qui suit est donc le 15.
« (ligne 1) Viris ven^rabiliba^ et discretis abbati et
priori Sancte Genovefe et M., decano Sancti Marcelli
Parisiewsibws, (2) judicibi^^ a domino papa delegatis,
^reshyter de Corborosa ssHuiem^ reyerenciam ethonorem.
Novdrit discrecib (3) vestra quod ego, ad ma/idatu/w
yestrum, ordinac/one/w et sentenciam arbitrii qwa/w pro-
tulerw/it ven^rabiles viri E., (4) decanus, N., cantor, P.,
succe/itor Parisienses, in causa que weriehatur in t^rcapt-
tulum Béate Marie Parisiens/^ (5) ex una parte, et nobi-
120 PERIODE POST-CAROLINGiBNNB
les viros Guidonem de Mo/iteforti, milite/n, et H., thesau-
rariu//2 Belvacense/Tt (6) ex altéra, in ecclesisi mea de
Corborosa nu/iciavi et publicavi sicut in litt^ris vestris
vidi co/itineri. Actum (7) anno gracie millesimo CC* vices-
simo IIIP, die dominica. proxima post (esium sancte
Lucie. Valete (8) in Domino. »
On remarquera dans cette charte Torthographe des
mots reverenciam , discrecio , ordinacionem , sentenciam ,
etc. A partir du xiii® siècle le c se substitue au t dans les
terminaisons latines en tio et tia et dans les terminaisons
françaises en tion. On écrit reverenctUy discrecio^ considé-
racion, et non pas reoerentia^ discretio^ considération.
D'ailleurs le c et le ^, dans récriture minuscule, tendent
à se confondre par leur forme ; et dans un grand nombre
de manuscrits, du xiii® au xvi® siècle, il est impossible de
les distinguer.
On trouvera sur la pi. xii, n* 1, quelques lignes d'une
charte gasconne de Bordeaux, reproduite dans le Musée
des Arclwes départementales^ n® 70 (pi. xxix). Ce docu-
ment est ainsi daté : « Actum YIIII die exitus Augusti,
anno Domini M^ CC^ XXX* VIP. » Cette façon de dater
par Y exitus du mois, c'est-à-dire de compter les jours en
arrière à partir du dernier jour du mois, est propre au
Midi de la France. Le 9^ jour à Vissir du mois d'août est
le 23 août.
(( (ligne 1) Conoguda cauza sia f{ue W. deu Mur vendo
e quite an B. de Mollarin e asson ordeinh aqti^d sou de
Sent Martin [de Mont] (2) Judec, lo quaus es entreu sou
en P. de Lengon d'una part, eu sou Rogeir Comte
d'autra, e det li per C soi* de peitap//i« e [de ^ovàales]
(3) deus eau s reconogo ({ue era ben pagat deu tôt. E lo
CHARTES DU XIII® SIÈCLE 121
medihs W. deu Mur con\ingo ne portar bona e ferma
gua[re«tia an] (4) B. de Mollari/i e asson ordeinh de totz
«nparadors qui arre li pogossan dema/zdar francam<?/it en
alo. E queslB. venda fo fe[ita ab] (5) voluntat e ab autrei
de na Flandrina , molher deu deu devant deit en W. deu
Mur, la caus i quite oscle e marid[atge] (6) si li ave,
aichi que meis en negun tems arre no i demandera ni
demandar no i fara ab dreit escriut, seglar ni de »
Le document dont on trouvera quelques lignes au
dessous du précédent (pi. xii, n® 2) ne lui est pas très posté-
rieur (1241), mais il appartient à une région très différente.
C'est en eflFet le testament de Marie de Chimay, femme
de Jean II, comte de Soissons. Il est reproduit intégra-
lement dans le Musée des Archwes départementales y
pi. XXXI, n® 75. Sa date demande quelques explications :
« Ce fu fait l'an nostre Signor mil CC et XL, le mecresdi
devant Pasques florie, à mienuit, au Tour. » Le Thour
•est aujourd'hui une commune du département des Ar-
dennes, canton d'Asfeld. Bien que ce document porte la
date de 1240, nous devons inscrire en tête le millésime
de 1241. En effet, Tusage général en France, au
xm* siècle, était de commencer Tannée le jour de
Pâques. C'était ce qu'on appelait le mode français, mos
gallicanus. On en trouve des exemples, dès le xi® siècle.
Au XII® siècle c'était la manière de compter les années la
plus employée dans le Centre de la France, aussi bien
par les chroniqueurs que par les notaires des chancel-
leries. Ainsi Clarius, chroniqueur sénonais du xii® siècle,
parlant d'un événement qui survint en 1113, le septième
jour des ides de mars (9 mars), dit qu'il arriva à la fin de
Tannée; c'était donc, en nouveau style, le 9 mars 1114.
Voici le titre d'un compte du xiv® siècle, qui n'est intelli-
122 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE
gible que si Ton place à Pâques le commencement de
Tannée : « Compte de nous Jehan, conte de Sancerre. ..,
depuis le premier jour de mars l'an mil CCCLXX jusques
au premier jour de juiog ensuivant mil CCCLXXI — , du
dit premier jours de mars jusques au dit premier jour de
juing ensuivant, qui font III mois, » Cet usage de com-
mencer Tannée à Pâques dura, en France, jusqu'à la pro-
mulgation, par Charles IX, de Tédit de janvier 156^
(vieux style), dont le 39* article ordonnait de dater tout
les actes en commençant Tannée au premier janvier. Cet
édit fut confirmé par la déclaration royale donnée à Rous-
sillon en Dauphiné, le 4 août 1564.
Ainsi, pour établir la concordance entre les années de
Tincarnation telles qu'elles sont indiquées dans les chartes
françaises depuis le xiii® siècle jusqu'en 1565, et ces
mêmes années, telles qu'elles sont marquées dans les
actes depuis Tédit de Roussillon, il suffit d'examiner si
Tacte a été donné avant ou après Pâques. On ne doit pas
oublier que Pâques tombe toujours entre le 22 mars et le
25 avril. Si la date est antérieure au 22 mars, il suffit
d'ajouter 1 à Tannée indiquée dans la charte; un docu-
ment daté de janvier ou février 1230 est en nouveau style
de janvier ou février 1231. Si la date est postérieure au
25 avril, elle doit être laissée telle qu'elle figure dans la
charte. Si, enfin, la charte a été donnée entre le 22 mars
et le 25 avril, il faut chercher, dans le calendrier de VArt
de vérifier les dateSy la date de Pâques dans les deux
années entre lesquelles on peut hésiter. Il y a un certain
nombre de cas où la question reste nécessairement
indécise.
Dans beaucoup de chancelleries méridionales, et spécia-
lenent dans celles du Quercy, du Limousin, du Périgord,
GHARTBS DU XIII® SIÈCLE 12Î
Tannée commençait le jour de l'Annonciation, c'est-à--
dire le 25 mars.
Dans les pays d'empire, le commencement de l'année
était généralement fixé au 25 décembre; cette règle
souffre des exceptions; car au xii® siècle, en Provence ^
Tannée commençait au 25 mars.
Pour revenir au testament de Marie de Chimay, il est
daté de 1240, le mercredi avant Pâques fleuries, c'est-
à-dire avant le dimanche des Rameaux. Il est donc, en
nouveau style, de Tannée 1241. En cette année-là Pâques
fut le 31 mars, et le dimanche des Rameaux, le 24 mars;
le mercredi avant le dimanche était donc le 20 mars.
Voici la transcription des lignes du testament que nous
reproduisons à la pi. xii, n* 2 :
« (ligne 1) In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti ,
amen. Ci comence li testamens de ma dame Marie ^
contesse (2) de Soissons , dame der Tour et de Cymai , a
sa dariene volenté. Je Marie devant dite ai otroié (3) à la
povre maison de Tostelerie der Tour, ma maison der Tour
qu'on apele ma bercherie, qui (4) siet à la porte à Milon
et mes berbis et mes vaches fors la laine de ouan qui
vient, par (5) tel covent qu'il overont par mon signor;
§ à l'église der Tour mon pinne de or; § à la chape-(6)
-lerie de ma maison der Tour, que je ai otroié à Robert,
mon clerc, XII livrée de (7) t^rre a parisis a tous jors;
§ à l'église de la Vauleroi III mois de forment, où je
penrai (8) ma sepouture; § à Signi, II mois de forment;
et cest aumosne de la Vauleroi et de Signi (9) om penra à
la rente de Hanoingne à tous jors ; § à Vaucler, II mois de
soile à penre des VI... »
Au point de vue paléographique on remarquera dans
124 PÉRIODE POST-CAROL1N61BNNB
la charte qui précède une tendance à distinguer, au
moins au commencement des mots, Vu consonne de Vu
voyelle. Ainsi, Ton trouve, a la 2" ligne i^olenté, à la
4^ ligne, vient -^ mais aussi, à la 4^ ligne, uaches. De
plus, le trait horizontal placé au dessous d'un mot pour
en marquer Tabréviation, consiste quelquefois en un trait
qui, partant du pied ou de la tête de la dernière lettre, se
recourbe au dessus du mot, comme dans les mots spiritus
^ancti à la \J^ ligne. Ce procédé, qui est encore au
XI 11^ siècle une exception, se généralise et s'accentue au
XIV® siècle, de façon à devenir la règle dans les chartes
du xv® siècle.
Sous le n^ 1 de la planche xiii sont reproduites six
lignes d'une charte de janvier 1245 (1246, n. st.), rédi-
gée en langue provençale. C'est un accord intervenu
«ntre J. Arnaud et W. de Villaivenc pour la conversion
en un cens en argent d*une redevance en nature due par
un étal de boucherie tenu par ledit J. Arnaud dudit
W. de Villaivenc ; l'acte original porte le sceau de Tab-
baye de Saint-Martial de Limoges. Le fac-simile entier
de cette charte a été donné dans le Recueil de fac^
similés à T usage de l'Ecole des Chartes^ n® 149.
« (ligne 1) Conoguda chausa sia qa^, per II tortas de
ceu, redens ad (2) la S. Marsal, e p^r YI denairadas de
charn r^diens ad la (3) veilla de Pasqes, qw^ J. Arnaus lo
mazelliers, lo frair (4) Math^a Arnau, dévia ad W. de
Villaivenc, au fil P. de Villai-(5)-venc, de son baux qui es
jost au baux Guio Boti, fuz chauza (6) adcordada p^r
ambas las partidas o^ue J. Arnaus o sil qui seran... »
Nous empruntons au Musée des Archives départemen*'
taleSy n* 79, pi. xxxvi, les sept lignes reproduites sur
^ IIP
Pi
CHARTES DU XIII® SIECLE 125
la planche xiii, n® 2. C'est la minute d'ua contrat de
nolissement rédigé à Marseille le 27 mars 1248.
« (ligne 1) VI kalendas aprih's. Ego Filionws de Finari,
bona fide et sin^ omni dolo, loco seu nauleio tibi Wi7-
lelmo Bla/ïco de Areis (2) quAndam galea/w meam que
Aicitur Negreta, ad naviganduw de Massih'â^ apwd Sardi-
neam, apzid TurTQm ye\ \xb\Qumque major pars m^rcato-
Yum co«cordav^rit, et ad porta/iduw \ibï in (3) d/c^a galea
de Sardinea api^d Massiha/w v^l usqi^^ ad Finare nbïcum^
que major pars m^rcatoram concorda-(4)-v^rit, CC qz/in«>
talia ad po/idws Saceris, scilicet cAseor um et carniu/Tz et
coriora/w , pr^cio scilicet \el loqaerio IIIl solidorum Januen-
sium si/igr/la (5) qMmtalia. Si vero alias res prêter predf'c-
^as inmiseris in àictVi galea, teneris mihi dare secunàum.
quoA co/isue-(6)-tuw est \e\ ordinatuw ad àictdua racio-
nem ; et promito Xib'i per stipz/lacio/iem haiere in d/c^a
galea ad d^c^wm (7) viagiu/w faciendu/w XXXV hommes
marinarios bowos et suffic/entes et dtc^am galeam haèere
munita/ra et para[ta/w]... »
La pi. XIV offre des modèles de Técriture des actes à la
fin du XIII® siècle. Tout d'abord voici sous le n® 1 les sept
premières lignes d'un acte de donation passé en janvier
1275 (1276, n. st.) devant TofiScial de Paris. [Rec. fac-s.
Ecole des Chartes, n? 3.) Les officiaux n'étaient pas seu-
lement au XIII® siècle des juges ecclésiastiques, les juge^
des tribunaux épiscopaux; ils faisaient aussi, surtout
dans le Nord de la France, l'office de notaires ; c'était
à eux qu'on s'adressait pour rédiger les actes authen-
tiques de ventes ou de donations, les testaments, les
procurations, etc. Nos archives sont pleines d'actes du
xiii® siècle émanés des officialités. Il importe donc de
connaître les formules usitées dans ces bureaux. Elles ont
126 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB
été réunies et étudiées dans le beau livre de M. Paul
Fournier intitulé : Les officialités au moyen âge^ Paris ^
1880, in.8^
L'acte, reproduit ici sur la pi. xiv, contient un certain
nombre de formules qu'on rencontre d'ordinaire dans les
chartes d'officialité ; aussi le transcrirons-nous tout
«ntier :
« (ligne 1) Universis présentes litteras inspecturis, offi-
cia/» curie Parisiennes salutem in Do/nmo. Notum faci-
mus muod coram nobis constituti (2) Johannes dic^us
Faroue, Sancelina, ejus mater, Petrus Genciani d/c^us
Pingot et Maria, ejus uxor, soror predtc^i Johannis, filia
dtc^e San-(3)-celine asseruerunt in jure ({uod consuetum
erat in carnific^ria Parisiens/ quod, quando aliquis novus
carnifex eficiti/r, quod ipse solvere tenetur (4) magîs^o
et carnificibus quandam consuetudinem seu coustuma/n
aut droituram que YOCBlur pastum, et quod dictus Johan-
nes ratione nove sue (5) carnificerie d^c^is msigistro et
carnificibus in dic^is coustuma aut droitura seu pasto
tenebatur, ut dicebant. In quorum consuetudinis aut
droiture (6) seu pasti recompensatib/tem pvedicti Johan^
nés j Sancelina , Petrus et Maria , ejus uxor, recognove-
runt in jure se dédisse et imp^rpetuu/ra exnu/tc concessisse
(7) pr^dic^is magû^ro et carnificibus quicquid juris,
dominii, proprietatis et possessionis haiebant et habere
poterant quoquo modo in quadam bova sita in [(8) pou-
lalieria contigua bove Symonis Pagani ex una parte et
vie per quam itur ad stallum Andrée de Sancto Yonio ex
altéra, cum omni jure (9) quod sibi competit aut compe-
titurum est in quodam stallo supra dictsun. bovam sito et
contiguo stallo defuncti Ugoois dicti Restore carnificis
(10) adicris magistro et carnificibi/s v^l eoTum co/ramunitate
;
f
■
I
I
î
e
CHARTES DU Xlir SIECLE
127
aut successoribu^ perpétue possidendw. Et promiserunt
fide in manu nostra. pr^stita corporali quod contra (11) do-
ndiUonem et concessionem hujusmodi jure hereditario,
ratione conquestus , dotis seu caduci aut alio aliquo jure
p^r se vdl per alium non venient in (12) futurum, et quod si
aliquis reclamaret jus aliquod in pr^dtcris rébus ratione
^redictSLTum personarMW, quod ipsi tenerentar defendere
dec^os carnifices et eovum (13) successores et ip^os servare
îndampnes contra omnes, jurisdic/o/ti curie Parisiensis
qua/itum ad hoc se supponentes. Datum anno Dowmi
millesimo CC® (14) septuagd«i/wo quinto, mense Januario.
S. Paganus.] »
L'écriture de la charte qui précède, très élégante et
très régulière, fait cependant pressentir Técriture du
Xïv® siècle. Les déliés y prennent autant d'importance
que les pleins. La lettre s au commencement ou à la fin
des mots se compose de deux panses et rappelle la forme
d'un grec. On remarquera aussi la forme du d.
L'exemple d'écriture qui suit, pi. xiv, n® 2, est tiré
d'un acte du 30 juin 1286, dressé par le garde de la
prévôté de Lagny (Seine-et-Marne). (Voyez Rec. fac^s.
Ecole des Chartes^ n® 113.)
« (ligne 1) A touz cens qui ces présentes letres verront
et orront Guiart B^rtaut, garde de la prevosté de Laigni,
salut. (2) Saichent touz que pardevant nous vint Aaliz,
famé Adam de Paris le maçon, qui disoit que cil Adans
(3) ses mariz avoit vendu et quité à touz jourz à mestre
Estiene de Bléneau , bénéficié en l'église de Seint
Benoist (4) [d]e Paris et à cens qui aront cause de lui , dis
solz de paris/^ de crois de cens ou de rente perpétuel à
prendre et à (5) avoir desorendroit à touz jourz de celi
mestre Estiene et de ceus qui aront cause de lui, chascun
128 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB
an, à quatre termes (6) à Paris acoustumez seur une
maison qui est à celi Adam, assise à Paris outre petit pont
en la rue de la pla'strière »
On remarquera que dans la charte précédente le
p initial se distingue de Vu et a pris une forme qui se
rapproche de celle que nous lui donnons encore aujour-^
d'hui dans la minuscule.
Nous terminerons cette revue des écritures du xiii® siè-
cle en offrant à nos lecteurs (pi. xiv, n® 3) le fac-similé
d'un mandement de Philippe le Bel, donné à Paris le
lundi*- avant la Chandeleur 1296, soit le 28 janvier 1297.
[Rec. fac-s. Ecole des Chartes^ n® 26.) C'est là un excel-
lent exemple de l'écriture employée à la chancellerie
royale à la fin du xiii^ siècle et au commencement du
siècle suivant pour l'expédition des mandements . Le roi
ordonne au bailli de Caux ou à son lieutenant de payer
à Raoul de Saint-Ouen onze livres et dix sous tournois qui
lui sont dus sur le reste de ses gages pour la guerre de
Gascogne :
« (ligne 1) Philippusy Dei gratia Francorum rex ballivo
Caleti wel ejus locum tenenti ssîlutem. Mandamus vobis
quatinus Radulpho (2) de Saint Oein, decenario, aut ejus-
mandato présentes litteras defferenti undecim lihras et
decem solido^ Xxxronensium^ in c^uihus (3) eidem tenemur
de residuo tam vadiorum suorum in facto guerre nos^re
Vasconw anno pr<?senti acquisitor?/w qi^am restaura
(4) cujusda/72 equi, absqe^d dilacione quacunqe/^ ad instan-
tem mediam quadragesimam, de nos^ro intègre persolva-
lis ; quam peccume (5) summam in no^^ris comput/s volu-
vciiis allocari, et pênes vos présentes litteras reman^re.
Actum Parw«a5, die lune ante (6) Candelosam, anno-
Domini M® CC** nonagesimo sexto. »
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MANUSCRITS DU XIV® SIÈCLE 129
XIV® SIECLE.
§ 1. — Manuscrits.
Philippe le Bel protégea les lettres. Plusieurs auteurs
de son temps lui dédièrent leurs œuvres. Nous renvoyons
à V Histoire littéraire et au Cabinet des manuscrits de
M. Delisle les lecteurs curieux d'en connaître la liste.
Rappelons seulement la traduction latine du livre arabe de
Dina et de Kalila , offerte en 1313 par Fauteur, Raimond
de Béziers, à Philippe le Bel. Le manuscrit latin 8504
de la Bibliothèque nationale paraît être celui-là même qui
fut remis au roi. (Delisle, Cabinet des manuscrits,
pi. xLiii, n®* 3 et 4.) La Bible exposée dans la galerie
Mazarine, armoire XX, n** 230, est une autre épave de la
bibliothèque de Philippe IV (Bibl. nat., lat. 248).
L'inventaire du mobilier de Louis X rédigé après la
mort de ce roi révèle, dans sa bibliothèque, l'existence
d'environ trente-cinq volumes.
On conserve à la Bibliothèque nationale, sous les
n®* 2090 à 2092 du fonds français, l'exemplaire d'une com-
pilation sur la vie de saint Denis et l'histoire des rois de
France, offert en 1317 à Philippe le Long par Gilles de
Pontoise, abbé de Saint-Denis. Ces manuscrits renfer-
ment des peintures qui, au jugement de M. Delisle,
« méritent d'être rangées parmi les plus précieuses pro-
ductions de l'art français pendant le premier quart du
9
130 PÉRIODE POST-CAROLINGIEN XB
XIV* siècle. » (Delisle, Cabinet des manuscrits^ t. I^
p. 12; t. III, p. 304 et fac-similé, pi. xliv, n® 1.)
Les reines ne se désintéressaient pas de la calligraphie.
Clémence de Hongrie, femme de Louis X, avait une belle
bibliothèque. Plus remarquable encore la collection de
livres qu'avait formée Jeanne d'Evreux, femme de Charles
le Bel.
Le roi Jean montra pour les beaux livres un goût parti-
culier. Il avait confié à maître Jean de Sy le soin de
traduire la Bible en français ; cette œuvre resta inachevée ;
nous en avons un fragment dans le manuscrit français
15397 de la Bibliothèque nationale (galerie Mazarine,
armoire X, n® 3).
La librairie que Charles V installa dans la tour du
Louvre, dite tour de la Fauconnerie, en 1367 ou 1368, et
qui ne comprenait d*abord qu'un petit nombre de livres,
fut le véritable germe de la Bibliothèque nationale
actuelle. Le premier bibliothécaire fut Gilles Malet qui
en 1373 dressa un catalogue des livres royaux; la
Bibliothèque en possède deux exemplaires, écrits au plus
tard en 1380. L'un d'eux est le rouleau exposé dans
l'armoire X de la galerie Mazarine sous le n® 4.
Charles V parvint à réunir 1240 volumes sur lesquels
soixante-quinze ont déjà été retrouvés ; il y en a qua-
rante-trois à la Bibliothèque nationale. M. Delisle a
dressé la liste de ces manuscrits retrouvés dans les
Notices et extraits des manuscrits , t. XXXI, p. 21.
C'est à tort qu'on a prétendu voir dans la bande trico-
lore (bleu, blanc et orange, ou orange, blanc et bleu) qui
encadre souvent les miniatures du xiv® siècle , un carac-
tère distinctif des manuscrits de Charles V. Car, sur
MANUSCRITS DU XIV* SIÈCLE 131
trente- six manuscrits où M. Delisle a remarqué cette
bande, cinq seulement peuvent être attribués à Charles V,
et un autre, le manuscrit français 823 de la Bibliothèque
nationale, porte la date de 1393.
Parmi les livres que Charles V avait réunis, un grand
nombre avaient été exécutés spécialement pour lui.
Encore Dauphin, il fit copier, en 1363, une Bible française
en deux volumes. (Bibl. nat., fr. 5707, galerie Maza-
rine, armoire X, n° 7 ; Delisle, Cabinet des manuscrits^
pi. XLY, n° 6.) Citons encore, parmi les livres copiés pour
Charles V, un exemplaire des Grandes chroniques (Bibl.
nat. , fr. 2813 ; fac-s. dans Paléographie universelle ,
pi. cxciii; voyez l'article de Lacabane, dans Biblio-
thèque de t Ecole des Chartes^ 1"*® série, t. II, p. 69); une
traduction du Rational des divins offices, avec une note
autographe du roi Charles V, ainsi conçue : « Cest
livre nommé Rasional des divins ofises est h nous
Charles le V® de notre nom, et le fimes tranlater,
escrire et tout parfere , Tan MCCCLXXIIII. » (Bibl. nat.,
fr. 437; galerie Mazarine, armoire X, n® 8; Delisle,
ouvr. citéj pi. xlv, n®" 9, 10 et 11); une copie du livre de
l'Information des princes, achevée par Henri du Trévou,
le 22 septembre 1379. (Bibl. nat., fr. 1950; galerie
Mazarine, armoire X, n° 12; Delisle, ouifr, cité y pi. xlv,
n^» 4 et 5.)
Nous ne saurions insister longuement sur les célèbres
bibliothèques des frères de Charles V. Au moins devons-
nous les signaler. Jean, duc de Berry, bibliophile pas-
sionné , qui avait à son service les meilleurs copistes
et les plus célèbres enlumineurs , avait formé une
magnifique librairie dont la Bibliothèque nationale
possède aujourd'hui cinquante-quatre volumes. Les ma-
!
132 PERIODE POST-CAROLINGIBNNB
nuscrits du duc de Berry portent soit sa propre signa-
ture, soit des inscriptions écrites par son secrétaire, Jean
Flamel, soit encore les armes du duc, à savoir Técu de
France à la bordure engrêlée de gueules ; ou bien ses
animaux symboliques, Tours et le cygne,' avec sa devise
le temps venra^ ou son chiffre formé d'un V et d*un E
entrelacés. Philippe le Hardi commença une collection
qui, continuée par ses descendants, est devenue la biblio-
thèque de Bruxelles encore appelée, en souvenir de ses
fondateurs, bibliothèque de Bourgogne. Louis d'Orléans,
fils de Charles V, hérita, lui aussi, du goût de son père
pour les beaux livres.
En dehors des manuscrits royaux, le xiv® siècle nous en
a laissé beaucoup d'autres dont la date d'exécution est
connue.
Nous en indiquerons ici quelques-uns : une Légende
dorée copiée a Paris en 1316 (Bibl. nat., lat. 5389; Delisle,
Cabinet des manuscrits, pi. xliii, n® 6) ; un exemplaire des
Grandes chroniques, que Pierre Honoré, de Neufchâtel
en Normandie, fit écrire en 1318 par Thomas de Mau-
beuge, scribe parisien (Bibl. nat., fr. 10132; Delisle,
ouvr. cité y pi. xliv, n®* 2 et 3); une Bible latine enlu-
minée, achevée le 30 avril 1327 (Bibl. nat., lat. 11935,
galerie Mazarine, armoire XI, n® 192; Delisle, ouvr.
cité, pi. XLIV, n® 4); une copie des Constitutions de
Benoît XII pour l'ordre de Saint-Benoit, exécutée à
Paris en 1337 (Bibl. nat., lat. 12649; Delisle, ouvr. cité,
pi. XLIV, n® 6) ; une relation française des voyages de
Jean de Mandeville, due à la plume du calligraphe Raou-
let d'Orléans, qui en acheva la transcription le 18 sep-
tembre 1371 pour maître Gervais Chrétien, médecin du
roi Charles V (Bibl. nat., nouv. acq. fr. 4515; Delisle,
MANUSCRITS DU XIV® SlÈCLB 133
Catalogue des manuscrits des fonds Libri et Bar rois ^
p. Lxxxviii et p. 251); un bréviaire, écrit en 1392 pour
l'abbaye de Saint- Victor de Paris (Bibl. nat., lat. 14279;
Delisle, ouvr, cité ^ pi. xlvi, n® Ij; une traduction fran-
çaise du Miroir historial de Vincent de Beauvais, copiée
par Raoulet d'Orléans, en Tannée 1396 (Bibl. nat.,
fr. 312; Delisle, ouvr. cité y pi. xlvi, n*** 5 et 6).
Sont aussi datés les deux manuscrits dont quelques
lignes sont reproduites ici sur la pi. xv. Ce sont deux
manuscrits théologiques, l'un contenant plusieurs livres
de Thomas d'Aquin, l'autre, l'œuvre de Thomas Bradwar-
din (théologien anglais, mort en 1349) intitulée De causa
Dei contra Pelagium, La multiplicité des abréviations, la
finesse de l'écriture, le rapprochement des lignes rendent
très difficile la lecture de ces sortes de manuscrits.
Le manuscrit de Thomas d'Aquin (Bibl. nat., lat. 11133)
a été écrit en 1320. Le passage que nous donnons (pi. xv,
n® 1) est tiré du commentaire sur les livres De anima
d'Aristote (fol. 8). Le scribe avait laissé échapper plu-
sieurs fautes qu*il a ensuite corrigées. Les lettres sous
lesquelles est placé un point et les groupes de lettres
soulignés ne doivent pas être lus. Ce mode de correc-
tion est ce que les paléographes appellent exponctuation.
(Voyez plus loin ch. V, § 2.)
« (ligne 1). Bonorum honorab/lium noticiam, etc.
(2) Sicut philosophus docet in XI de Sinimalihus, in qwo-
libet génère (3) rerum neccesse est prius considerare corn-"
muma et seorsum et (4) postea propria unicuiqe/^ illius
generisy quem quidem modum (5) Arlstoteles s<?rvat in
"philosophisL prima. In meihAphysicsL enim primo tractât
(6) et considérait communia, entis in ({uantum ens, postea
134 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNB
\ero considérât (7) propria unicuiqu^ enti; cuju^ ratio
est, quia, nisi hoc fierez, idem diceretur (8) fréquenter,
Reru/72 aut^//z a/zi/72ataru/n omnium quodaim genus est, et
ideo (9) in cowsid^ratione rerum a/ii/natarum oportet
primo co/isiderare i//a que (10) sunt communia omnibus
Sinimatisy po^tmode^m \ero illa que su/it (11) propria
cuilibet rei a/ii/wate. Commune aaxlem om^nihus rehus awi-
matis est (12) anima ; in hoc enim animaia. conç>eniuni. Ad
scrutandww igitur 8cientia.m de (13) rebws a/ii//2atis,
neccessarium^ -primo fuit iradere scientiam de a/ei//ia taw-
qwa/rt communem (14) eis. Aristoteles ergo, volens trad^re
sc/^/z^iam de ip^is rébus a/zimatis^ (1^) i^ sequentibr/^
libris 2. In tractatu aut^w de a/zi^na quem habemus
(16) pra? manib//*, primo ponit frohemium in quo facit
tria que (17) neccessarisi sunt in quolibet prohemio. Qui
enim facit iprohemium tria iQ-(18)-tendit : primo enim ut
reddat auditore/n benivoluw ; secundo (19) ut reddat
docilem ; t^rcio, ut reddat attentu/w. Benivo-(20)-lum qui-
dem reddit ostenrf^/ido setc/zde utili^atew ; docilem , pro-
ra?*t-(21)-tendo ordinem et distioct^b/i^m tractatws; att^n-
tum , ates-(22)-tando diflficultate/w tractatw*. Que quid^w
tria Aristoteles facit »
Le manuscrit de Bradwardin (Bibl. nat., lat. 15977)
cité plus haut, se termine par la souscription suivante :
« Explicit liber primus scriptus Parisius anno Domini
M® CGC® 56^, die Veneris post festum sancti Dyonisii.
1. Le manuscrit porte de rébus animatis ipsisj mais les miots rébus ani~
matis sont entre guillemets, ce qui veut dire qu'ils doivent être reportés
après ipsis. Voyez plus loin chap. V, g 2.
2, Entre les mots de ipsis rébus animatis et in sequentibus libris, le
scribe a passé : primo tradit scientiam de anima, posimodum uero détermi-
nai de propriis singulis animatis.
Manuscrits de 1320 et isss
MANUSCRITS DU XIV® SIÈCLE 135
Yinum scriptori tradatur de meliori. » La transcription
de ce livre, faite à Paris, a donc été achevée le vendredi
14 octobre 1356.
Nous en donnons quelques lignes en fac-similé, pi. xv,
« ... (ligne 1) Deus, sicud prima suppositio et 3*
(tertia) pars de/wo/isirant. Ç^xioniam insuper sunt hii dii
nui non sunt (2) actua/Z^^^mi, purissimiy simplicissiiai et
par se sufficientissimi sed per dliuà constituti contra, pri-
/nam (3) suppositionem et partes pr^missas.
(En marge) 15" pars (3) Pavea/it ([xxoque fi/^ge/ites ma/-
tos deos (4) e^^ales sed natura seu spme dïy^r^ntes;
(5) quorum unus poss/t* Ori^/iti, et alius Occ\den\\\ xxvlus
Boree, alius Austro; \xnus (6) frugibas, alius vitibw^;
nnus paci, alius saluti ; xinus uni speciei et (7) alius a/ii
preponatur . Hii quiàem ut proxt/wi prime swppositionis
viriwte facito^r i/istrue/itwr. (8) Qwis etiam non {acïliter
vid^at, si si«t dii ma/ti div^rsi specie seu natura^ quem"
cumque istorum (9) car^re p^rfé?c^io/ie specifica et propria
cujuscumque alt^riw*, et (\uare et non esse summe perfec-
tum, (\uando (10) alius aliquid perîectius esse posset.
Quamohrem consequenter nullus eorum esse Ddi/m, sicuà
prima sxxppositio (11) et 3* (tertia) pars demo/i5^rant).
(En marge) 16' pars. (11) Co/ifu/irfa/itMr ponenles
eonixxsionem multorum deor um inequalis (12) \iriutis et
disparis àx^niXatis sive ejusdem speciei siwe diverse.
Taies autem (nerunt (13) nonnuWi antiqai qui Xamen
ponentihus ddos pares et simpliciter eque primos in hoc
melius (14) posueru/tt, quod dixerunty omnes, prêter
1. Corrigez pnesii.
136 PÉRIODE POST-GAROLINGIENNS
ixnum soIu//z, quem Jove/w vocabawt, (15) illi uwico sw-
bici sicud princ/pi siv^ pa^ri. JJnde Philosophas pri/w»
Poli^tce 8 : ben^, inquit, Ho-(16)-merw« Jove/w ap^ellav/t,
Aicens -pater \irorumque deorum, regem hor um omnium
(17) -patrem ; dicens etiam suprsL ejusdem primo deos,
inq^uit omnes dicuni régi. Hic etiam fuerat ve-(18)-tus
error \eterum Ro/wanorw/w , unde AugustinuSy 4, de Cioi-
taie D<?i, 5 : (luando ^utem (19) po55i^nt uno loco libri
ejus commemorari o/ra/zia nomina, deoriim aut dearum
(20) que illi grandibws voluwmibM* vix »
§ 2. — Chartes,
Le premier exemple d'écriture de chancellerie que nous-
donnons pour le xiv® siècle (pi. xvi, n® 1) est emprunté à
un registre de l'inquisition d*Albi, de Tan 1300. (Voyez
Aec. fac-s. Ecole des Chartes, n® 98.)
« (ligne 1) Anno Domini W CC** nonag^wwo IX*, VP
nonas marcii, B^rnardus Àudiguerii de (2) Scuria, alias
vocate^s Apostoli , co/istitutz/s in judic/o cora//i rev^renda
pa^re in Chrw^o (3) domino B., divi/ia providencia
episcopo Alhiensiy ac wenerabili et religwso viro (ratre
Nycholao de (4) Abbatisvilla de ordi/ie Predicatorum y
inqmsitore h^retice pravitatis in regno Franc/^, auc^or*-
^ate apostolica (5) deputato, juratw* sup^r sancta. IIII®' Dei
cvang^lia dic^re mera/n et plenaw yeritatem sup^r fac^o
(6) h^^resis de se ut de principali et de aliis vivis et mor-
tuis ut lestisy nec celare v^ritate/w n^c (7) iwmiscere falsi-
•r.
3
CHARTES DU XIV® SIECLE 137
tate/w amore, gracia, odio, timoré v^l favore, diligent^r
interrogatus dixit... »
On trouvera sur la même planche xvi, n® 2, un frag-
ment de rinventaire du trésor de Notre-Dame de Paris,
dressé le 3 mai 1343, {Rec. fac-s. Ecole des Chartes^
n« 106).
L'écriture est bien caractérisée.
« (ligne 1) Anno et die predictis fuit inventan'M//t
renovatum de rébus exî^^^ntibu^ in the-(2)-sauro eccl^sie
PeLvisiensis in custodia domini Garneri dicti Malecote aha^^
de Civilliaco.
(3) Primo, inventa fuit ymago b^a^e Marie de argento
cum portis claudentibi/5 (4) et ap^rientibz/^ argenteis
deauratis et nigellatis, etc.
(5) Item, quedam alia ymago Béate Marie deaurata,
quam dédit dominas Eustachius (6) de Confluencio cano-
meus PsLTÎsiensis cum pede de cupro deaurato et sunt
(7) in quoda/72 vasculo parvo cristallino exw^^nte in manu
dextra béate Virginis de »
Le n** 1 de la pi. xvii reproduit des notes brèves d'un
notaire de Bourg-Saint-Andéol, en Tan 1352 [Rec, fac^s.
Ecole des Chartes, n® 21). On entend par notes brèves
un registre où le notaire consignait, sous une forme
abrégée, les actes qu'il dressait.
a (ligne 1) Pro Guillelmo Garib^rti (2) et Girardo
Tardivi. (3) Anno quo supra et die XXV junii domina
(4) Jo. etc et domino Ay. etc. Guill^//nus (5) Gariberti et
Girardus Tardivi et (6) quilib^^ eoriim alt^rum qwitavit de
omnibus (7) in q^uibus unus diiteri tenebatar et esse pot^-
rat (8) obligati^^ usq^ue in hanc diem fresentem, pactu/72
(9) faciens un^e^ alt^ri de non peiendo amodo (10) aliquid
138 PÉRIODE POST-GAROLINGIBNNB
ulierius rac/o/ie fremissorum cnm om/ti(ll)reDu/2ciac/o/ie
jui'w et (acti parité/' et caute-(12)-la de quihus qi^ilibe^
ipsorum peciit sibi fublicum (13) iieri instrumentum.
Actu//i Burg/ in banca (14) Malicinoru/zi qua//2 ienet
^aymundus Gnrnern... »
Nous terminerons cette revue des écritures du xiv*
siècle par quelques lignes (pi. xvii, n® 2) tirées d'instruc-
tions données, en 1389 ou 1390, par Jean II, comte
d'Auvergne et de Boulogne , à Aubert de Puychalin qu'il
envoyait auprès du duc de Berry pour la conclusion d'un
traité [Rec. fac-s. Ecole des Chartes, n® 125).
« (ligne 1) Mémoire à Aubert de Puichalin des choses
nue monseigneur de (2) Bouloingne lui a enchargiées.
(3) De parler à monseigneur de Berry de la demande
que le conte (4) de Sanceoure a faite à mess^re Ber-
tran de Saint Pasteur (5) et au dit Aubert depuis le
tractié fait en la (6) présence de monseigneur de Foix et
des messaiges qui estoie/it (7) alez par delà, c'est nssa^foir
de la so//2me de XXV™ frans (8) ou que monse-gneur de
Berry tenist la conté d'Auvergne jusques (9) a tant que il
seroit paiez a une foiz d'icelle somme ou cas »
XV® SIÈCLE.
§ 1. — Manuscrits.
Bien que l'imprimerie eût fait son apparition vers
1450, comme elle ne prit une réelle importance que
dans les premières années du xvi® siècle, on continua de
faire des manuscrits jusqu'à la fin du xv® siècle.
pi.xvn
rt- '■
• ■ a.
•f-?r
fit-7f-
>* -. ( . 1 . j
Ecritures de 1352 et i389
MANUSCRITS DU XV® SiÈGLB 139
Deux écritures furent en usage : une grosse gothique,
appelée, comme elle l'était déjà au xiv® siècle, lettre de
forme y et une minuscule semi-cursive ou cursive.
Charles VI augmenta la librairie du Louvre. L'inven-
taire en fut dressé en 1411, à la mort de Gilles Malet.
Deux cent dix volumes avaient été acquis depuis 1380.
Cependant, en 1424, lorsque le duc de Bedford acheta la
€ollection royale, il n'y avait plus que huit cent quarante-
trois volumes. Alors commença le démembrement de la
belle bibliothèque fondée par Charles V. Une partie des
livres passa en Angleterre ; d'autres furent transportés à
Rouen.
Charles VII et Louis XI durent reformer la Bibliothèque
royale. Louis XII, qui possédait avant son avènement au
trône de France la célèbre librairie de Blois formée par
son père le poète Charles d'Orléans (1407-1466) l'enrichit
en saisissant, en 1499 ou 1500, la bibliothèque des ducs
de Milan. Il transporta aussi à Blois les livres de Louis de
Bruges, mort en 1492.
Citons, d'après M. Delisle, comme nous l'avons fait
pour les siècles précédents, quelques manuscrits à dates
certaines : l'inventaire de la librairie de Jean , duc de
Berry, fait à Meung en 1402 (Bibl. nat., fr. 11496, gale-
rie Mazarine, armoire X, n® 15; Delisle, Cabinet des
manuscrits^ pi. xlvii, n** 2) ; le sermon prononcé par Jean
de Gerson, comme représentant de l'Université de Paris ,
le 7 novembre 1405, copié en 1406 pour Marie, fille de
Jean de Berry (Bibl. nat., fr. 926; Delisle, ouor, cité,
pi. xLix, n** 1); une traduction française des Aphorismes
d'Hippocrate, écrite à Rouen en 1429-1430 (Bibl. nat.,
fr. 24246; Delisle, ouvr. cité, pi. xlix, n® 2); un traité
140 PÉRIODE POST-CAROLINGIENNE
de dévotion copié en 1444 pour Denis du Moulin,
patriarche d'Antioche, évêque de Paris (Bibl. nat.,
lat. 3593 ; Delisle, ou{>r. citéy pi. xlix, n® 5) ; les com-
mentaires de César copiés à Bourges, en 1461, pour
Charles de Guyenne (Bibl. nat., lat. 5769 ; Delisle, ouvr.
cité, pi. L, n® 1); un Doctrinal des simples gens, écrit à
Paris en 1474 (Bibl. nat., fr. 17088; Delisle, oui^, cité,
pi. L, n® 3).
Notre planche xviii est le fac-similé de la dernière page
d'un manuscrit de Gilles Colonna, appelé aussi Gilles de
Paris, conservé à la Bibliothèque nationale sous le
n® 17835 du fonds latin. Ce manuscrit est composé de
cahiers de papier alternant avec des cahiers de parche-
min, particularité assez fréquente dans les manuscrits du
XV® siècle. On remarquera la souscription reproduite sur
notre fac-similé et qui donne la date du manuscrit (1448),
le prix du parchemin, du papier, de la reliure et le salaire
du scribe.
« (ligne 1) Regnabit rex et svipiens erit et faiciet jurf«-
cium et ']usticiam in t^rra. Jerem. 23**. Si quis in pr^cla-
rissimo (2) juvene excellentissimi principis ac domini
frefoientis Philippi, Dei gr atio. Francorufw régis (3) illus-
trissimi, primogenito, domino videlicet Ludovico, dili-
genter attendat viva-(4)-cem sensu/n, si/btile ingeniu/w,
tenacem me/woria/w, volu/itate/w ad bonu/w promptis-
(5)-simam, preclaritate/72 indolis et moruw omnium venu-
state/n, luculent^r potest (6) advertere qu^m vere de dicto
domino hudovico possit intelligi verbum propositu/ra :
« Regnabit (7) rex et sapiens erit, etc. » et qaam preclare
et signa;tt6?r propheta sanctus, quRsi demo/istrans (8) cum
digitto, de ip^o pr^nu/iciet qualis spera/zdus sit esse futu-
-*
*
S
O
ce
EpISTOMER de 1300
MANUSCRITS DU XV** SIÈCLE. 141
rus et quaht^r in reg/ii (9) regimine sit acturu5 ; predicens
^utem p/'opheta élégantes condittb/zes ip^ius, (10) brevit^r,
sufficient^r et clare docet omnem regem et principe/w,
describens eum (11) quantum ad statu/ra excelle/zcie ,
actum vel usu/ra presidencie, lume/i direc-(12)-tivu/w,
finem co/wpletivu/w. Primum. intelli^iYi/r cum dicit « rex »,
2™ (secundum) cuw add/t « regnabt't », tercium (13) cum
suh'jungit « sapiens erit », 4" (quartum), cuw ait « faciet
judiciam et justiciam in t^rra. » (14) Ista 4®'" (quatuor), etc.
sicut in principio libri hujus habetwr.
No^a quod pro script ara et pergameno ac papiro (15) a
priacipio libri usque ad 4™ (quartum) capitulum 4® (quarte)
partes solvi 55 solidos; residuu/n SiUtem scripsi, sed pro
ligatwra (16) iteruw solvi decem solidos ; et sic in summa
solvi 4®"^ . (quatuor) fra/icos et duodeci^Tz denarios, X*
(décima) die septe/wb/vs, a/ino 1448. (17) Op(?ratoris in
Hysdinio. »
Nous avons mentionné les lettres de forme. En voici
un bel exemple (pi. xix) emprunté à un épistolier, copié
pour l'église de Paris en Tan 1500. (Bibl. nat., lat. 9459).
(( (ligne 1.) En Tan de grâce mil et (2) cinq cens, hon-
norables (3) hommes et saiges, mai-(4)-stres Tristan de
Fo/itaines, (5) conseiller du roy en son (6) parlement,
Nicole Gilles , (7) notaire et secrétaire du-(8)-dit seigneur
et contrerollei/r (9) de son trésor. Jaques (10) Charmolue,
aussi no-(ll)-taire et secrétaire dudit (12) seigneur et
viconte d'Orbec, (13) et Guillai//7ze de Gaigny, (14) mar-
chant appoticaire (15) et bourgois de Paris, (16) marre-
guilers de ceste eglwe (17) firent par Nicole Vail[lon]... »
142 PERIODE POST-CAROLINGIENNE
§2. — Chartes.
L'écriture des chartes, au xv® siècle, est beaucoup plus
fine et beaucoup plus cursive qu'au siècle précédent. Les
lettres sont mal formées et sont toutes liées les unes aux
autres. Les abréviations sont presque toujours indiquées
par un trait qui, partant du pied ou quelquefois de la tête
d'une lettre, souvent de la dernière du mot, se recourbe
sur cette lettre ou sur le mot entier. Le & et le (> ont
souvent la même forme. Le c se compose de deux petits
traits qui forment un angle aigu ; il peut parfois se con-
fondre avec le t ou avec Ve\ toutefois, dans le tj le trait
vertical s'élève un peu au dessus du trait horizontal; et
Ve se compose ordinairement de deux traits inclinés.
On pourra observer ces caractères dans les deux
exemples d'écriture de chancellerie que nous donnons
(pi. xx). Le premier est emprunté à des notes brèves d'un
notaire de Bourg-Saint-Andéol , en 1428 [Rec, fac^s.
Ecole des Chartes, n^ 23) :
(( (En haut) XXVIII.
(ligne 1) In omnibus autem aliis meis mohilïbus et
immob/libus (2) fresentihus et futurw quibuscu/iqi/^ h^re-
des meos universales (3) solos et insolido^ facio et ordino
et nomino yidelicet Johannem (4) et Raimundum Nicholay,
filios meos legitimos pro equis (5) partibus, per quos
solvi volo omnisL legata mea et (6) forefacta supra-
dictdi, etc, ; et casu quo unus ex ipsw heredibus (7) meis
PI. XX
^^jiA /^/J^ -*^?^
.:-H^|2y^^^^/Hi; %^^
r/T^
-H»%*»»%|
Registres de 1428 et i46i
CHARTES DU XV® SIÈCLE 145
deced^ret (sine lib^ro sui*) in pupillart etate sine (8) li-
bero seu Militer quandocu/zzqe^^ , substituo aliu//2 supervi-
vewtem. (9) Item, volo et ordino quod tesiamentum
pa^ris mei valeat quoad (10) legata sororaw mesirum et
subs^ftutionu//2. Item, volo et (11) ordino qworf bona
michi novit^r p^rventa (consobrine ^) (12) Johawnis Priva ti
avu/iculi mei, casu quo àicti... »
Nous donnons encore sur la pi. xx, n** 2, quelques
lignes tirées d'un registre capitulaire de Notre-Dame de
Paris pour Tan 1461 [Rec. fac^s. Ecole des Chartes^
n® 104). C'est le commencement du procès-verbal d'une
séance tenue le lundi 3 août 1461 et où le chapitre déli-
béra sur les mesures à prendre pour les obsèques du roi
Charles VII.
« (ligne 1) Lune sequen^i, die festi Invewcionis b<?ati
prothomartiris (2) Stephani IIP mens/^ Augusti.
(3) Hac die proptdr \iVL]usmodi festum non fiiit tentum
capiïwlwm. Veruwtamen, (4) ex jussu dommi decani, hora
majoris misse et illico post knlhienne (5) de Ave regina
deca7ztacione/72 , congregatis et adinvice/zz convocatw
(6) Aomims in revestiario seu sacrario eccl^^ie, idem
Aominu^ decanus (7) posuit in deliberacione quid foret
agendM//2 in exequiis defl'u/icti (8) régis Karoli VII, que
iwminewt fieri. Sup^r quo delib^ratum est (9) prout
sequitur.
(10) Et primo ad intendendum et providendi/A/i lumi-
nari, Aomim et mag/^^ri (11) M. Textor, G. Gabriel et Sy.
Cousin, cano/iici "P^Lrisienses co/wmittuntwr et (12) depu-
tantar, veluti sup^rintendentes, quibws attribuitwr potes-
1. Mots effacés.
2. Mot effacé.
144 PÉRIODE POST-CAROLINGIBNNR
tas (13) assumendi et ordinandi secum IIIP' aut qumqu^
ex cap^//anis aut (14) b^n^ficiatis in eccl^^ia, probis viris,
unacum totibas* ex s^rvie/itibw* eccl<î«ie (15) qui sp^cria-
lit^r ad hoc prospic^re , intend^re et intueri habebunt. »
XVi® SIÈCLE.
Au XVI* siècle, Tart de la typographie se propage rapi-
dement et triomphe. Les livres ne sont plus ordinairement
écrits à la main. Si Ton confie encore à des scribes
Texécution de quelques manuscrits, c'^est qu'il s'agit
d'œuvres dont on désire faire présent à un prince ou à
quelque grand personnage.
Rappelons aussi que dans certaines églises on fit encore
au XVI® et même au xvii® siècle de gros livres de chœur
manuscrits, des antiphonaires , écrits en grandes lettres
de forme. Comme leur lecture ne présente pas de diffi-
culté et n'a aucun intérêt, nous ne pouvons y insister. Il
suffisait d'en faire mention. Nous n'avons donc plus ù
nous occuper que de l'écriture des actes, des registres et
des lettres privées.
L'écriture du xvi® siècle est d'un déchiflFrement difficile.
D'abord elle est très rapide, très personnelle; puis elle
«st pleine d'abréviations irrégulières. Jusqu'ici on abré-
geait pour économiser le parchemin ; maintenant le par-
chemin est réservé aux actes authentiques ; le papier est
moins cher que n'était le parchemin; on abrège, en vue
de la rapidité, chacun suivant sa fantaisie.
1. Corrigez totidem.
^ VU fr^
^.^^!
^ a\ If
U3
ECRITURR DU XVl" SIECLE 145
Voici d'abord (pi. xxi, n** 1) un document de 1514, dont
on trouvera la reproduction intégrale dans le Rec, faù^s.
Ecole des Chartes^ n® 124. C'est une minute de conclu-
sions pour le couvent des Mathurins de Paris dans un
procès contre celui des Filles-Dieu.
« (ligne 1) La demande et requeste que font les reli-
gieuXf mînistÊt (2) et couvent de Véglise et monastère de
raovL^eigneuv Saint Mathurin à Paris, à Tencontré; des
(3) religieuses, prîeure et couvent des Filles-Dieu à Paris,
est (4) ad ce qu'ilz dient et déclairent s'ilz ont esté et sont
detentaresses (5) et propiet^ress^s d'une maison et ses
appartenance?* Assise rue Samt Denis, en (6) laquelle
pend ou soulloit pendra pour enseigne l'ymaige Nos^re-
Dame (7) tenant d'une part à [lacune] et d'au^r^ part
{lacune) (8) dont veue ou plus ample declaracion en lieu
deut leur s^ra... (Au dessus de la 8® ligne) Fut et appar-
tint à Guillaume de Mont Denis. »
L'exemple suivant (pi. xxi, n® 2) est tiré d'une lettre
d'Antoine Perrenot de Granvelle, évêque d'Arras, ministre
de Charles-Quint, datée de Bruxelles, le 10 janvier 1556
(1557, nouv. style), et adressée à sa mère.
« (ligne 1) Madame, j'entens que vous mectez difficulté
au (2) maistre des comptes Viron, mon compère, sur ceulx
(3) qu'il vous a rendu d'une somme de (4) VIII " frans,
provenans du reachapt d'une »
On trouvera sur la pi. xxii, deux écritures dififé rentes
de la même date empruntées à un inventaire d'actes
dressé en octobre 1577 dans l'étude d'un notaire de Sens.
« (ligne 1) Constitution de rente (2) pour honneste (emme
Marie (3) Chaboullé co/itre (4) Francoys Guinot et sa
(5) fem/we en date du II IP (6) may siudit M V^ LXXVL
10
146 PERIODE POST-CAROLINGIENNE
(7) Acquis/rion pour Jehan (8) Bourgoing co/itre Jacques
(9) Vyard en date comme dessus... »
« (n® 2, ligne 1) Reachapt de rente pour Potentien
(2) du Port contre la \eu\e Claude Aubert (3) en datte du
XVIIP dudit moys. (4) Acquisition powr la weuwe Claude
Feudart (5) contre Estienne Taupin et sa femme (6) en
datte que dessus.
(7) Acquisition pour Pierre Drouot contre (8) Claude
Estienne Drouot et SLultres (9) en datte du XIX' jour dudt^
moys. (10) Ypotheque pour Nicolas Brasloin, (11) Judes
Cartier et awftres contre (12) la v^Mve Claude Hanoteau
du XXP... y>
XVII® SIÈCLE.
Au XVII® siècle, sous l'influence de Timprimerie, récri-
ture des notaires s'améliora. Dans les premières années,
elle rappelle encore beaucoup l'écriture du siècle précé-
dent, comme on en pourra juger par le début d'un acte
du 17 mars 1602, que nous donnons sur la planche xxiii,
n« 1.
« (ligne 1) Par devant Jacques Guillot, notaire royal
(2) au bailliage de Sens, résidant es villages (3) et
paroysses de Champigny sur Yonne et lieu (4) de la Chap-
pelle feu Payen furent... »
I^e second fac-similé de la pi. xxiii, emprunté à un
acte du .même pays que le précédent, et du 24 novembre
1660, offre un exemple de la grosse écriture particulière
au xvii® siècle :
PI . XXII
1
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I
Registre de 1577
ÉCRITURE DU XVII® SIECLE 147
« (ligne 1) despens audict sieur Nagent, (2) si comme,
promettant, (3) obligeant, renonceant. (4) Faict à Sens
en Testude du... »
On a pu remarquer que les abréviations deviennent
rares dans Técriture des scribes du xvii® siècle. Celles
qu'on rencontre dans les actes sont faciles à résoudre ou
consacrées par Tusage.
Ainsi : parr, pour parroisse ; aud, pour audit; pnt
pour présent; pntes pour présentes; et à la fin des actes :
Si comme etc., P, etc., O. etc., R. etc. pour Si comme etc.,
promettant etc., obligeant etc., renonçant etc.
Au XVIII® siècle, l'écriture se rapproche de plus en plus
de la nôtre.
Elle est généralement petite, ronde, assez régulière.
Les difficultés de lecture sont les mêmes que celles que
nous rencontrons encore pour les écritures de nos con-
temporains.
CHAPITRE V
SIGNES AUXILIAIRES DE L'ECRITURE
§ 1. — Ponctuation.
Les plus anciens manuscrits n'ont pas de ponctuation ;
les mots ne sont même pas séparés les uns des autres. La
ponctuation qu'on rencontre dans quelques manuscrits
en lettres majuscules a été le plus souvent ajoutée posté-
rieurement à la confection du manuscrit.
Les grammairiens latins du iv^ au vi" siècle, Diomède,
Donat, Dosithée, Cassiodore et Isidore de Séville, n'ont
fait que reproduire les théories des grammairiens grecs.
« Un signe unique, le/?om^, dit M. Omont*, placé en haut,
en bas ou au milieu, sert à marquer les différentes ponc-
tuations. Le point en haut appelé distinctio (leXeCa (jtiyixyj)
indique le plus long repos; le point en bas, subdistinctio
(uxoŒTiYixTj), indique le plus court repos ; le point placé à
moitié de la hauteur des lettres, distinctio média (|xé(7T)),
indique une ponctuation moyenne.
Le grammairien Marins Victorinus, qui vivait dans la
1. Positions des thèses de tEcole des Chartes, 1881, p. 51.
150 SIGNES AUXILIAIRES DE L ÉCRITURE
seconde moitié du iv" siècle, n'admettait que deux
signes, le point et la virgule.
Bien peu nombreux sont les manuscrits où ces théories
ont été appliquées. Le plus souvent il n'y a que deux
points : le point en haut pour marquer la ponctuation
forte; le point en bas, la ponctuation faible.
Dans le Grégoire de Tours en onciales conservé à la
Bibliothèque nationale sous le n® 17654 du fonds latin ,
et qui remonte au vu® siècle, le point médial tient lieu de
virgule; le point et virgule joue le rôle de point final, et
alors il est suivi d'un espace blanc et d'une lettre
majuscule, ou bien encore il joue le rôle de deux points
devant un discours.
Chez les grammairiens et les lexicographes du moyen
âge, à partir du ix® siècle, la terminologie et les signes
de ponctuation changèrent. D'ailleurs il n'était plus pos-
sible, après l'adoption de l'écriture minuscule, de juger
de la hauteur relative du point. « A la. distinctio y subdis-
tinctio et média furent substitués dans l'ordre inverse le
comma (J), colon (.) et periodus (;) appelés aussi distinctio
média, constans et finitiva. »
Dans beaucoup de manuscrits carolingiens, on n'em-
ploie que deux signes : le point simple qui est la marque
d'une ponctuation faible; le point suivi d'une virgule (.,),
ou notre point et virgule ( ; ), ou encore deux points au
dessus d'une virgule (•,*) qui sont autant de manières
d'indiquer la ponctuation forte.
La ponctuation régulière des manuscrits du xii*' siècle
consiste dans le point et dans le point surmonté d'une
virgule retournée (J); le premier signe placé à la fin des
phrases; le second marquant la ponctuation faible.
Dans les chartes de la même époque nous retrouvons
SIGNES DE CORRECTIONS 151
les deux mêmes signes de ponctuation , mais leur rôle est
mal déterminé, et il semble que les scribes les emploient
indifféremment. Ainsi, dans un même document^ le point
indique tout à la fois la ponctuation forte et la ponctuation
faible ; quant au point surmonté d'une virgule retournée,
il tient lieu soit de nos deux points, soit de notre point
et virgule.
A partir du xiii® siècle la ponctuation fut de plus en
plus négligée jusqu'au xv® siècle où les imprimeurs
revinrent aux traditions de l'antiquité.
Le point d'interrogation a affecté des formes diverses.
n^ <v» ^c^
m «
Il en est de même des guillemets.
* ff y y ^kj2
§2. — Signes de corrections.
Un point placé au dessous d'une lettre indique que
cette lettre a été écrite par erreur et qu'elle doit être
supprimée. Ce système de suppression appelé exponctua^
tion était déjà en usage au v® siècle. Plus rarement les
points sont placés au dessus des lettres à supprimer.
Quand il s'agit d'un mot tout entier écrit par erreur,
152 SIGNBS AUXILIAIRES DE L'éCRITURE
pour indiquer qu'il doit être retranché , on a recours à
divers procédés : on le met entre deux points, on l'encadre
dans une série de points ou bien on le souligne.
L'O exclamatif est très souvent accentué ô dans les
manuscrits du ix* au xi* siècle.
Deux petits traits il imitant les guillemets indiquent
que l'ordre des mots doit être renversé. Ainsi " ad " eos^
doit être lu eos ad.
Quand les corrections sont mises dans la marge, ou,
quand il s'agit d'une charte, au bas de la feuille de
parchemin, les renvois se font à l'aide de petits guille-
mets ou de croix de diverses formes.
S 3. — Accents,
Le seul accent qu'aient connu les scribes du moyen âge
— je ne parle ni des accents employés pour indiquer les
syllabes longues ou brèves, ni de ceux dont on s'est servi
pour indiquer plus rarement encore l'accent tonique —
est l'accent sur Yi et l'y. Tout d'abord on a fait usage des
accents pour distinguer deux i qui se suivent d'un u ; on
écrit thesaurariiy filiL Cet emploi des accents sur Vi redou-
blé a été signalé par M. Delisle dans le Cartulaire de Saint-
Cyprien de Poitiers pour la seconde moitié du xii** siè-
cle; mais on remarque une pratique analogue déjà dans
les diplômes de Louis VI pour les mots buticulariiy consta-
bularii^ camerarii.
L'usage d'accentuer 1'/ devint général aux xiu* et
CHIFFRES ROMAINS 153
XIV* siècles. Au xv® siècle, les points commencèrent à
remplacer les accents.
Sur Vt/y le point apparaît dès le haut moyen âge.
§4. — Chiffres romains.
Les chiflFres romains n'ont jamais cessé d'être employés
depuis l'antiquité.
Il y a dans la numération romaine sept signes qui sont
les lettres suivantes :
I
V
X
L
C
D
M
1
5
10
50
100
600
1000
Le nombre 4 s'exprime avant le xvi® siècle par quatre
traits verticaux. Ces traits verticaux sont souvent liés les
uns aux autres, comme aussi ceux qui servent à exprimer
les nombres 2 et 4. De là une confusion entre u = II et
u== V.
Car une des difficultés de la lecture des chiffres romains
dans les documents du moyen âge résulte de ce que la
minuscule a été employée pour les exprimer. Mais, sauf
de très rares exceptions, un point est placé de part et
d'autre des chiffres ou des nombres.
Dans les manuscrits de l'époque mérovingienne, le
nombre 6 est figuré par un signe ayant la forme d'un
G oncial, ^^ et qui résulte de la combinaison d'un V et
d'un I.
Le nombre 9 est presque toujours écrit VIIII, et très
exceptionnellement IX.
154 SIGNES AUXILIAIRES DE l'bCRITURE
Pour lOOO, on trouve, avant le ix® siècle, une sorte de
CD posé horizontalement.
Dans les documents écrits en France le système de la
multiplication de vingt par un chiffre quelconque est fré-
quemment employé pour exprimer les nombres.
On écrit XX, soit à droite du nombre multiplicateur et
un peu au dessus de la ligne, soit au dessus du nombre
multiplicateur.
Ainsi :
IIII" = 80
IIII« XII = 92
V« VI = i06
De même on a multiplié cent et mille.
IIP = 300
XIP = 1200
IIII-^ = 4000
V-^ = 5000
V- VHP = 5800
Dans le cas de la multiplication de mille par un autre
chiffre, on trouve quelquefois ce nombre exprimé par un
trait horizontal placé au dessus du nombre multipli-
cateur.
XXX = 30000
G = 100000
La moitié s'exprime jusqu'au xi® siècle par S [semis) :
ainsi LXIIS = 62 |; plus tard, par un trait vertical
barré horizontalement.
Les adjectifs numéraux s'abrégeaient, au moyen âge,
CHIFFRES ARABES 155
par des chiffres romains au dessus desquels on écrivait
une ou plusieurs lettres de la terminaison.
Ainsi :
or
IIIl = quatuor,
cem
X = décent .
o
IIII = quarto.
On prendra garde de confondre u -=. secundo avec u
• •
= vero; ou encore X = decimi avec X = Christi,
Dans les chartes, à partir du xi® siècle, la date est
souvent exprimée à l'aide d'une combinaison de noms de
nombre avec des chiffres romains.
Voici quelques exemples :
(1022] Data anno millesimo XX secundo ab Incarna-
tione Domini.
(1091) Anno dominicae Incarnationis millesimo nona-
gesimo P.
(1109) Anno ab Incarnatione Domini millesimo CVIIII.
(1173) Anno ab Incarnatione Domini M* C^ LXX*
tercio.
§ 5. — Chiffres arabes.
Les chiffres appelés chiffres arabes^ parce que la con-
naissance nous en est parvenue par l'intermédiaire des
Arabes , sont en réalité d'origine indienne. C'est Gerbert
qui les a divulgués à l'Occident. Le zéro ne fut toutefois
inventé qu'au xii® siècle.
156 SIGNES AUXILIAIRES DE l'ÉCRITURE
Nous empruntons à Wattenbach un tableau des trans-
formations que les chiffres arabes ont subies à travers le
moyen âge.
XII* siècle.
XIII* siècle.
XIV* siècle.
XV* siècle.
1. >
1
t
t
2.
t' \
3. > t }
* d t $
^ ^ 9 f
4.
5.
6.
7.
8.
9.
0.
Les adjectifs numéraux ont été abrégés avec les chiffres
arabes de la même façon qu'avec les chiffres romains :
Ainsi :
1* == prima.
2* = secunda.
NOTATION MUSICALE 157
2arie __. secundaHe ,
2abuB ^ duabus.
3bu. ^ tribus,
4^"* = quadrupla,
10°* = decimum.
giig __. sextilis.
Voici trois abréviations intéressantes :
j gales __. decemnovennales.
7^' = septentrionali,
3**' = trinitas,
A partir du xiv® siècle on rencontre fréquemment, pour
exprimer des noms de nombre ou des dates, le mélange
des chiffres romains et arabes.
§6. — Notation musicale.
La notation musicale employée du viii® au xii® siècle
dans les livres d'église, consiste ordinairement en un cer-
tain nombre de signes nommés neumes placés au dessus
des syllabes qui doivent être chantées.
Quelquefois, mais rarement, la notation neumatique
est accompagnée d'une notation alphabétique. Celle-ci,
qui dérive des systèmes antiques , n'a guère été usitée ,
au moyen âge, que dans les ouvrages didactiques.
On distingue deux sortes de notation neumatique. Tune
composée d'accents, l'autre de groupes de points.
Les accents musicaux sont dérivés des accents gram-
maticaux.
158 SIGNES AUXILIAIRES DE l'eGRITURE
Il n'y a donc dans la notation neumatique que deux
signes primitifs et essentiels, Taccent aigu, qui marque
une élévation de la voix et T accent grave qui marque un
abaissement de la voix. Le premier était, à l'origine,
tracé de bas en haut; il a été appelé ifirga ou virgula; le
second s'est raccourci jusqu'à devenir un simple point,
punctum.
Voici, d'après dom Joseph Pothier*, la liste et le
tableau des neumes les plus usités.
1 Punctum : accent grave. Cet accent n'a l'apparence
d'un point que lorsqu'il est isolé; en composition, il
garde sa forme primitive.
2 Virga : accent aigu. Dans certains manuscrits, il est
perpendiculaire.
3 Flexa ou clwis : accent circonflexe , formé d'un accent
aigu et d'un grave.
4 Pes ou Podatus : accent anticirconflexe, formé d'un
accent grave et d'un aigu.
5 Scandicus : deux accents graves et un accent aigu.
6 Salicus : même combinaison que le scandicus.
7 Climacus : accent aigu et deux accents graves.
8 Torculus : accent grave, accent aigu, accent grave.
9 Porrectus : accent aigu, accent grave, accent aigu.
10 Podatus subbipunctis : accent aigu, deux accents
graves.
11 Climacus resupinus : accent aigu, deux accents graves,
accent aigu.
1 . Dom Joseph Polhier, Les mélodies grégoriennes d'après la tradition ,
Tournay, 1880, in-8.
NOTATION MUSICALE 159
12 Scandions flexus : deux accents graves , accent aigu ,
accent grave.
13 Scandicus subbipunctis : deux accents graves, un
accent aigu, deux graves.
14 Torculus resupinus : accent grave, accent aigu^
accent grave, accent aigu.
15 Porrectus flexus : accent aigu , accent grave , accent
aigu, accent grave.
16 Porrectus subbî'punctis : accent aigu , accent grave ,
accent aigu, deux accents graves.
1. •
/
5. .•
.^
13. .• •
2. /
/
6. :*
10. *^
14. \V
3. /?
,./:
11. /•/
\h,A4
* y
8. c^
1. .-^
l6,/J/(
D'autres neumesy modifications des précédents, expri-
maient les ornements mélodiques : pressus, strophicus y
oriscus, quilismay epîphonus, cephalicusy ancus.
La seconde espèce de notation neumatique consistait
en points superposés. Les deux systèmes, celui des
accents et celui des points, ont fini par se confondre en
partie. Dans certains manuscrits l'on rencontre un sys-
tème mixte.
A l'aide des neumes on pouvait indiquer l'acuité ou la
gravité d'un son , mais nullement le degré d'acuité ou de
gravité de ce son; en d'autres termes, l'intervalle des
CHAPITRE VI
:materiaux et instruments de lecriture
Les substances qui au moyeu âge ont servi à la trans-
<;ription des actes publics et des livres sont : le papyrus ,
Je parchemin, le papier et les tablettes de cire.
§ 1. — Papyrus,
On donne le nom de papyrus [charta Aegyptiacd) à un
papier fabriqué avec la tige d'un roseau [cy parus papy--
.rus) qui croit surtout en Egypte , dans les marécages du
Bas-Delta. Pline [Histoire naturelle y XIII, 21) nous a
laissé sur la fabrication du papyrus d'intéressants détails
•<{ue nous résumerons très brièvement. Les tiges des
roseaux étaient d'abord divisées en bandes très minces ,
mais aussi larges que possible; puis sur ces bandes
placées les unes à côté des autres étaient appliquées
transversalement d'autres bandes, de manière à former
«ine sorte de treillage.
L'eau du Nil dont on avait eu soin de les humecter
164 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉCRITURE
suffisait à décomposer le mucilage qu'elles contenaient et
à les faire adhérer les unes aux autres. La feuille de
papyrus ainsi obtenue était soumise à une forte pression
puis séchée au soleil. On faisait disparaître les inégalités
du tissu en le frottant avec un coquillage. Enfin des
encollages de divers genres donnaient au papier plus ou
moins de finesse et de souplesse.
Nous n'avons pas h nous occuper de Tusage du papyrus
chez les anciens. Qu'il suffise de rappeler ici que les
Egyptiens d'abord, puis les Grecs et les Romains s'en
sont servis. Le plus ancien document connu sur papyrus
est une énumération des travaux faits aux digues du Nil ;
il est antérieur au m® siècle avant J.-C.
Les livres écrits sur cette matière étaient toujours rou-
lés autour d'un cylindre, d'où le nom de volumen (de
volvere^ rouler), qui leur était donné. On a retrouvé à
Herculanum près de 2000 rouleaux carbonisés dont le
déchiffrement n'est pas encore terminé. Ces précieuses
reliques n'ont pas apporté à l'histoire de la littéra-
ture ce qu'on en pouvait espérer. Elles ne renferment
guère que des œuvres de philosophes grecs, Epicure,
Philodème, Polistrate, Métrodore. Le plus curieux docu-
ment qu'on y ait retrouvé est un fragment d'un poème
latin sur la bataille d'Âctium. On peut consulter sur
les papyrus d'Herculanum les ouvrages suivants : Andréa
de Jorio, Officina dei papiri, Napoli, 1825; Giacomo
Castrucci, Tesoro letterario de Ercolano, Napoli, 1855;
Boot, Manuscrits trouvés à Herculanum ; Herculanensium
voluminum quœ supersunt^ Napoli, in-4; Herculanen-
sium etc. , collectio altéra , Napoli , in-4 ; Domenico
Comparetto, Papiro Ercolanese inedito ^ Turin, 1875,
in-S.
PAPYRUS 165
Nous savons que dès le v® siècle la chancellerie de
Constantinople expédiait les rescrits impériaux sur
papyrus.
Justinien (Nov. XL, iv, 12) enjoignit aux notaires
"d'écrire leurs actes sur des feuilles de papyrus portant
l'estampille du comte des sacrées largesses.
En Italie, les actes d'intérêt privé étaient écrits sur
papyrus, au moins dès le vi® siècle. Nous avons déjà cité
les chartes de Ravenne (p. 25).
En Gaule, au vu® siècle, la chancellerie des rois méro-
vingiens se servit surtout de papyrus. On conserve, aux
Archives nationales, onze diplômes royaux écrits sur
cette matière. Le plus ancien est un diplôme de
Clotaire II, daté de Tan 625; le plus récent, un diplôme
de Clovis III, du 5 mai 692. (Voyez plus haut, p. 33.)
Dès le vïii® siècle , le papyrus devint rare en Gaule ;
peut-être en faut-il chercher la cause dans l'occupation
de TEgypte par les Musulmans. Toutefois une lettre
écrite par Maginaire, abbé de Saint-Denis en 787, est
encore sur papyrus.
Au IX® siècle, le verso de quelques papyrus mérovin-
giens servit à la transcription d'autres actes.
La chancellerie pontificale a employé le papyrus pour
•expédier les bulles jusqu'au milieu du xi® siècle. C'est
sur cette matière, à l'exclusion de toute autre, que
furent écrites les lettres pontificales jusqu'à la fin du
X® siècle. La Bibliothèque nationale possède une bulle
sur papyrus de Silvestre II, en date du 23 novembre 999.
Elle est exposée dans la galerie des chartes sous le
n® 420. Une reproduction héliographique a été donnée
dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. XXXVII
(1876).
166 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DB l'ÉCRITURB
Au XI* siècle on constate l'emploi simultané, dans la
chancellerie romaine , du papyrus et du parchemin. Le
parchemin fait son apparition en 1022 ; mais il ne sup--
planta pas complètement le papyrus. Car la cathédrale du
Puy avait autrefois dans ses archives une bulle de 1052
sur papyrus; et Grégoire IX, au xia* siècle, fit trans-
crire, en forme authentique, une bulle de Victor II, datée
de 1057, qui était aussi sur papyrus.
Le papier d*Egypte, dont on se servait volontiers dan&
les chancelleries aux vi et vu* siècles , a été au contraire
rarement employé pour la transcription des livres à par-
tir du VI* siècle. Dans les écrivains latins du moyen âge
l'expression chartaceus codex désigne un manuscrit en
papyrus. Paoli, dans son livre intitulé : Del papiro,
p. 56, Florence, 1878, gr. 8* (Pubblicazione del R. Istituta
di Studi superiori in Firenze ^ sezione di filosofia e
filologia)y a dressé la liste des manuscrits latins écrits-
sur papyrus. Citons les Homélies de saint Avit, évêque
de Vienne, du vi* siècle (Bibl. nat., lat. 8913 et 8914).
Dans ce manuscrit chaque cahier de papyrus est compris
entre une double feuille de parchemin qui sert à le pro-
téger. Un manuscrit de saint Augustin, en écriture
onciale du vi* ou vu* siècle, conservé partie à la Biblio-
thèque nationale (lat. 11641), partie à la bibliothèque de
Genève, a été étudié, ainsi que le manuscrit de saint
Avit, par MM. Delisle et Bordier, dans Etudes paléogra^
phiques et historiques sur des papyrus en partie inédite
renfermant des homélies de saint Avit et des écrits de
saint Augustin; Genève, 1866, in-4®. Citons encore, à
Milan, un manuscrit de la traduction de Flavius Josèphe,.
par Rufin, du vn* ou viii* siècle.
Nous avons déjà eu l'occasion de signaler (pp. 24, 25
PARCHEMIN 167
et 34) plusieurs' ou vragei^ où sont étudiés les manuscrits
et chartes sur papyrus, et d'abord le livre classique de
Marini; puis le mémoire de M. de Wailly; les recueils
de fac-similé de ChampoUion-Fîgeac et de Letronne.
On peut encore consulter le mémoire de Dureau de la
Malle sur le papyrus et la fabrication du papier chez les
anciens y dans Mémoires de U Académie des Inscriptions y
t. XIX (1851), Impartie, p. 141. Enfin nous avons indiqué
plus haut (p. 166) le livre où le professeur Cesare Paoli a
condensé et sur plusieurs points complété et rectifié
toutes les études antérieures sur le papyrus.
§ 2. — Parchemin.
Pline (XIII, 21) rapporte que Ptolémée V Epiphane,
roi d'Egypte (205-185 avant J.-C), inquiet du dévelop-
pement que prenait la bibliothèque de Pergame, et jaloux
de conserver à celle d'Alexandrie le premier rang dans
le monde, prohiba Fexportation du papyrus. Les habi-
tants de Pergame auraient alors trouvé le moyen de
rendre les peaux d'animaux propres à recevoir l'écriture
d'où le nom de charta pergamena^ pergamenum^ parche-
min, donné à ces peaux ainsi préparées.
Du IV* siècle au xvi* siècle, le parchemin a été la
matière la plus communément employée pour écrire les
livres et les actes. En France, du ix* au xii® siècle, le
parchemin règne en maître.
La peau de mouton formait la matière la plus ordi-
naire du parchemin. Toutefois on employait aussi la peau
de chèvre et celle de veau.
168 MATERIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉCRITURB
Le vélin n'est qu'une variété de parchemin. II était
Fabriqué avec la peau d'un animal jeune ou même avec des
peaux d'agneaux morts nés.
Le vélin ne se distingue du parchemin que par sa plus
grande souplesse et l'absence des points transparents
que produit dans la peau des animaux adultes l'enlève-
ment des bulbes pileux.
Les livres du moyen âge se composent d'une série de
cahiers rectangulaires [quaterniones) consistant chacun en
quatre feuilles ou quelquefois trois feuilles de parchemin.
Ces livres appelés codices s'opposent aux ifolumina ou
rouleaux. Plus ils se rapprochent de la forme carrée,
plus ils sont anciens.
Généralement les manuscrits sur papyrus n'étaient
écrits que d'un seul côté ; les manuscrits en parchemin
sont opistographes, c'est-à-dire que l'écriture est tracée au
recto et au verso de chaque feuille. Dans les chartes,
le texte n'occupe ordinairement qu'un seul côté ; les
chartes opistographes sont très rares. Une charte opis-
tographe n'est le plus souvent qu'une copie d'un docu-
ment original. Tel est, croyons-nous, le caractère d'un
document non daté ^ mais que son écriture et son style
doivent faire attribuer au xi® siècle, et qui est conservé
aux Archives nationales sous la cote L 457, n® 3.
Le professeur Paoli a signalé aux archives de l'Etat, à
Sienne, une charte originale opistographe de l'an 760, et
où les souscriptions commencées au bas du recto se
continuent au verso.
«
Dans les manuscrits tantôt le texte est écrit à pleines
lignes, tantôt il est disposé en colonnes (ordinairement
deux).
PAGINATION, RÉGLURE, PALIMPSESTES 169
Avant le xv® siècle les manuscrits ne sont jamais pagi-
nés ; ils sont seulement foliotés, c'est-à-dire qu'on numé-
rote chaque feuillet ; encore cet usage n'est-il pas antérieur
au XIII® siècle. Auparavant, on se contentait de numéroter
les cahiers. Le chiffre qui indique l'ordre de succession
•des cahiers s'appelle si^ature.
Un autre moyen de prévenir les erreurs dans la reliure
•des manuscrits consistait a écrire au bas du dernier
feuillet du cahier le premier mot du cahier suivant : ce
mot est la réclame.
Jusqu'au xi® siècle les pages des manuscrits sont réglées
à la pointe sèche.
Au XI® siècle commence la réglure à la mine de plomb,
à Tencre noire ou rouge.
Aux xiii® et XIV® siècles la réglure a la mine de plomb
•est la plus ordinaire.
Dans les manuscrits du xv® siècle, l'écriture repose
souvent sur des lignes rouges.
A certaines époques le parchemin devint si rare qu'on
fit usage d'anciens livres pour y transcrire de nouveaux
textes; à cet effet on grattait la première écriture. Cela se
pratiqua surtout à partir du ix® siècle.
Les manuscrits écrits ainsi à plusieurs reprises sont
dits palimpsestes. Il y a eu des manuscrits qui ont reçu
successivement jusqu'à trois écritures, par exemple un
manuscrit de Messine, signalé dans les Mélanges de
r Ecole française de Rome y 8® année, p. 312, et où sont
superposées des écritures du vi®, du ix® çt du xii® siècle ;
ou bien encore le manuscrit addit. 17212 du Musée
Britannique. Dans ce dernier une onciale du v® siècle,
effacée au vi® siècle, a fait place à un ouvrage de gram-
170 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DB l'ÉGRITURB
maire écrit ea cursive, lequel a été lui-même recouvert au
IX* ou au X® siècle d'un texte syriaque des homélies de
saint Jean Chrysostôme.
Mais comme l'encre pénètre généralement dans le
parchemin, les grattages n'empêchent pas qu'on ne
puisse à l'aide de réactifs chimiques faire revivre les
caractères du texte primitif. On trouvera dans les-
Exempla de Zangemeister et Wattenbach, tab. xvii, et
dans l'atlas de la Société paléographique de Londres,
pi. 160 des fac-similé d'un volume palimpseste, le manus-
crit latin 5757 du Vatican , qui contient le De republica
de Cicéron en onciales du iv" siècle disposé en deux
colonnes , sur lequel a été écrit à pleines lignes , à la fin
du vil® siècle , le commentaire de saint Augustin sur les-
Psaumes.
Le cardinal Angelo Mai* s'est rendu célèbre par ses-
lectures de palimpsestes. La littérature ancienne lui est
redevable de la connaissance d'un grand nombre de
textes importants^.
Le parchemin a été souvent enduit d'une substance
minérale destinée à lui donner plus de blancheur. Mais
on Ta teint aussi en pourpre, et cela dès l'antiquité. Des
lettres d'or ou d'argent se détachaient sur ce fond
pourpré.
Du VI® au IX® siècle on a écrit des manuscrits tout
entiers sur parchemin pourpré ; souvent aussi aux viii* et
IX® siècles on s'est contenté de teindre en rouge les
premières pages ou encore de larges bandes destinées
à recevoir les titres ou les premières lignes
1. Voyez le chapitre consacré par Wattenbach à Tétade des palimpseste»
dans DiM Schriftwesen , p. 247.
ROULEAUX DE PARCHEMIN 171
Nous avons parlé de la forme des livres ou codices.
Quant aux chartes , elles sont écrites sur des feuilles de
parchemin toujours rectangulaires, mais dont les dimen-
sions varient à Tinfini.
Les archives et bibliothèques renferment un grand
nombre de manuscrits nommés rouleaux [rotuli) composée
d'une suite de feuilles de parchemin assez étroites et cou-
sues bout à bout; ces rouleaux dérivent des uolutnina de
Tantiquité. Les rouleaux étaient particulièrement réser-
vés, aux XIII® et XIV® siècles, à la transcription de certains
documents judiciaires ou financiers tels qu'enquêtes et
tarifs de péages. Les arrêts du Parlement étaient consi-
gnés après chaque session sur un rouleau. De plus, on
transcrivait sur un rouleau spécial tous les arrêts relatifs
à un bailliage ou à une sénéchaussée. M. Ch. V. Langlois
a attiré l'attention des historiens sur ces précieux docu-
ments dans deux mémoires, le premier intitulé : De monu-
mentis ad priorem curiœ régis fudiciariœ historiam perti-
nentibuSy Paris, 1887, in-8; le second : Rouleaux d! arrêts
de la cour du roi au xiii® siècle ^ dans Bibliothèque de
VEcole des Chartes t. XLVIII (1887), p. 177.
Toute une série des anciennes archives du Parlement
de Paris, la série des accords, consiste en rouleaux sur
parchemin ou sur papier, compris entre les années 1318
et 1599.
Comme exemple de documents financiers nous citerons
le compte des recettes et dépenses faites par Raoul de
Louppy, d'abord comme gouverneur du Dauphiné de
1361 à 1369, puis comme administrateur des châtellenies
de la comtesse de Bar de 1373 à 1376, compte entendu
à la Chambre des comptes en 1376 et dont Toriginal,
conservé à la bibliothèque du Vatican, se compose de
172 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE L ECRITURE
treize peaux de parchemin mesurant ensemble 8 m. 14
de longueur; ce rouleau est incomplet, mais il en existe
aux archives de Grenoble une copie contemporaine
publiée par M. Tabbé Chevalier; le rouleau de Grenoble
•comprend vingt-cinq peaux de parchemin ; sa longueur
est de 14 mètres.
Les documents appelés rouleaux des morts sont très
intéressants. Au moyen âge, quand un moine mourait
dans une abbaye, ses frères écrivaient son nom en tête
d'une feuille de parchemin, puis demandaient des prières
pour le repos de son âme. L'un d'eux allait de monas-
tères en monastères recueillant des promesses de prières
qui étaient inscrites sur le parchemin à la suite les unes
des autres. La première feuille de parchemin remplie, on
«n ajoutait une seconde et ainsi de suite jusqu'à former
des rouleaux très longs. Chacune des formules inscrites
sur le rouleau par les divers couvents s'appelait titulus.
Est-il besoin de faire remarquer combien précieux sont
ces rouleaux pour l'histoire de la paléographie. Tous ces
tituli sont autant d'exemples des écritures employées à
une même époque dans les divers pays de la France. On
consultera sur ces documents le mémoire de M. Delisle
intitulé : Des monuments paléographiques concernant
r usage de prier pour les morts y dans Bibliothèque de
r Ecole des Chartes^ 2" série, t. III, p. 380.
Le même savant a réuni en un volume publié par la
Société de l'histoire de France les plus importants de ces
rouleaux. Un fragment du rouleau du bienheureux Vital,
fondateur de l'abbaye de Savigny, mort le 16 septembre
1122 , a été reproduit en photogravure dans Y Album paléo"
graphique y pi. 30. Ce précieux manuscrit est conservé aux
Archives nationales; il est exposé dans le musée sous le
PAPIER 175
n^ 138. Quoiqu'il soit incomplet, il renferme plus de deux
cents échantillons d'écriture recueillis à la fin de 1122 et
au commencement de Tannée 1123.
§ 3. ^ — Papier.
Tous les paléographes et diplomatistes avaient jusqu'en
ces derniers temps distingué ou plutôt cherché à distin-
guer deux espèces de papiers : le papier de coton fabriqué
avec de la bourre de coton à Tétat naturel, et le papier
de chiffe, fabriqué avec des chiffons réduits en bouillie.
Les fibres du chanvre et du lin , vues au microscope , ne
sauraient se confondre avec celles du coton. Les pre-
mières sont des cylindres cannelés, striés dans le sens de
la longueur avec des nodosités qui les font ressembler au
bambou; les secondes ont la forme de rubans aplatis
dont les bords se terminent en bourrelets.
L'examen que M. Briquet, de Genève, et M. Giry, de
Paris, ont fait des documents qui étaient considérés
jusqu'ici comme écrits sur papier de coton, les études
que ces deux savants ont poursuivies chacun de leur côté,
les autorisent à déclarer que tous les papiers conservés-
dans les bibliothèques et archives de l'Europe ne con-
tiennent que du chanvre et du lin. Il est bien vrai que
des textes du moyen âge mentionnent la charta bamba-
gina, charta bombycina^ mais les mots italiens bamba-
gino , bambagia , s'appliquent aux tissus de coton et par
suite à toute espèce de tissus blancs.
L'expression charta bambagina et d'autres du même
174 MATÉRIAUX BT INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURB
genre se rapportaient à une qualité extérieure du papier
«t non pas à sa composition chimique. Ne disons-nous
pas de la même façon du papier de soie ? Au reste charta
iombycina^ charta bambajciiy c'est mot à mot du papier
■de soie y puisque bombyx est le mot latin qui désigne le
ver à soie. Il n'y a donc jamais eu qu'une seule espèce de
papier, le papier de chiffe. Mais il n'a pas toujours été
<;ollé de la même façon ni avec la même habileté, ce qui
explique qu'on trouve des papiers d'aspects très divers et
de qualités inégales.
Le papier a été en usage chez les Arabes, dès le
X* siècle. Vers 1130, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny,
connaissait le papier et dit qu'on le fabriquait avec de
vieux chiffons. En France il fut d'abord employé dans le
Midi dès le xiii° siècle, surtout pour les registres. Ainsi
les plus anciens documents sur papier conservés aux
Archives nationales sont : le registre des enquêteurs du
Languedoc, écrit en 1248 (Musée, n® 248); le registre
des dépenses d'Alphonse de Poitiers, 1243-1248 (Musée,
n® 247), le registre des commissaires en Toulousain, 1272-
1274 (Musée, n® 281). Le papier ne se répandit dans le
Nord de la France qu'au xiv* siècle. On l'employa pour
les lettres missives, les lettres closes, mais jamais avant
l'invention du papier timbré (1655) pour transcrire les
actes authentiques. Les livres proprement dits n'ont pas
été écrits sur papier avant le xv* siècle.
On consultera sur le papier : Briquet, Recherches sur
les premiers papiers employés en Occident et en Orient du
X* au XIV® siècle y dans Mémoires de la Société nationale
des Antiquaires de France y t. XL VI (1885), p. 133.
TÂBLVTTSS DB CIRB 175
S 4. — Tablettes de cire.
L'usage de tracer avec une pointe des caractères sur
des tablettes de bois recouvertes d'une couche de cire
remonte à l'antiquité.
Deux tablettes de cire réunies s'appelaient diptycha;
trois tablettes, triptycha; un plus grand nombre, poly-
ptycha ou codex. Ce sont les volumes, codices, formés
par la réunion des tablettes qui ont donné naissance à la
forme des manuscrits en parchemin du moyen âge.
Bien que les plus anciennes tablettes de cire que le
moyen âge nous ait laissées ne soient pas antérieures au
XIII® siècle, il est toutefois hors de doute qu'on n'a jamais
cessé de s'en servir depuis le vi® siècle, comme le prouvent
les nombreux textes cités par l'abbé Lebeuf, dans son
Mémoire touchant F usage d^ écrire sur des tablettes de
cire {Académie des Inscriptons, t. XX, p. 267). D'autres
témoignages ont été réunis par Edélestand du Méril, De
r usage non interrompu jusqu à nos jours des tablettes de
cire, dans Revue archéologique j nouvelle série, t. II (1860),
p. 1, et par Wattenbach, Das Schriflivesen, p. 44 et suiv.
La disparition de ces monuments ne surprend pas si
Ton songe qu'on n'y consignait guère que des choses
dont il était inutile d'assurer la durée ; les tablettes de
cire servaient surtout à prendre des notes et k faire des
comptes.
Les plus célèbres tablettes du moyen âge sont celles
que l'on conserve aux Archives nationales dans le Trésor
176 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURB
des Chartes. Ce sont quatorze feuilles en bois de platane
arrondies par le haut, enduites de cire sur les deux
côtés , à Texception de la première et de la dernière qui
forment couverture et qui par conséquent n'ont reçu de
cire qu'à Tintérieur. Des bandes de parchemin relient
ces feuilles les unes aux autres. M. N. de Wailly, dans
un Mémoire inséré dans les Mémoires de V Académie
des Inscriptions y t. XVIII (1849), p. 536, et dans un
article intitulé : Addition au mémoire sur les tablettes
de cire, imprimé dans la Bibliothèque de V Ecole des
Chartes, 3® série, t. I (1849), p. 393, a démontré que ces
tablettes contenaient les recettes et dépenses de Jean
Sarrazin, Tun des chambellans de saint Louis, depuis la
Chandeleur 1256 jusqu'à la Toussaint 1257. Elles ont été
publiées dans le Recueil des historiens de France, t. XXI,
p. 284. L'une d'elles y a été reproduite en fac-similé.
Dans le t. XXII du même Recueil ont été publiées
(p. 430) les tablettes de Pierre de Condeto conservées à la
Bibliothèq^ie nationale, analogues à celles de Jean Sar-
razin, mais relatives aux règnes de Phillippe III et de
Philippe IV Quin 1282 à novembre 1285); et diverses
autres tablettes de cire conservées à la Bibliothèque
nationale, à Genève, à Florence, parmi lesquelles les
plus célèbres sont celles de Jean de Saint-Just compre-
nant les dépenses de la maison du roi depuis le 28 avril
1301 jusqu'au 31 mars 1302. Citons encore les tablettes
de cire des Archives de Senlis qui contiennent des
fragments de la minute d'une enquête faite, en 1319, sur
la gestion financière de magistrats municipaux. Elles ont
été déchiffrées par M. Flammermont, Histoire des insti^
tutions municipales de Senlis, p. 188 (Paris, 1881, in-8®).
A côté des tablettes de cire, il convient de dire un mot
ENCRE
177
des tablettes d'ivoire sur lesquelles on écrivait directe-
ment avec de l'encre. Leur usage a été exceptionnel.
Aucun des diptyques d'ivoire où les églises transcrivaient
les noms de leurs prélats, ne nous est parvenu.
On a dû se servir des diptyques consulaires, car le
Cabinet des médailles, à Paris, eu possède un, provenant
de Féglise d'Autun et au revers duquel on a transcrit, au
IX® ou au X® siècle, des litanies.
§ 5. — Encre,
L'encre noire est l'encre employée communément. Le
moyen âge nous a laissé de nombreuses recettes pour
sa fabrication; on se servait surtout de la noix de galle
et du sulfate de fer.
Les documents écrits en encre noire sont plus ou
moins pâles suivant les époques et les pays. Pendant la
période carolingienne et même encore au xi® siècle,
l'encre a un reflet roux. Aux xii® et xm® siècles, l'encre
est très noire. Après cela, elle pâlit de plus en plus. Il
est arrivé que, sous l'action du temps et de l'humidité,
des encres du moyen âge sont devenues illisibles; pour
les faire revivre il suffira d'étendre sur le parchemin, au
moyen d'un pinceau, une couche légère de sulfhydrate
d'ammoniaque concentré. Ce procédé ne détériore pas
les manuscrits.
Bien qu*il n'entre pas dans notre cadre de parler des
lettres ornées dont l'étude se rattache à celle des pein-
tures et ornementations des manuscrits, nous devons
signaler l'emploi de l'encre rouge pour tracer soit les
1 À
178 MATÉRIAUX ET iNStRUMËNTS DE l'ÉCRITURË
titres, soit les premières lignes d'un manuscrit ou d'un
chapitre, soit encore les initiales. Du vi® au xi® siècle
les initiales rouges sont rares ; on trouve plutôt des lettres
dont les contours sont tracés en noir et dont l'intérieur
est orné de couleur rouge, verte ou jaune. Les initiales
rouges, bleues et vertes sont communes au xii* siècle.
L'emploi de l'encre verte devient plus rare au siècle
suivant. Un des caractères des manuscrits du xiii*' siècle,
c'est l'alternance des initiales rouges et bleues. Ces
initiales sont empruntées les unes à l'alphabet oncial,
les autres à l'alphabet capital.
L'encre rouge n'apparaît que rarement dans les di-
plômes. Cependant, d'après M. de Wailly, Charles le
Chauve a donné quelques signatures en cinabre. Il faut,
sans doute , entendre par signature le monogramme , car
le même fait se présente dans un diplôme de Louis YI
(1127) exposé au Musée des Archives nationales sous le
n^ 141, et où la première ligne, les initiales des phrases
et le monogramme royal sont en rouge.
On conserve aux Archives départementales du Loiret un
diplôme de Philippe P' où le texte est écrit en vert, les
souscriptions en noir. Mais, à la suite d'un examen minu-
tieux, nous avons pu nous convaincre que la charte était
primitivement tout entière écrite en encre noire, car on
retrouve au milieu du texte quelques lettres restées
noires. Un sel de cuivre était probablement entré dans la
composition de cette encre devenue verte sous l'influence
d'une action chimique. Si les souscriptions n'ont pas
subi le même changement, c'est qu'elles ont été tracées
postérieurement et avec une autre encre.
Les encres métalliques d'or et d'argent ont été em-
ployées pour la transcription des livres de luxe dans
ENCRE 179
l'antiquité et au moyen âge. Pour l'antiquité nous nous
contenterons de renvoyer à l'article que M. Ch. Graux a
consacré à la Chrysographie dans le Dictionnaire des
antiquités de Daremberg et Saglio, p. 1138.
Au III® siècle se répandit la mode d'écrire en lettres
d'or et d'argent sur du parchemin teint en pourpre. A
partir de Constantin le Grand, cette sorte de calligraphie
fut réservée aux copies de l'Ecriture sainte. Même les
Pères de l'Eglise s'en indignèrent craignant que les
fidèles ne fussent distraits de la lecture du texte sacré
par la beauté de l'écriture.
L'un des plus anciens exemples qui nous soient par-
venus de l'emploi des lettres d'argent sur parchemin
pourpré est un psautier, écrit en onciale, et qui paraît
remonter au vi® siècle ; les titres et les mots Dans,
Dominas^ Christus, Spiritus Sanctus sont en lettres d'or ;
c'est le manuscrit latin 11947 de la Bibliothèque natio-
nale. Voyez un fac-similé dans Delisle, Cabinet des
manuscrits y pi. vu, n® 3.
Au temps de Charlemagne, la chrysographie reprit
faveur. M. Delisle rapporte à la fin du viii® siècle deux
évangéliaires écrits en capitales d'or sur parchemin pour-
pré (Bibliothèque nationale, lat. 11955, et lat. 9383).
Citons encore, de la même époque, le manuscrit latin
9451 de la Bibliothèque nationale, qui est un recueil des
épîtres et évangiles des messes de l'année, en lettres
d'argent, sauf les titres et les grandes initiale^ qui sont
en or.
Nous avons mentionné plus haut (p. 81) le magnifique
évangéliaire de Charlemagne écrit sur parchemin pourpré
en onciales d'or, et exécuté par Godesscalc. Le manu-
180 MATÉRIAUX ET INSTRUMENTS DE l'ÉGRITURE
scrit latin 8850 (Bibliothèque nationale, galerie Mazarine,
armoire XX, n® 223) est aussi un évangéliaire en onciales
d'or exécuté au commencement du ix" siècle, mais il est
sur parchemin blanc. (Voyez des fac-similés, dans Paléo-
graphie universelle, pi. cxxiv; Bastard, pi. lu à lvii ;
Delisle, Cabinet des manuscrits y pi. xxii, n® 5.) Un
volume de même nature est Tévangéliaire écrit vers 825
pour Ebbon, archevêque de Reims, et conservé à la biblio-
thèque d'Epernay (fac-similé, dans Rec, fac^s. Ecole des
Chartes y pi. cxxxix.
Le psautier de Charles le Chauve est en onciales d'or ;
il a été écrit entre 842 et 869 ; les titres seuls sont tracés
sur des bandes de couleur pourpre (Bibliothèque natio-
nale, lat. 1152 ; galerie Mazarine, vitrine XXX, n* 267).
Pour la seconde moitié du ix® siècle, citons un évan-
géliaire du Musée Britannique, fonds Harléien, n® 2797.
Dans un certain nombre de manuscrits carolingiens en
encre noire, les titres, les initiales, les noms du Christ,
de Dieu, du Saint-Esprit, sont seuls tracés en lettres d'or
ou d'argent.
Après le ix® siècle, les manuscrits ont été rarement
copiés tout entiers en lettres d'or. On peut toutefois citer
Tévangéliaire connu sous le nom d^Apocalice, exécuté
entre 1002 et 1014, et donné par Charles V à la Sainte-
Chapelle en 1379 (Bibliothèque nationale, lat. 8851.
Voyez plus haut, p. 92).
Les chancelleries françaises n'ont pas fait usage des
encres métalliques. Mais, en Italie, en Allemagne et en
Angleterre, on trouve des diplômes en lettres d'or. En
Italie même, l'usage de l'encre d'or n'a pas été restreint
aux actes des souverains, car M. Paoli a signalé deux
STILES ET CALAMES
181
chartes privées, l'une de Salerne, en 1015, l'autre
d'Arezzo, en 1114, où des noms et des formules entières
sont écrits en or.
§6. — S t îles et Calâmes.
Dans l'antiquité et au moyen âge, on employait, pour
tracer les caractères sur les tablettes de cire, une tige
de fer pointue nommée stilus ou graphium. L'extrémité
opposée à la pointe se terminait par une palette dont on
se servait pour effacer les caractères et aplanir la surface
de la cire. Il y a eu des stiles en tout autre métal que le
fer, et aussi en ivoire et en bois.
Le calamusy que les anciens ont encore désigné par les
noms de fistulay arundoy canna^ était un roseau taillé à la
manière de nos plumes, et à l'aide duquel on traçait à
l'encre des caractères sur le papyrus ou le parchemin.
Le calamus est resté en usage en Occident jusqu'au
XII® siècle.
Quant aux plumes d'oiseau , Isidore de Séville, qui
vivait au vu® siècle après J.-C, est le premier auteur qui
les mentionne comme instruments de l'écriture. Au
XIII* siècle la plume remplaça presque complètement le
roseau. La plume d'oie avait la préférence.
La plume métallitjue a été connue de l'antiquité. C'était
un calamus en bronze.
PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS
CONSERVES
DANS LES BIBLIOTHÈQUES ET ARCHIVES DE FRANGE
Antiphonaire. — Livre liturgique, contenant la partie
de l'office chantée par le chœur en dehors de la messe.
Bible. — Livre qui contient l'Ancien et le Nouveau
Testament. La traduction latine la plus répandue du
vi® au XII® siècle fut celle de saint Jérôme, appelée
Vulgate. On désigne sous le nom à'Itala une autre version
latine très ancienne. Au ix® siècle, Alcuin et Théodulfe
révisèrent le texte de TAncien Testament. Les Cister-
ciens, au XII® siècle, et les Dominicains, au xiii® siècle,
soumirent la Bible à une nouvelle révision. La révision
des Dominicains donna naissance aux manuscrits dits
correctoires qui contiennent des corrections au texte des
livres saints : en même temps apparurent les concor-
dances. Au XIII® siècle fut inventée la division de la
Bible en chapitres ; la division en versets est Tœuvre de
Robert Estienne qui l'employa pour la première fois dans
l'édition du Nouveau Testament de 1548. Le texte officiel
de la Vulgate est maintenant celui de l'édition de 1592,
approuvé par Clément VIIL — Dans les manuscrits anté-
rieurs au XII® siècle, les Evangiles sont ordinairement
184 PRINCIPALES ESPÈCES DR MANUSCRITS
précédés de tableaux appelés canons qui établissent la
concordance entre les quatre évangiles. En outre, dans
certains manuscrits de l'époque carolingienne, des notes
marginales indiquent la concordance entre les passages
similaires des diflFérents évangiles. — Quelques manus-
crits des XII® et xiii" siècles contiennent des Emhlemata
biblica : ce sont des livres'où les principaux passages de
l'Ancien Testament sont transcrits en regard des passages
correspondants du Nouveau. — Les bibles glosées sont
celles qui renferment une glose marginale et interlinéaire
tirée des Pères de l'Eglise. — A la fin du xiii® siècle
apparaissent les Bibles historiales ^ histoires saintes en
français, dont la base est la Bible historialey composée par
Guyart Desmoulins, de 1291 à 1295, sur YHistoria
scolastica de Pierre le Mangeur; au xiv® siècle, on
intercala dans l'œuvre de Guyart Desmoulins des extraits
de la version française de la Bible élaborée, au milieu du
xm® siècle, dans l'Université de Paris. Voyez Samuel
Berger, La Bible française au moyen âge , Paris , 1884 ,
in-8«.
Bréviaire. — Livre liturgique contenant toutes les
parties de l'olïice, moins la messe, c'est-à-dire les heures
canoniales. Un bréviaire du moyen âge renferme toujours
un calendrier qui permet de déterminer, à l'aide des
fêtes, des octaves, des translations, des dédicaces
d'églises, le diocèse pour lequel il a été composé; les
noms des fêtes les plus solennelles sont écrits en rouge,
quelquefois en bleu; c'est parmi ces noms qu'il faut
chercher les fêtes locales.
Cartulaire. — Registre contenant les privilèges et
titres de propriété d'une église, d'une ville ou d'une
PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS 185
seigneurie. Le Ministère de rinstriiction publique a publié
un Catalogue général des cartiil aires des archives dépar-
tementales, Paris, 1847, in-4**.
M. Ulysse Robert a dressé Y Inventaire des cartulaires
conservés dans les bibliothèques de Paris et aux Archives
nationales, suivi d'une bibliographie des cartulaires,
Paris, 1878, in-8^ supplément, en 1879.
Censier. — Registre qui contient la liste de tous les
cens dus à un seigneur ecclésiastique ou laïc.
Directoire. — Ordinaire abrégé. (Voyez Ordinaire.)
Epistolier. — Livre liturgique contenant les leçons
tirées des épîtres qui se récitent à la messe, rangées
dans Tordre des jours de l'année.
EvANGÉLiAiRE. — Livrc Hturgiquc contenant des leçons
des Evangiles rangées dans l'ordre des jours de l'année.
Graduel. — Livre liturgique contenant la partie chan-
tée de la messe.
Lectionnaire. — Livre liturgique contenant des leçons
extraites des sermons des Pères rangées dans l'ordre
des jours de Tannée ; chaque' leçon étant précédée d'une
indication de l'évangile du jour.
Légendaire. — Livre liturgique contenant des leçons
extraites des Vies de saints, rangées suivant Tordre des
jours de Tannée.
Livre d'heures. — Livre d'église à l'usage des fidèles
laïcs, contenant un calendrier, les offices de la messe et
des vêpres , les offices de différents saints parmi lesquels
on rencontre ceux des saints patrons du possesseur,
l'office des morts et celui du mariage. A la fin des livres
186 PRINCIPALES ESPÈCES DE MANUSCRITS
d'heures il y a souvent des prières en vers français en
l'honneur de la Vierge. Les livres d'heures tenaient
quelquefois lieu de livres de raison ; le possesseur y
consignait les principaux événements de sa vie. Le livre
de messe actuel a remplacé le livre d'heures.
Martyrologe. — Catalogue des saints dont l'Eglise
célèbre la fête. Le martyrologe des abbayes bénédictines
comprenait le martyrologe d'Usuard, la règle de saint
Benoît, l'obituaire de Tabbaye. Dans le Midi, et surtout
chez les chanoines réguliers, le martyrologe d'Adon rem-
plaçait celui d'Usuard.
Missel. — Livre liturgique contenant les textes et
formules de l'office de la messe. Ce n'est qu'une transfor-
mation du sacramentaire. Ce livre ne contenait que les-
prières récitées à l'autel par le prêtre ou l'évêque. Vers
le X® siècle , on y ajouta les évangiles et les épîtres ; puis
les parties chantées de la messe : on eut ainsi le missel
plénier.
Obituaire ou Nécrologe. — Calendrier qui contient pour
chaque jour de l'année la liste des personnes défuntes,
dont une église célébrait la mémoire ou l'anniversaire.
Souvent l'obituaire mentionne les bienfaits des défunts.
Quelquefois l'obituaire proprement dit est suivi des actes
constatant les fondations pieuses faites dans l'église et le&
associations de prière.
Ordinaire. — Livre liturgique donnant, dans le plus
grand détail, l'indication de toutes les cérémonies ecclé-
siastiques, suivant l'ordre des jours de l'année. Il a été
remplacé par Vordo.
Polyptique. — Registre contenant la liste des biens et
revenus d'une abbaye.
PRINCIPALES ESPECES DE MANUSCRITS 187
Pontifical. — Livre liturgique contenant les formules
et textes relatifs aux sacrements et bénédictions conférés
par les évêques.
PouiLLÉ. — Etat des bénéfices d'un diocèse. En face
du titre de chaque bénéfice on inscrivait le nom du sei-
gneur ou patron à qui appartenait la collation du béné-
fice ; et quelquefois le nom du titulaire et la somme des.
revenus.
Psautier. — Un des livres de la Bible. On distinguait
au moyen âge trois versions : la version gallicane , la
version romaine et la version hébraïque. On appelle
psautiers tripartis ceux qui contiennent ces trois ver-
sions disposées sur trois colonnes. Les psautiers quadri-
partis renferment, en outre, un texte grec transcrit en
lettres latines ; ils sont sur quatre colonnes.
Rituel. — Livre liturgique contenant la forme de
l'administration des sacrements de Baptême, de Péni-
tence, d'Eucharistie, d'Extrême-Onction et de Mariage.
Sacramentaire. — Livre liturgique contenant les
prières récitées à l'autel par le prêtre ou l'évêque pour
la célébration de la messe. Le sacramentaire est l'œuvre
de saint Grégoire. Il porte le titre suivant : « In nomine
Domini, hic liber sacramentorum de circulo anni exposi-
tus a sancto Gregorio papa Romano editus, ex authentico
libro bibliothecse cubiculi scriptus. Qualiter missa romana
celebratur. » — Au xii* siècle, le sacramentaire fut
remplacé par le missel. Mais on trouve, au xi* siècle, des.
livres intermédiaires entre le sacramentaire et le missel.
Terrier. — Registre qui contient la liste de toutes le&
terres composant une seigneurie.
DICTIONNAIRE
DBS
ABRÉVIATIONS
LATINES ET FRANÇAISES
BMPLOTÉBS
DANS LES MANUSCRITS ET CHARTES
DU MOYEN AGE
OBSERVATIONS
L'ordre suivi dans le Dictionnaire est tordre alphabé-
tique^ abstraction faite des lettres supprimées dans les
abréviations et en ne tenant compte que secondairement
des lettres suscrites. Nous entendons par lettres suscrites
toutes celles qui sont écrites soit au dessus des autres
lettres, soit au dessus de la ligne.
Ainsiy pour la lettre A, on trouvera successivement : A
seul y A accompagné de signes abréviatifsy A accompagné
de lettres suscrites, A suivi de A sur la même ligne. De
sorte que Vabréviation a^™ = afiîrmativum, précède aati
= animati. Après aa vient le groupe ab, d'abord avec des
lettres suscrites, puis suivi de lettres écrites sur la même
ligne, et ainsi de suite.
Ce n'est qu^ exceptionnellement que nous avons fait
figurer dans ce Dictionnaire les abréviations qui peuvent
être résolues par V application des règles exposées dans le
chapitre IL
Un chapitre spécial est consacré aux mots commençant
par le signe abréviatif n^ 5, c'est-à-dire D ou ^ signifiant
com, con, cum, cun.
192 OBSERVATIONS
Dans les transcriptions ^ les lettres italiques représentent
les lettres supprimées ou remplacées par des signes
spéciaux.
Les abréviations latines sont empruntées pour la plu-
part au Lexicon diplomaticum de Walther; quelques-unes
ont été calquées soit sur les manuscrits originaux ^ soit sur
des fac-similés photogravés.
Les abréviations françaises sont tirées soit des manu'^
scrits et photogravures y soit de la Diplomatique pratique,
par Le Moine [MetZy 1765, //i-4®).
ABREVIATIONS
LATINES
£
<»
Â
«r
-am, -a/i
2ilius
Arguitur
Af. apparet
a/û
a/»ma
ailiàm
Ck^ ^ onimaiTum
C\ a/12/nas
a.'
a/£ud
dilicui
ij?M«r
aiffirmatixe
>
a/icui
S^afc
a/z>na
«C'»
a/io
4«^
ailiorum
^
ailiquai
a^f
aliter
^^
^rguere
^^
majorem
^ieô
majores
ifi
aliquis
<3
194
A» — AC
a
it^
^
etu
O-
K)
AUX
Aliter
SillegaXSL
amata
argamc/ituiw
O-H-^ji^ Alterna tiy as
Q^!^ Affirmatrfxim
a^^tt
a/timati
^9 Ambro5m5
^Jljf^ abso/ute
j^g^ abb«^M?5a
afiySfffe abbaftssa
abbafe
abban
^JSblà abbaria
aisW abbas
^[gjj^ abbatw^a
^IbbtXp abbati
abhomi/ta^ile
AhlaXwum
Ai^^
àbsentiA
.il^
Ahsque
jU/^
absolun'o
ab/k^
absXractio
ftc9
ACtUS
^
Alicujus
aV
aHcuï
aV
Alicui
S^
ACcidentAÏes^
oc^
ACtione
ae©t
accusât
acti
Aceipitur
Do
cxor
Accïpiendo
Acct
ACcidentAlis
^èfm^
Accusativum
Âocma
ACcerriuïA
*
a«rn
ACcidentiA
AC — AI
195
cutvvtc
accitffente
àccSi
acti^m
aA*-
aLCtualiter
d.cWÔ'j
SLCtionihus
c^
diàhuc
iâ
2iliquià
^
a/i^^d
Sh
diliquoà
^à
a/md
a&sr
addmo
aiir^
addz'mr
^
ade^^e
âSpr
adhz^ent
adhz^emr
diC
adi/2P2C6/72
admi/iistraft'o
adqi^î^ita
<x&u5*\
advocati
aSi^^
adversaru
oPi^^^
adT^rsitote
aSo^
adverso
^
dJiime
crg-c^M^
2dcc\esidi
âff"
BiQirmatio
^f^
affirmanya.
w^
aif^ectuin
alp£i
affectione
agitur
Û^
agreditur
%^
angelica.
"^
aggraçari
a^
SLngeli
û)ôt5^
angelorum
â^i^
angélus
a^s^
agenàum
à^
agu/2t
âl'
animus
196
AI — AN
^
Anima.
^VuCL animai
éSidJi a/iimal
dtOAiwk a/îimantib«s
axèP
amicUie
au
a.
animarum
amicis
anime
a/iz/nîs
alias
animalihus
aliud
alibi
a.nimalia.
alîcMÎ
aliqua
aliqualiter
aliquociens
aliquod
âXlimSd ailiquaniulo
alléluia
alle^atur
jit^^
Âiïam
AVta
allegationi
aliquando
aliter
alias
alterum
amen
^9( a/tam
a/£^ttam
amodo
CA^\/M^ a[dlmira6/le/7i
anio
ammovetur
amen
ïtYL
ante
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dtlP^ angelica
mima anathema
AN — AQ
197
ctnAr^
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^>l
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i\lC.
afâ
antequaLHi
annuentes
apud
apostolus
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aLpostolicA
SLppellationwn
aipostemB.
aprilis
apostoUca.
SL^ostoUs
aL^ostolus
appellatione
àpposito
appellatur
t
oïd
app^rer
app«re///fa/w
Appellandum
w - - .
4
app&//a/2di
Appellationem
appeliave
appre/tenditur
approprisLtione
appeliationi'
bus)
sipparentiai
apprehensio"
nibus
appellationis
apponitur
appositionem
apostolus
aquas
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198
AQ— AR
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a/f'qttitf
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iSi.
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Aliavum
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A^fni
arithmeticus
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ar^ice/tdi
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ar^tti
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Aristoteles
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articulis
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Aristotelem
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articulos
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arbitrium
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argumentum
A.>-*
archidiaconis
a»*^
arguant
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argumenti
^
aliorum
arbùrio
^
arguit
ar^
argumenta
ar^
argumentwn
rTTbî
arhiter
art^
arckie^iscopu^
AR —AT
199
ar^fep-r ATchie^iscopus
avchïdiaconi
O avchiepiscopo
a vchiepiscopus
airgumentaL"
cione
aivckidiaconus
airchiàyaconi
Sivchiepiscopus
avgumentum
Argumentum
ArgumentA
armïgero
AVgentum
SLrgxxmentutio
nibus
argu/n^/mrm
armo/rram
^vi-Ft^inf sivmarius
àrâtUk arme/tti
âv"p/b^^, avchi^reshyte
' rorum
^V^'
a^5
arti/î?x
a/ztme^s
Siliquis
a/zos
<^llVlC as[s]{milat;i«r
^^"^ a^sensus
A|JA^ assentitur
rtfP asse/ifïo
Atf^ asse/ift're
cvfTc'^^ asstfcwfto/iem
^HJîjFy assig/zamtt5
alFih^KT assimilatur
uira^ asse55or
assefmpnem
astro/iomia
astrolo^tts
astrola^i
aiet
arSa,
cet
200
AT — AU
iSt
aut
îite^
auc^or^Vatis
^
Auiem
auctoW/as
d
Aliquot
a.^
audiaf
^e*»
skt[i\amen
Mih
audie/zdo
att't
sdtribuh
aaùft
audf'^/sda
tût"
aLttamen
àx^îci
aLudientia.
«tfc*^
aittribunonem
avâ^
aude'mr
^
attribuitur
aiiç*'
Augtt^r/
luttuy
atiendendum
4^**'
augm^/i^ceo
ia
Augustinus
At^
augme/ite«/7»
^9
Augustinus
AUIO*
Ayicehna
^^^5^
Siuctoritaie
cv3«te^
auricttlam
/Ificf^
Siuctoritates
âûr
aute/n
^
SLUCtore
tCIttC
aut^tf/i/iba
taSc^
aLUCtoritaXe
âMCtt**
autte/2f/ca
atu$
aucromas
d^
auxi/io
^1^
auc/ore'rate
B
a-
l^aptista
k
henedictionem
t?
heatus
1r
-ber,-bre
t'
-bw5
^
'hus
l.
-bas
l
-bef
-bas
h
-bas,-be/
'p
-bium
Q<y>rf>
br^f^ioris
É*?^
minoT
«ctf».
minoT proha
tur
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hreviter
(K
minoris
0^^
minores
fc
heata
ba^
haiculus
tabl-
Babylo/1/5
bAbr
Babtisram
(?»«f<^
bacha/aureo
fcw^
bacalo
te
bea^e
^^
haAliviœ
txxp bap^is/na
02
BA —
BN
Bapr£5fe
hissextilis
bapri^mum
•^^.4
"hiliter
baptismo
m
b^Ui
Iwpn
bapfûari
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b^lli^m
Hir^S
Bartho/omettS
-É^
"hiliter
■fcda
beati
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heatuWi
fe
beafe
ml
ben«
nb.cJ-
beat^^tme
^
ben«
^^.
be/iegna
^1^7
B^mar^i^ff
beare memor2e
-dn5-
ben^^cia
henedictionem
5^2
heneficii
hurgensis
hesieficiali
heati
[ywL
bMDia
Cî^
heatificai
bcù^
henedictionem
6i^
he€idtudinem
8îi»«
henedictio
d(f
heaiitudinis
f»nb«^
henedicit
(k^^
heatitudine
^ ^^x
henedicas
Inlè
hihitur
&mf
b^n^dicte
fttït-^
heatiûcari
Ullluttl6^ benedfc/mzrs
BN— BT
2Û3
mint henedieimt
VllQîC^ henedieert
^Tipc^ heneîactorum
^'WfL • heneûcio
V^t^/Ci^ b^neficio
Oiintt heneîicium
W|d heneîicio
O^^^^iJc b^negne
K>7iXiCtQ henedictionem
WOTL, honor um
iéO heato
hona
bo/ia
honajn
honitate
Bo/zaf^e/tmra
3oetius
3onifacius
honam
vAJo* V%4l* bo/ie memorie
ï
'tr
honoTum
bo/ios
-beVwr
beafi^s
-b«s
"hunt
heatus
heaXum
heaXdi
heaXe
>Otl beatî
wK heaXUudine
Hvl]^. heaXUudiiii
JS^y^ heaX\tudin\%
MSi
»«c
heaXiludmem
heaXissime
heaXo
heaXorum
204 BT — BU
bti b««t«8 "wiuV* breyiUttir
f ^
"^Êv\^ brève utX^yi hxxvgenses
Vîll breyius
c
co/i, CM/n
e
-.J)
c«>ca
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c''
CUJUS
^
circum
4>
cujuscumque
cujuscumque
cujusque
r9^>
cujuslihet
«JC^
cujuscwnque
cujusmodi
circumstantie
Çùr circumstantia-'
^ Tum
CO&SS/circumscr ihi^
^ tur
cb(t" circumstantiis
C^^ cujusmodi
2^
C
cur
c
cetera.
te
et cetera
C
contra
^x
creatura
^T-
credendis
cui
$
cuique
^^<)
circulus
è^
circuli
206
C«— CA
&
CÛ^
rc^
cum y capitU'
lum
causa.
caussun
cetera
capitur
causatur
cura
€W\
casus
Câ.
creata
ê^
creatura
c^
caritas
caf*
XSinonica
CtsS^^
categorica
&^
categoricnm
eaff»
capiendo
é^
créature
d
capituli
J9
capitula
i&C
i
CA capitulo
^
Cûi
ta/
creatio
causaliter
creaturavum
creatura
A/
'AT curahatur
CCLC?
cancri
Ct^ cause
àà.
creare
>^ carentiam
CSl7 caritatem
Wk^ty caritatis
caritatem
caritativum
câio
cammo
Cdr^ capitulum
CûCk0 ca^^is
CCJjOL^ calida
CC^qA cdlidam
tXct^ calescunX
CAL-
-CAP
20
cah'^iVa^em
OlX?
caz/^ant
ftSES>
causalem
^^eu.
Cttrant
eâ&r"
cae<5ali
ûStr^
ca2^5ant{<r
«^
CAliditatis
cJUnct.
cawomci
^L**
causAlïtate
caLpituli
aS^
caAidum
cAJr
CAput
m^
causaAiter
<ftip^
csLpitulum
téKl
caAidus
cûp**^
c^pacitate
ccorn
causAin
ctxjy^
capftVi><2te
«m.
causAntur
.cûSl^
caLptivitatem
Cm)^
csLUonicis
cc»^
CApitulum
CAïionicus
cqS^oI
cacpituÏA
Cû^^
cano/ifca
a^
cap£mli
axpv
canonicali
«.j^
capellanum
K^ÙMCOS^ cano/iicos
<p\pr
C'dpellano
can»^
causaLudum
c^^
CB.pitu\ariter
C^ltbt
causAndi
^^
caput purgium
cEt^S^
causandum
c^?'
captiVare
UXMi^
cano/itcis
mp»
captfce^s
208
CAR-
-CD
cSS»
cau5are
CdXQ
creatio/icm
0%^
cai^artt/n
csâSi
creaviV
Cor^
car/za//btt5
iVU^rt.*''
causa/i^^r
VA» Y^ cardinalâtus
o;^C
jcasus
car/ialù
car/ialû
cautio/iem
C2>ca
^f car/ia/ït«r
Crl>%/ csirdinalis
C2>ca
co/t^ractibuff
circumsfa/i-
rfam
circu/aris
c^lrS.
carmi/ia
<K\"
circumscripto
cc^
car/iali
cèala*'
ciVculafto
cai^aret
causas
<^^
^
circumsp^ctio
cuîda/n
arrf
causah'^
â8
cr«d«/ida/n
gx-'
causdXur
è^
crede/ido
r^^tdu
cai^^ata
âe>?
cr&denfmm
catherfr«li'
â?^
credi^z/mm
^^6
ca//5atis
rditr
credibï/ia
■
CD —
co
20
àifibix-
credendi
^^
cujusUbet
ê9?
*
zreàituv
c^wL
clausula
èir
cred«/2t
4iû.
c\a.rissimus
«r
caw5e
<^«
clamahis
ce/esfibw5
cfc^^
clairissimA
ce/e5te
c^bnt
clrtmant
i^O
QjSxvisto
Hcww?'
Cleinentina
Ci
ciVi
^^*»-
Tum
clementissime
aPo^
C2^J2^5CUmg2£e
d:)
cleri
cwjttsh'èef
#
clerioali
ctVif<2^ibMs
^
clausulis
a*-^
ciVif«tes
cxm.
"Culum
cir^
circa
4a^
culpaLbiVs
cir^lb
circwmlocMriO
ciR
crimen
ciw^
circMlws
cine^
crime/2
CÎB
cefôris
Citn^
criminaliter
civilzVer
ah
coloribus
c\\\j:
C0/2JUX
CO^
copula.
^
cwih'^e^
co''"-
commentator
44
210
CO — CON
eu
oScup
copulatÎYe
conclusio
concupiscentie
conditio
commune
conferimus
confessiones
cognacione
cognicionem
cogitationes
coguntuv
cohaèitare
commun!
commnnis
communihus
Ci99<V communia.
CCV611*tOV communicdi"
Xioni
(Lc^^h^ communione
£5ié
côttùi
cm
«r
«en
^
com/nw/iis
communiter
corporali
colle^ia
coUationem
coWatione
coWectione
colligitur
colituv
cora^5
contra
concedendum
concedendum
conifenium
conUrmatur
Iv^'-k^lrt^^V^ conpareant
CÇ9W^ communiter
ft>VVVUJt/ con/rarium
c^
communiter
i£c^
consules
CON — COS
2tl
CÙ.
pocr
tdrf
axHL
Mil
consuerttrfme
contestaia
contwnaciB.
cop«latipe
complexio
co/wposmo/îe
copulatixe
coram
corpus
corrumpitur
corpora.
corporalibus
correspondet
corrigendi
corrumpendo
corporeo
corruptibili
covporum
corruptionem
«i.
conT
cot;
corporailiteT
corporihus
corporihus
correctione
corruptionis
corporalis
corporalis
corporoliter
corresponden
tes
corrumpitur
corrupdone
corrumpitur
corrélative
corrolarium
corr^cfor
COTpf^ corrumpitur
CÙif» corporis
CClf^ corporis
C0|^Cft>C co/isecratio/ie
2
cos —
CY
CûU^f
co/isu/n/>5isse^
conscientia.
contentum
Chrysosiomus
•
fiksa^
conXumaiciteT
crasti/zi^m
co/itumacem
commu/ie
certw/n
contra
co/wmu/ie/w
À?»
ceriitudo
co/wmu/îio/ie
âif?
ceriuudini&
p,a
communia
^-^^
certissimus
ûîîu?
communiter
41?-
cariule
eyft
complexi
r*-^»-^:?
curie
^
cujusquaim
K.^
cuih'^et
carnaile
crimini
cujusdaAw
cumulus
crimin2LliXer
(IVï^
curia
crtat
cr imin'Alis
/4P
cyrographum
<r;^.
Chrysostomus
D
îr
de
3f^^
distinctionem
ar
dum
ÎJÇ-
dicere
t
'dit
9*^
differentie
^
dies
ô^
due
tr
dicit
y
dici
^
denarii
V>
Deum
s^^
disconvenien^
b^
dicendum.
dehent
débet
débet sic
di/ferentia.
M
y
doctrine
dicentis
dictionem
dico
S^
differentisLS
y
dictio
h^
duplicem
^^
distinctio
14
Do-
. DC
b»'
dubio
tejfl
dampnationi
r
duo
dËLyit
daimpnum
^ofi
distinctione
Sîpn^
dampnarz^
zt
duplicitev
3^^
da/wp/iaremr
^^
distinguit
&?
datf^m
Sftx.
distincta
%
débet
V^»
dicente
Shi'
debuit
^^
distincte
«1
dictis
£j^^
distinctis
d^
dictas
da/n/zum
daitum
2-
dictum
dictai
^^S)o
dsLmno
^é--
discretio
u
dahis
îfè«^
decrementnm
hbT
dabî'mr
te.
dicta.
if
dacio/zi
î«Ér
dictamine
Sb»r
dari
^S'
dicte
cXx^%>t|7
damp/zo
te-
dicti
iSff^
da/Tzp/iafione
^«ft^
disciplinabilia
te^
damp/za^ri^m
^^
disciplina
DC^ DE
215
^i'Lf' dictis
inUC declin-àt
VCuL dictum
^^tWv^ discernunt
GCtlUC decernnntur
Oco
dicto
8^
dictionem
àvb*
dicto modo
Sctti+v
dictionem
^
dictovum
8^0
discurTcndo
^
dictum
^<^
discur^wm
^«t
decreXuuï
s^kcS
discrcXivo
6c^
dîcmri
«bit
dicms
■ât
David
Si
dicendum
^
dicend^
»)
dicendum.
SSf"
dicendo
dediX
S»C
dicenàS.
%'bviSx.
deducfioni
$^
deh^mus
%
decintAm
^
demonstrdibilis
^1*6
denominaitioni
îie«^
demonstratio -
»
nem
<^
demonstraitio -
,\
ne
$c^
debiXa.
éJ^
delegaXi
W;?
de^eant
i^ftKui?
deliberato
^ieU'eft
demonstraibi -
les
5^tô
demonstrahi -
à#
tur
decretalis
216
DEC — DEN
^^
dece/uuklis
decidendum
declarsitur
^loc
decli/iado/te
dt^om.
declaran'o/iem
demo/z^fraceb -
nés
deessent
A^
dedniendi
hém-
Me*'
determinata.
deinde
débitai
determinaXe
delictum
Û^Sl^ deïectSLtio
ScSaS^ delecrabile
delectatio
dereUcto
delecfaft'o
delïberatione
T^'K
M^
dereliq^uit
debemus
demonstrAtÎYe
v)snitâ demonstratio'^
Sâ^nitv^ demonstram^
^ ^ dum
ytWvO ^ demonstrati-
tvitltvl devuonstvatio^
n\
O^Mtt^ devELonstraX u m
uem6d
demo/z5frato
demoAzs^ratt-
('US
denarw
deni^^ciari
demonstrdiiidï
démonstration
ne
démonstration
nés
dexiominati-
debenX
demonstrdiTiXur
dewmXlando
DEN-
-DI
217
îiwfta<5^
denufitiaLtiO"
^^
démons traitur
^^)
nem
àemonum
Séfea.
demonstrata.
5«ttY
àeoTsum.
i^i^^
détermination
^>
àe^endet
S^tîa^^
ne
détermination
dej^ositionem
k-i8bJ>
ne
determinare
dcpo depowewda
Sése^^
determinabi-
m
f
depositioni
<9ctlA>tl
lem
determinari
^
deberet
^^b5tbfc
determinate
^?re
debere
•DcbX
demonstraitive
S^
demonstraLve
lieha
demonstraitis
^P«
debes
^etto^^
devotione
T
desertio
descendit
Deuteronomii
defectai
Vt'^
desiderium
^
defectum
•7
desperaftb
"Sfcta
deïiciens
^eiixâ.
desperaitioni
b\t0é)
defectionem
<^-
desuper
k
Bei
Stptroj
destructionem
ô^
dicimus
4)e? ■
débet
s?-
dicitur
.8
DI-
-DIL
^>
dividitur
bl^
dividenda.
à?
dicendum
SxVSû
diMendum
hx^
divisibilis
9i9è
divïdere
^^
divisibile
sesë^
divïderetur
fi(p
dioinum
S^S9^
dividendo
yi^
distinctione
^i>St
divïditur
si>
dicens
^
differentie
r^
deitatis
Vt^
divine
ji*-
deitatem
^
di({initivA
SSK
divina
S^o
di(Ë.nitio
2^
dicere
Stjp
diffe rentiat
^w?*^
dicendum
s^
dimnit
-Slc<Ktt'
dicereat
hiffnv
differMnt
ôiew:^
dictcie
9^
dignïtatihus
âlcK.
discernit
^
dirigendum
dicf
dicens
S)^""-
' dignissimsL
Oïè^
deinde
Si*^
dignitatis
SU)'
dimidio
W0
dignemini
Bï^
dicidt't
^J^
dilec^a
DIL — DIS
219
^ÔHt^'>'*V dilig
iJtllT^ dih^ens
dilecri
dilecris
dîlî^e/2d{/m
diligenter
enter
Im
divis'ione
Ixïût
î)tm
5to
dil^enter
dila^/o/ii
dim2Wm/72
dimensionem
ofiS)^*' dimj/i«fto«e
dimi/ie/tÎYU/n
d2Vin«m
d2Vina
^"ÎÏUÎ diVine
^lî^U. diwinufto
divino
7)io dfws/o
-N
ÛIO'tV diçisionem
ljWX^ direc/e
Me)
direcfwm
direcf/o/2e/w
direcros
directi
directit'wm
d^Visï'm
dzVUe^s
disco/iç'e/iiu/2t
discfpe^lîs
distinctionis-
divisit
discernendum
discipulis
discipulus
diVisi
dîVisi/n
20
DIS —
DL
•
3îÇ^
divisibilis
biftS
dist£>i<7f<o
^^
dispositio
bnr
dicit
2>t(\>K
discipuli
cfSk.
dimùti
UjV^a-
dïsplïcentia
SmîQ
dictus
^ifpn"
dïsiiensatio
\VK^
dÏYersaL
Ôl/^Mtf
dispensât
l^iy^^
diversimode
9i\]ioè
dispositione
9,^^
diyerse
h^^t
dhpensAi
bïïf
d'winum
^
diuisus
àttD^
dïwersorum
^ijf^
dhsensus
l>,iW
di\ ers itate
•5^^
dissentiendum
Sl-^VL
di\iditur
^K
demissa.
btwi
diyisibilis
&<MC
dissimili
diyerticulo
im^
dissi/72//£t2ido
^r
dixit
dïslinguitur
Q^îî?
dixerunt
Sïk^
disiinguendi
V'^
dixeruni
S^fP^
distincta
iv?r
dixit
%f^M^
distr/butipa
ith
dïiectissimi
9vffi;^
dhtinguitur
^fcâ}"^
deïectditioïiQ
DL — DN
221
dulce
Deum
àifferentidûOi
dummodo
demo/25^rando
©M'Mî *y demo/2S^rafto -
nem
Jfmnic
deuionstraLcio ■
demo/25n*at
d^rirv
demonstratio
bmtf
dicimus
S)^at
demonstraitum
8©~
denarios
-!i5
-dense
as
domino
îm"-
dicuntur
StoSk^.
descendeX
S»»^
descendit
V
-dentid
C^^ domina.
^Shl^CC^ domindicioni
vllC dicendum
cLnt
cluj
^
Tir
9Trâ'
cl
7tr
àrft:
-denda/n
descendens
domine
dic^iones
dommi
dommii
dominiOTum
dominuxn
domino
dicuntur
dicen^
dominus
descendu
dicunt
dicuntur
dicentes
222
DN — DR
^Îîa
d/centi
jiô-
D«o
è<^
domi/itt5
^
do/72 t/t/ca
^
do/ia
èo*^
do/tec
iS
domi/ie
Î)S
domi/zi
^v
domi/ium
5o«^
domini
A°
àominio
"^^
àondiViX.
drà
domina.
5oci
dominici
^s<^
donaicio
9ç^
dogma
^^
domini
'bîTi'^
dominicnm
<fc^7
dominium
&%
^î
K/^
^
domîcello
dominïi
^7Q^\/^ dominiciiïn
inyUM^O domi/ïio
^OlT don^c
^OTtOHe' donaftone
002r deorz^m
ISr-
2^
y ri.
dormie/iti
deoTum
dovmiendi
dormire
dondXionem
dis^ensatoTÏ
dispositio
dispositionem
disperse
dicitur
éditer
dividituv
DR — DU
223
Oî. di/ferentia.
^^Y^MV differentiaLm
"iXT^ diffeventidxum
Cit^ diceve
docere
bzêr
Sretr
vttt
«
diceretur
differenter
de^^rent
deberet
diceret
di/ferennaiS
differentie
différentes
différencie
differentie
differunX
differenter
differt
Deus
àftCKiA disXAhutorem
CrU^ dnbitatur
descriptionem
desinit
dicit
"dunt
distributiwe
distajiciai
distancias
dictajnine
dûtat
dictet
distinguitur
distingui
distinguere
distinguit
determinaLtiO"
nem
deiermïndXe
daXivum
4
DU
— DY
^tta*
du&£a
ihîcr
ducentesimo
à-:i«'
du/?//ce/w
SuA"-
dnceretur
s^
du62>acio
9îuiiô
dummodo
^7
du&£2^m
w
dupliciter
hxi
du&io
Soft
duplex
s^-
du^fVart'o
dupliciter
h&
àxxhitationem
B^
dubitare
Si>
dummodo
S^'H^
dubitSLVet
§).£*•
diibitation^s
Kiùrè
duratio
ô»«^
dnpliciter
9^^
dubitaiiur
A.^
dupliciter
<^Z
dixit
^M^
duplex
9y^^
dya.lecticus
^US)t
durant il
OVd
dydibolum
8i.b^
duhitatur
hyA^
dydLphano
9h^*®
duhitationis
^f
Dyonisium
^4il>îr^
duhitatio
Jj<3C^
dyocesis
E
.ti
ecclesise
e
^st
c^
ejus
^
essentie
êkl
esseX
extra
j^^*'
^entià.
^%s^
equivoc'A
éf-
eadem
^
est àicendum
lai-
equii^oce
M
équivale t
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équivalent
CSC
«4%
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ego
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eadem
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ehdomad^
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Cvdmc^ ebdomarfe
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C&âi:iB& ebdo/nade
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EB — EE
clic . ehrïetaiem
C^tïldA' ebdomada
o\m j emhoW^micus
CwS^AmT emboUsmaUs
tÙ
*f
e contra
eciam
ecclesi'A
ecclesiam
ecclesiasticis
ecclesi'dstic'd
ecclesiastic'dm
ecclesiastico"
Tum
ecclesie
ecclesiastici
eccentrici
Kcclesiastes
ecclesiasticis
ecclesi'A
ecclesie
m
eccleslasticai
ecclesiastico
ecclesÏA
^CClK' ecclesie
^CCHo ecclesiis
CsééxÂI^ ecclesia.
Cff^C^^ ecclesisLrum
tXiL ecclesie
^(lâv equAcioni
tf^^A, ec\es\di
ejusAem
eàictum
O^S\f eàictuvQ.
àfS eàenàum
esse
^ftt&V^H ecclesidm
ô^ essent
C^ essenÛA
EE — EL
227
^^
«g
essentiaAi
essentinUter
essentisLiQ
essentisi
essentisi
essentiaLlùer
essentie
essentialid
emexcJ^
e55enciah>
^cHL
essentialis
4^^HjW*
esseneidUu
éit
esset
eftt».
eïïectiya
e/^
eifectum
e/P'^
eïûcientis
^^
eÇriciuntur
tOii
eîficaciter
&^^ ergo
egreditur
Eti>ange\n
eglo^a
egrotationi
egrltudinum
egestionem
t^tù^ egrediwitur
CL' enim
e]usdem
eicere
eicie/ifttr
erigemr
e/wisp/^erio
éjecta*
ele/7îe/i^«/y;
ege^ah'5
eXement'ji
4^
!8
EL
— EN
ttan.
e\ement'àr\
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e\emosin\9'
diP
electus
SttltL
elixtriufii
(^Shi.
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elle^orus
«IcSj
elecno
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ele/rae/zruiit
ùuam^
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emi/lor{//7t
(^
elecms
if^
eXementOTum
^
eltfcms
^
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ele/nenta
c^
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d<^^
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eXemeniis
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eXementorufn
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elemosinn
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-em.
^entiam
^&tC
elemosinx
a^
einendum
Aép
eleuiosinaL
éiSi
emergit
^3^!vùcs^
elem^nta
ev^T^
eminentissima
cêet
eleme/ita
âmpt
empirai
«n
elementî
ai»pB>
emplas^ro
Vi
equAli
-ôtI
*
-enstô
iSl^
elemosinAm
-6^
-enft'a
dtZ
elemosïne
-*l'^
-enfei/m
EN — EQ
229
<$W esseatiale
^1t^ enigmaticaL
CMZr enoT/niter
S' '^
CtU))d equinoxialis
^î
eau
«fr
enu/2ciare
^ttliâP enumerans
♦tUc* enu/tctale
<^<^
eodem
eodem modo
e^istola.
emptione
episcopalis
episcopalis
episcopatus
episcopus
empcio
Kpiphaniai
episcopi
epïcyclis
épi
empireum
empireo
CpC epicyclo
epllte. epilepsie
ti^^LV Epiphania
iip}& episcoph
d\H<v epistolai
i!pt)71^ emplastrum
éps-
episcopuia
episcopo
equipollet
episcopus
episcopus
Kpyphanie.
epicyclo
equAtio
equaitionis
equAles
equlvocum
230
EQ_ EV
6^^t equinoxiali
equwocatio
OdftVj^ equestris
^ erit
crfx5
erectaim
erecie
CIO b erroribus
erir
eru/it
<î|ttïlCctt esitaicioriem
CtnCD estimac/o/i^/n
*^
etiam
C^o^
eternaim
*t-c-
et sic
eternuiu
et tamen
eternaliter
ethicorum
etern'Aliter
^r<;
e^z^ato
etteni/w
e^wiva/er
equwaLlennaim
¥,\aLngelium
equiyailenter
equiwailet
ey An gelis t'd-
Tum
eydjigelisle
e^wiva/ens
equiyaXenti'A
equiydXenler
exxcharistidi
ewentum
evangelistâ
eyangelist^
eyidentisim
eyidens
eyidenter
eukaristie
EV — EXC
231
e\o
ew*!?
Jfva
:xc^
eyacuatio
eyocandi
euyangelistaL
EuwaLngelium
euYangeliste
exxydJigelicdi
CWd.^ Euva/i^e/eo
CMô rtV e u va /ï gelisan-
^Vûr euyangelislA
el^â^
^^
jl^ euva/îgehsfe
excommunica •
exfra
exempla.
exemplar
exemplaivis
4
KK^ ^ excommun tca ti
oo «■ ex^remi
So^ exempli
^ "^ exemplificait
<rvcxu»tg
C^
'<wy\
^ccaer
7
exe/w/)/is
exemplum
externis
ex adverso
exemplo
excommunica-
tionem
excommunica -
tionis
extremorum
excommunica-
re
excommunica -
tum
existente
executum
ex aidçerso
examinatio
excommunicet
excussLtionem
excommunica -
cionis
excommunica -
cionis
excommunica -
re
232
EXC — EXP
«^
4
excu^antur
excommunécai -
vi
exce///t
excedenn'a
exci/>£6/id£
exercitofio/îis
exercîtoto
exercifac/o
excommunica -
excommunica -
ffo/ie
exco/72m2//nca-
tos
executionem
executore
exhibent
exhibet
exhibendo
exhiberi
extremi
exempliûcatur
exisnt
ex/raorerit
extrajudiciali
exemple
extremum
extrême
t^
£^Tni ^ ^ exfremitote
C^A existentiaim
0^w^9 exisfenfibw*
rt0i4Py
exfrmsecu/»
exf^fenfie
exwtenfcs
X
ex£5rencia
ex£5rent^
ex£5f2£nt
ex/?osito
experie«f/a/»
experiewdwm
EXP
EZ
233
^^
experimentali
e;xa
exemplx^
c^îf
experimentum
^
examindXis
^t^
experimentali'
4- .^m^
extrewa
9=f
ter
experimento
c^e"^^^
extre/wûas
.yo^
experientiai
(^^
extwAïc
tfi:fiàri
expectari
C?Pb9^
extenditur
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expUcit
<:p\£^
exXensio
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expelUtur
^tp^
extendit
^f^OX.
expulsioni
cptx
excommunic'Aii
er^
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ey^
exemptaiti
^
expositio
extinctuin
fff
expositionem
extrinsecus
evpc^
expositionihus
(ySù^
enwangelista.
^^po^?
expositorius
OV^IWâ
Euva/îgelia
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exponitur sic
«5^
Ezec/iielis
^Tt
exempldivi
F
^
iertonem
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(tu.
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T
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(^
faciliter
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faciliter
falsum
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facuXtaXem
faciX
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f^
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M-
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)
236
FA — FI
teU.**^ (AiitasmaXe
f^i^ fa/itasm«f/bas
^P (actum
(rsictione
(actsk
iactAm
facte
facri
facds
facit
(erculaL
factum
facto
(actus
facto
facturum
îelicis
febrem
ftr.
féS>
ferres
feci5sef
fec/t
febrttarii
femî/ia
felic/Ver
fer«a
ferw/it
fe&ris
fratres
facta
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^l^ (rigidiiate
/tî^ ûguram
JT^ ûguralum
FI — FL
237
Af
fi//e
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ûdeliSy ûnalis
n
ûlium
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ûlio
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ûnitum
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îeriaitur
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ûnaliter
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ûnalis
^
(eriaXionem
^
îinihus
iï^itt:
fi^urabat
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^<s^
finietur
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ûgurdtionem
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ûrmaimento
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firmare
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firwatuw
^
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Fr
finitaiTum
f]^
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^
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^
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fïecmaticis
^
falsis
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falsildiS
f&
fallacia
238
FL — FO
fallat
ïaWacie
(alsum
(amulo
ûebofomatur
ûebotomi'd
ffocSk^ (^ebotomia
(fy falsus
jLê ïamulus
nA^ flu/rai^e
rvUL ' ûuminum
fUl ? ûumen
rTi4« flume/î
flJkÂJ^ fïnminibus
-M^/v\."3 ûum'inibus
£1%J3^ flumi/ia
Maaaaa) ûumen
j&6 fahus
fermentari
(alssim
A firraimento
^
Urmum
fora/wcn
fwrorw
forma
îormàtione
formaliter
ïormdiliXer
fornicationem
for«/cari
for/ncaf/o/î^m
formidat
for/widi/ie
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formalis
formam
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FO -
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2
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fi^
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H
irditernitaXis
frîni
frigidum
îraLgilitatis
fVi
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^■^
Francia
An*
îratris
fiSè
(rigidsLS
mifrltTlâ
frigidissimai
1
(ratrihus
fv;ù)
(ratrum
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(ructum
^
(rigidum
fcffi)
îrucium
ff^
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(raterna.
r
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fr^
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B
(ratres
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(ratrum
240
)
FT — FU
rTf- fratri
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inmigatio
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^\CIhO fu«ram
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G
J
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s-
A
9
genus
Gregorius
igitur
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gênera
gradus
gratis
graitia.
gratiam
gradihus
grannmaticdim
génère
grade
3-
JttCt
igitur
generis
générale
Gregorium
ergo
generaUone
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gra/nmaticali<
ter
grammaXico
Tum
galenicam
generàbii
gratta Dei
genus
16
242
GE — GM
3^
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générale
gentium
geminorum
genitores
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geiïuit
geometri'A
géométrie
Gregorius
Gregorlus
Gregorium
Gregorio
Gregorius
giwgiva
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5f
Jtîn,
Mît
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^
tlll
generaAis
gloria.
gloriann
glorie
gloria
glorïûcatio
glorïûcatum
glo^^a
gloriosior
gloriosissime
glossam
gloriose
gloriositate
gloriosissimo
generaliter
germen
gratiam
gramaitice
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GN —
. GT
2-
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gnêà-
generatione
gênera
-^
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genersitio
$^
Gregorius
^
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P^
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P
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3ii5R^
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5^
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gratM/w
5^
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244
GT— GU
geniiwus
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Guil/e/mKs
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H
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b^ habet
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homo
hoc nomen
1^
hoc modo
ha-betur
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pf
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lit
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■
246
HE — HI
iat
herericam
heremitarum
heterai
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ha^eat
ha^ebf't
ha&ebit
ha^ebimr
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hereditaiis
henema.
heedem [ese*
de m)
heremitarum
heremiiis
habeo
y
ha^ere
ha^eri
haberet
habemus
habens
habes
haberet
habetis
huj'usmodi
hujusmodi
hujusmodï
hujusmodi
habitando
habitudo
habile
£D habitudinem
nx hujusmodi
ni • habilior
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HI — HO
247
htevtm. Uierusaïem
y* babilis
V>ttr • ha*ilita«do
§VV\^ hinc inde
b»tir
J..V
histor^a
habixis
hah'iXum
habïXuali^
\iab\Xudine
habita
habiXditio
ha^itîs
ha^îtUit^o
habiXMrsi
huiailis
habemus
hujusiaodi
h2(/'u5mo6?i
habemus
habentia.
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habendum
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1JU<)AT habundaiX
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hora
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248
HO — HR
p^
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§4
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humana.
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fitur
huji^smodi
huje^5modi
humiWifate
humih'/as
humili
humiliter
hn^usmodi
humî7ior
habueris
ha^uisse
humidum
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habnero
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I
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idem
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ID — IF
253
inàÎQidudi
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'5&y*' indiQÏduo
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Idl^^ i/2dig45nfta
iutâtO i«dig/iatio
ifiiQ idiomalum
tuUNIt ïndwisionem
iSïWXt indifferenier
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indifferenti
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3^
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Jesu
i/zfi&cmm
•
infectionem
in^delis
inûnitum
inûnilum
iniinite
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inûiientiaim
ifO^P in(ortuni\im
infraiscriplo
inirigiddjis
intrigid'dt
infrascriptum
254
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/ifîiWo/ie
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ngreàitur
/ige/wucrit
g/t omi/iie
gnorantidL
gnobilitate
gnorsL/itia.
Jhesum
Jhesus
inherere
inherencia.
iheronimus
iherusalem
Johannes
n^
n^
iXft?
inhabitando
Jhmco
inhibicio
inhabiles
inhabitaitio
inhabitantes
iherusalem
ihesum
^heronimuiB
Jhoannes
Jhoanni
3herusa\em
ihesus
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inimicicie
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IN
255
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wo^'*
incorrMjDftèile
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incipit
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lllipt** M imperAtor
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J -^ ^ rum
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256
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mi^artiaXis
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mstan/ia
instifi/fio
insertis
m^lrumento
Tum
iïitelligitur
ïnielligendo
intelligi
intellectis
intellectivaL
iniellectus
inte//i^t
intelligibile
intellectuni
inientio
intentione
iniellectwdUs
inle//ige
intelligere
INT — IP
257
inielligitur
interfectione
inielligitur
iniellige ntisL
mSvt^ inielUgeniie
.OntÉ^U^ inteUiguntur
intrin^ecM/Tî
intrinsecai
î^^
M^y i
interpretatum
"fHi^pLH/ interpositioni
interpolatio
interrogatus
ideo
ieronimus
Jeronimum
Joh'a/ines
Johanne
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0^
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s/
1*14,^
Joha/i/ies
Joh innés
Jo/iannes
mpossibile
mpossibile
psum
p5a
mpediret
mpedimento
mpedimentum
mpeditur
p^i
mperium.
p5Îus
mphcîta
mpulsione
psum
mposUio
258
IP— IS
«F
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Ha
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imponitur
im^oteniisi
impotentiaim
impossibile
impossiblliiaLiî
Ip/>ocrafes
ipsoTum
iwporfaref
ip50S
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imperatoris
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intellectus
intelligitur
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intelligentie
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interfuit
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Justiniano
justiûcatio
intellectum
inteUigentiB.
IntelUgituT
IntellexU
iterum
intrinsece
interpretatur
interpositio
intrinsece
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]udicialiter
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Jupiter
jure
jum Cànonici
260
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y^^^*0f\43i± yaTÎsdictionein
mil
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nem
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puncta,
peccati
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procuratorem
procurAtorum
procuration i5
procuvatorio
procuratoves
prssdicatur
prodest
prœdium
perditio
perdet
produxit
prsedictis
prsedictum
productï
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prœdicto
perdicio
perdicionis
prodest
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^ùxiàtk prâ^dominan-
i^JotTt^ pra^domifzari
pS^À^ YirxdictOTum
perdiVwr
praedicifuT
produnt
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prodvLcendurn
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pe/ia
pe/iam
pa^ebit
pafebit
peccu/zias
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tîW pe/îi/6/ite/»
pÛ4\ pe/^ife/^fta
pe/ialif^r
pra?einirtc/i
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peremptorie
pênes
Penthecostes
perentptorium
pênes
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pe/ias
Pentecostes
peccato
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prgeexistens
periecta.
perîectissime
perfectum
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proîecdonem
perïectior
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J^^SDX^ purgaitionem
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V^Y' purgationem
Vy/ philosophas
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jM^ prohibeX
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phy^icz^/n
phy^îcorum
phariseï
phi/sicorum
philosophisi
phy^ica
prohibicio
prohibïcionem
philosophie
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prohi^^ndo
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philosophas
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PH — PL
met
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ph£/050/7Au8
prohi^uî
phy losophii.
physicam
perïculis
periculum
perïculo
Pictavi
possidendi
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pigrum
perimitur
personis
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prsemissis
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Y\uralitaXis
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jpfo^
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Plâf^o/iem
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296
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prseswntÎA
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prmc/pia
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principibus
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prinûipio
principalior
principaliter
prîncip/tfin
prœsentium
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principio
principio
principaliter
princeps
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principia
princi/Munrr
prsesencïsk
prsesencÏAliter
principaliter
probamâsk
prâ^r^ndebalur
prœdictindi
pœnitennA
prxseniia
pœnitentiali
pœnitentiis-
personîs
principali
penuhima
prsenotanàwn
pro nomiAe
PN — PO
297
ce
tntuia.
r
1»
prâ?no/ato
prsesens
parenium
prœsentihus
posêunt
prsedictam eniis
probant
prœsentibus
prêesenlsiiis
prœseûte
prœsenietur
prœsentïsL
praesentalo
prasdicBmenio
prsenumeraiis
pennldmsL
positio
potius
possessii%
ez.
1JO<
pocUw
^nu
po/zi/ur
positionem
potentÎA
ponAtuT
possibilibus
ponenAum
potentie
possibile
potentis
positis
positifi
poculum
ponere
positione
po^i^io
positionibus
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potentiaiVà
298
PO — PP
|Sâ
twnîr
p;9
possessionum
pontificalihus
potentns
ponentes
pontificatu.
posiiione
potentialis
ponuntur
ponXifex
pontificatus
po^sunt
possessor
posterior
potentidiTum
poTtio
porfaretwr
porXionem
potentiîis
^ pos,.Me
1^1 / po^essionem
poss«55a
po^^idenàum
po^sessio
'< po^^essionem.
jWf^ possi6//ta
P^Ur pOSS2//lt
w^tr^ pontificatus
pSfc potesf
P<^ potair
P^^ po5it2^<;
Udtc'*' potentie
^o^^ polente^
^f^/ pontificatus
W papa
^ pape
1>P _ PPL
299
f
propfer
4
proprer
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popa/itô
è^
T
papa
#
propr/a
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prop/erea
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proprii
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il
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propfer [^]oc
V
proprer
sf
propritts
i"'
propr/erate
#
papa
pra?para
pape
pie-
pape
perpe/Ma
propferea
propriefafibws
perpefwe
p^rpe^i^um
perpendicula-
rem
proprietos
propriefate
proprie^ata/w
proph^^a
pr^po^m
parfic/pii^m
propinquiorai
praepositï
populi
pi^plice [pu
blice]
popuXuiïi
900
PPL — PQ
r
**^
popiilaris
popifltts
perpefttuni
paujperuiii
papam
pra?po5i>io
prâ?po5Û<o
propo5£fo
proposeVio
propo/uVwr
propo«ifio//e/M
pra?po/ie/ido
proposmo/ium
prop05iV{<ni
propo/iw«/ur
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pra?po5£>î
proposition)
propo«if20/2i8
il>i}W? proponw/ifttr
JgûOi!t proporfto«ewi
JP<«f^V^' proporc ion a
propor/ion«-
lem
proporrio«a/i-
ter
propor^io/mla
liter
prâ^po/iattfi*
propter
praepositus
prsepositus
praspositus
propWetas
prseposàe
prwposiii
prêepositum
prssposào
prsepositu»
pwrpura
posiquam
PR — PRO
301
r
patev
~pitur
prœdicatum
prxdicaLtUT
personarum
prœtere^L
prxdicaLment'd
primorum
parrocckisk
prœstaLtur
yZCllMI parrami/ii
pv«i«M^ patvkndum
yvUJtuS prâ^^râns
pxis
J5
♦%
it
presby<«r
preshyteris
pâtre
prasdiesiretur
probsLTe
Y
pu
prese/iria
pr^siet
prêter
patri
^^Tt ppêsdicskti
!l>n probdiTi
pt*iiV pâma
yvxCK^ patri^Tchdi
yyt^k^s^J^ pVYSielpaMs
pLIol^ pa/rimo/z^ale
l3 priviltf^ia
prâ?cf£cafum
pa/ernttm
pa^erno
parvockisXx
parvockiaXis
(^Vdfffiv^ parrochiarum
profeto
pra?rogafeVa
302
PRO — PS
ÎJWUV
P
Vf
prorogaU'o/iem
prohi^ens
parroni
proyerbium
panris
parruo
pars
p«r5o/iis
psalmus
psalmus
psalter
prsesentibus
posset
possunt
personaiS
primas
proèas
ps<er
psailmiste
fa»
jipr
.^tr
fw
P
)st
psa/mo
pra?se/if£bu5
prajseri'a/ido
pri/nis
psa//7ii
prâ?/7i£5SÎs
psa/mum
psa/mo
p05S2t
preshUer
preshytero
preshytero
prxscrïptio-
nem
prosequitur
prœsentiaLin
prsesentia.
persequutio
possibiliier
psalmus
PS — PT
303
prassentia.
prsesens
pluxe- pra?sente
^JO ^ersonailiter
yuX^ ^ossessione
personaAiter
^ersonaliter
'p / (y2J Tpersonavum
rtjrfpto pra?SMppo5ito
J?/W persxitlsse
VyUS^ persusLsibilis
]^^\^ partibus
Ijr parium
Pt po5t
t)t[ potest
S^ prote^for
^
po^tmoc^t^m
-piaf
27fCt6^ pofestati>
IttàiCC pofestate
l^tlt poïesmte
pVt?^ pateôtt
l>rc ^vl^ prâ?terit«
^rro^ patebit
^tcrtîP protestafiowi
' bws
proXestatur
pa\£t
pertinet
protestataL
probaint
praedicaXur
potesX sic
proXestaXur
prseXereù.
potesXaite
porXdiçiX
prœdicaLXat
304
PX — PV
vê^tM prothomarty-
ptV ^otestaù
'jPtXK i^erùnet
l^tl partiaUs
Dtv particttla
'«I©^ prapterimm
VrCL ^arXACipatiofi^
(Vix^ ^rseierUo
JXL^ partie ipatio-
"T ^ nem
"QXX Y^arXXculavis
^tif ^ariïculariter
JïcC^ pariicipave
Jj(|p partia/iter
pt\C* participiMin
• . •
pnctp participafio
l?tlcB^ particulariter
jjnnS* pertine/îfia
jJtOfl prxtorem
t)tOi37 pr«rftcatio/iis
4 _
pnir
v.
T
«s
prap^i^^ator
poiesiBtiP»
praeterquam
pcrso/iatuw
patuit
praîrficatur
naternitas xes-
tra
Proverbiorum
prouf
puer
^rasvalet
pura
pufa
^nblicum
nixblici
pnblicnm
projoriuw
I.
<^^3i£^^ ^royerbloTum
privata
PV —
PX
305
jbvJxd
pra?varicaffo
r^
priyilegium
pllô'"
pnhlica.
fiuir
privileglii
ys^&P
puhlicum
x>u\Q\S>
priwilegia
«Hcsct:
prasnunciai
^111^1^^
prlyUegiorum
^i*^.*.
^à^^
prudentiai
rfiÇ"
puriss/mi
y^rix
^rudenti'd
piiCiu^
priyilegium
^9^
prudenter
-puo
prlyatio
ff
prowenit
priyatio/iem
fu^
prseyenienie
inioue
proyocatione
4^^
proyentus
Purificationis
yn$H:
pugnanÙA
^:7
prout patet
j^Ul
probaLwi
proxi/na
Cl %%•
priyilegiuin
i«
prox«//2i
purifatem
20
•^' quasi
1
qz<â?
f
quœ/que.
quod
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quœdam
^
quœ
3.
quant
qui
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quod
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quod
quantum
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quem
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que
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quia, que
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quia
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que
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^
quitus
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quicumque
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quœritur
qu2L
308
QA _QD
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quae
t
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q Ma/71
iliiSilibet
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r
q/<a/7ipis
quatuor
qu^/i/as
ff
quAliiatis
^
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q/za/itas
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quod sic
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quidem
a
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q//ir/
t
tt
4
1-
1
qiiiéif
quasi
qua/i/ttm
quandoque
quoque
quoque
quomodo
quorum
quœriX
qusesiXi
quSLntitatixwn
quemaidmodum
quemaLdmodnm
quemadmO"
dum
quem'ddmodo
quïbus
quicquid
quxdam
quasi diceret
QD — QN
309
r
quidem
quod
quoddam
quadrupliciter
quod'dmmodo
quodammodo
quodammodo
quoddam
quAdranguli
quando
quadruplex
qusidrupedia.
qu€ui
quasi
qusesUum
quilibei
qualis
quolibet
qualecumque
iitt
oo
ri
qualîras
qualiter
quaïitev
quem
quoniam
quomodo
quomodoUbet
quaesumus
quando
quin
quoniam
quAntitatis
quskntitaie
quinque
quandocum'
que
quoniam
quandoque
310
QN — QU
WÛ quotiens
ChiL quantum
<(IU\ê quantîfas
qumymo
O^ quwstio
<k>C^ quœstioneni
1
qua?5r£onis
quorum
Cir quarto
OUpX quaprop/er
ciCi quoque
^Cfi quanquam
Ajf^ quave
ù%fi^ quœritur
<J? quseritur
^ ^ *K
ûWtiO querimonisL
CI y qusesumus
(ïlè quis
art quasi
f
.O?
ouÂc
quaienus
qudXenus
qudXenus
qudinXUatiye
qua/iti/as
quatenus
quœsXio
quaXenu%
qua/itum
qua/i^uam
qua/i/er
qxxalitaXem
quadra^esimo
qua^i
qndlihet
quare
qxxdXenus
quate/ius
qxxoniam
QU — QUO 311
OUO quo/wam Q^Q^ quomodolil^et
qd^ quomodo ClUi^^Vf quomodoUbet
/jûS^ quoque 4U^)
quoniam
R
t
re
^
Tecipe
r
reddite
p
rei
v
'Tum
-t?'
-Tunt
^
TequisUus
ve-
respoi^detur
-r^
-ret
r*'
régula.
t^
regulAtivus
t^
Tegulam
r-f
rationaiUs
7
régulai
reverenàarum
reverenài
régule
reguXare
responsorium
reverendissime
regimen
reverenda
regio
responsio
resurrectio"
nem
responsione
4
Rt
— RE
^
régulai
1^-»'^
reci/>i«/idu/n
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rtfcipitwr
^
1
relatiysi
rcxî
r^cifàt
i^»»*
reaLlissimsi
vntu.*^
rectitudinem
^
realiter
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rectum
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racio
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rec/or
1^
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rti
recrws
iSte
rationale
'îcfaà
rectores
-M^
realiter
véîti
rectus
tttinêr
ramulus
tl^Hâ^
reddendo
rôô
ratio
-fi^c
responde
lUE&ir
ratiocmatione
jrN^*^
reducitur
respondehit
vfe^
redundantiam
recta
f»u4
reducendum
résurrection
nem
recipiendo
r ecor dation is
respondere
RE — REP
315
rtâe
^tj^cayi^ recongnitlone
reddendum
redditur
redeuntes
redemptioni
redu/ida/i/ta
refecit
respondetur
requiritur
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realiter
respect}!
regulativA
respecnyum
realtter
rémanente
recresLtio
récusai
receptiwum
ySsSs
^-n?.
regenerabitur
regimine
^Vtflf regttlarem
^pld^yUU reg2sn:*a.
IMf^ rehabere
ra*?
-uf^
-^
(jv^%%«'^tj respoxiderx
ySlj^ remoçendo
xctw
remissio
redintegratio
relicta
reWgiosis
reWgio
rexnedium
removet
remanet
reprohatio
reprehensibile
replicandi
repletio
316
REP— RM
n^^
^
ttti
TtKa
TV*
tsct
repug/ia/ires
reqttiic/a/n
requiWt
resurrectio
resistere
residen^ia
resolvibili
restituitur
restuuiio
resiitutio
reslitutione
retiftet
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reti/ient
reientio
reûciendi
reïert
regulis
regum
tâk
^1
regUur
regnum
rtt^rica
rationalis
vegulu
regulAta.
relahitur
relat ivus
religionem
regularihus
relinquitur
reiationis
teproduceneUe lii^>
^«râ? %igiUaUt
Teproducejuitg Mtf
terx iigillaUe
relati^a
relaXorum
remanet
RM — RO
317
"P*^
wrj
veguldimur
remedium
rememoraitur
reminiscentidi
^HUt<i remittemus
yZtx "^ respDndetur
y^A
1
remotionem
respondet
respondendum
respondeo
vesponsio
respondent
respondit
respondehit
respondit
respondendo
vespondemus
responderi
vviê
crar
respondere
respondens
responsum
responssdis
responsïo
regulantur
ftxt^L^A repraesenians
mtir
tX)
respondenùs
ratio
rationem
ro gamus
rationem
Roma
rationSibiXe
ratiocinando
responsio
rationabile
rationahilitev
Roma/?os
318
RO — RS
rociT?
tocmZ
ilSar
rationabiiiter
rationàbilihus
rationabiiiter
ratiocinium
TatiocinaLtio
ratione
Roma/te
Yxrv
rafio/ii
Romana?
vonL
rationi
Ro/nanorwm
t^
Ro/7ia/tos
RP
respublica
^
rescriptis
^
veprseseniet
repetu/i/wr
reprehe/îrf^'t
repra?5enfat
reprae^entanài
lypt^ rescripiis
VTTtT réparât
Y^jP^wboT repuraba/it
cpUjJtl repugn^z/it/a
Vy •? requireret
tr
o
Vl'fTl
rerum
vevum
rerum
resurrectio
resurrectio-
nem
regularem
resurrectio-
nera
res
regulsis
resurrectio-
nem
responsnm
resurrectio-
nem
RS — RX
319
0&'
t'Ttl restitutione
reseryantur
1^*-
^
^<^'»*'
veguldXur
rétrograde
rcthor/ce
r^^u/atîf'a
ruèro
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t*H4>Vi4^ revocare
.^•
^anctl
c
scilicet
^
sunt
^
signurn
^
secundum
f
siiiginis
1
sive
/
solidi
/
secundus
i»
sequitur
ȕ
%ed
sed tamen
#
signa
suprd
summa.
substantinliteT
SIC
significet
significsitur
sicud [sicut)
suhstantie
sib\
secundis
secundum
• •
/
t«&v
sanctissimi
signlficandi
ai
322
So_sA
p
secundo
r
sermonem
sermone
S'
simiiiter
S^
syllogismus
r
significai
0*
significaii
f
sit
r
significate
û^
îto
sa.
fi
significalur
sanctitatem
subjectï
significaio
simplex
substantia
secunda.m
/ICzT sacrawe/îtu/n
p&6&^ sabbûrîs
i*" ^T ' secundaLTie
>d9
sacrame/i^al/s^
Oc sacrame/iti
fujC / sacerdotibus
4*XC'^^ sskcerelotahs
SAcerdoXe
saLcramenio
Caèritt.
n^C
sacrifieia
sacrile^ii
sacrame/itwm
sacra/7te/tfa
sacrame/ins
sacrame/ifttin
sacram^/z/o
sajiguine
sanguis
sajigumem
sanguinis
SA — SB
323
&alvatione
ré
fl,)
SRtisfactione
suhjectum
fÀ^"^
salf^ator
(i^
suhstantia.
lûlIîT
salama/idra
fSlr
suhstafttialiter
fui on
sailuteiu
Salomo/tis
Salomon
substantivutu
sabboft)
Sttbdeleg'arû
laPotie'
Salo/itone
(^
SMbyecfe
6ûf?
salutem
«^
suhjecti
salu^arto/i^/n
salya^âsr^ftam
suh^ectionem
ùnî
Salomon
tot;f"ct
suhstaniiîs
fcwei
saniguinem
ftJîïÛL
substantiva
fSi^S
serçandum
(tnuôr
subjective
Uf
saptV/iffa
fta^
sublimitSLS
Apt^
sapîe/ztM/»
fl5'n
subjectuin
sapîe/zr/e
satis
aubstantiAm
subposito
324
j^.^
SB —
se
su b«trac^/o-
ffffxé
s/z/icrîfica/io
nem
suhiilitaXem
fcur
scientus
Qanctus
K
scïiicet
scilicet
iSa
sanct'io
sa/ic/a
faJ^
sa/icriora
significaiciones
jcSti^
sa/tcfiones
sanctns
Û^
suscïpiendum
significsii
f^
sancds
scrihitur
^
sanctissimi
secundsL
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secundum
F
secula
sancte
\dip
secuXum
sce«it [zénith]
rdn
seculari
sanctl
(cm
sanctum
scienÙA
/B
sancto
scientifica
^.H
significacio-
ne m
scienier
If?
scriptum
siccitaXem
i¥^
scrlpXis
scïentia.
\\^nfe:
' scr'ihituT
se — sp:
^1
sanctus
sa/icmarii
sa/2cms
sequitur
sequeretur
sepe
sequeretur
separatA
pP^^ sensiti\e
l^jhtt/ secundum
M^OlA^ secula
B^IXWL seculore/A72
ti^ sed^
I^Ul semi/ia
fcî?
seminis
semel
semen
sein^l
SenecA
ftp*
H-
325
sensibilis
separanâ'i
septime
septentrionalis
separabiWsL
sempitemum
separAhiliter
sépara ^/li
sep/£wana
separatio
sempiternaL/n
sepiimanaL
sequenti
seq^uifur
sec[uentes
sequu/ilur
sen'dius
16
SE.
— SI
ff
sexagena
(Ut?
sicci/ate/Tf
if*r
sufdcii
i^
siée
f^
suflVrit
fisf
sigillo
«^
significuiio-
nem
f«*>
singularibus
i^éxc
significahit
«jrt
significet
fqpvt:
signipcant
^
singulariter
(ftit
significations
^
significat
jg»
significaiive
^^
significAcio
|t
secundi
Smko
sigiWum
a^
simplicem
ftffi
significatio
f^
sicud
/F
significaXur
{&
^imbolo
éit
siliginis
c
si/z^ulos
fit
si/nul
<t--
s'imilior
^
similiai
^
singularem
$b&
simulacione
^
sïllogismus
9»^ISnt
simulant
1^'
sïcut
fi^
simuÏRt
simplex
(^
sil/aba
A^
sïcut
PQ
simile
SI — so
327
fttU
s
S
S
s
s
s
Y/^
s
s
s
s
s
militudi/iem
miVui
militudinem
miVi modo
llogisnium,
gilhi
Wabii
Uogismus
miliier
milni
mplicissimix
mplex
mplici
mplicitev
ngularihus
n^i^la
ngulares
nciifegore-
mafice
t|W.
^XkL
r
pmcb
?
simpliciter
similiter
simul
substantiAlis
salutem
simiiem
solutio
salutem
subjectum
summum
sine
senteiitidi
senteiitidinào
sentenndi
sententns
solutio
solum
solet
so/a
328
SO— SP
(ta»
f.y.
r
{fit
%ophistic^m
so/um
solidotf
sollemp/ii/a/£<
bi/5
sollirfVe/^me
soIum/Tioé^o
%o\utio
%o\\xmmodo
somp/i/um
se/wper
sanctissimi
patris
speciem
spiritum
simpliciter
super
simplex
spAâ?ra
spa/ia
^**'
speriaZ/bMfi'
spa^/um
sp^c/a/eiri
sp«cèa/is5/me
sper£a/i/<?te
speciahVer
sp<W/us
suspecta
specie
spécifie e
speculatiy»
specialiter
speculatiyo
spécula
specieï
species
spirituali
simpliciier
spiritihus
SP — ST
329
ffo
4552^ super'ior
S|)a//o
spo/isalia
spec/osa
s^wpcr
se/ppr>.s/to
spirittt
sp/W/u's
sp^ctami/5
sp/r/m
spiW/ua/i/c'i"
sp£rz>ualium
sp/r/rus
sifper
^uperficlem
superûciehus
superhabuTi'
dantiaim
•m
secundus
Spiritus sanc-
tus
substantia
sensus
sy//^ba
s.pecies
subscripsil
subscnpXis
se/2 su
senssLtio
(FI
0iA
sensïbiliter
sensibiluaie
se/isit
se/tsit/t^a
supernaiturali-
ter
«^ SM/ît
(ittt^ stabe7/fate
330
ST— S Y
«faiwtr
stabilîs
stSLiutunï
Stepha/ti
stomacho
stipiilaf/o
siomacho
siomac/ium
sanciiiati wes-
siye
sumus
superius
su/nma
suhstantia
t^-wW7* sub sîgillo
fUCc succéda
fU(M successio
^flf^ Y sufficie/i/ta/w
tuf
sufHciens
suffîci>/2/«r
sumifur
swnpùone
supplicatio
snperiorihus
supponitur
s u pplicationi-
hus
supp/ira/idi
suppo//e
suppo5//um
supposf'r^o
suspecri^rn
symonia
syllogismuA
synony[mià
symoni'àoo
symptîhoma%?L
t 1
iuni
dL
lalis
t> ,
ialiter
r9 1
iernpus
f
ienetur
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ienet
tr 1
ienent
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tf^
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rT
iernpus
é^ 1
iriplicis
une
estis
C
X" lune
^ra.
triplica
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^f Xempore
»
r
tibi
triplici
r?
trinitatïs
^o
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7?<'
temporis
a
T
tertio
^
tripliciter
é
tempus
?
triplex
332
TA — TE
XBl'
tik-
tiJL
tivt
isniigiiur
rctf0 \
irtidenâo
tabula
)fe ,
iraditur
tailiier
cÔfSSi 1
ir'Aductionem
Vàngit
-te
-tiVe
Uilis
rf" 1
te/ie^ur
talentsi
t^i ,
ienet
XaAenium
rc^ ,
iempore
isAiier
tt2^ ,
ienesLtur
tam«/i
ta/i/uiD
mu 1
ienehrosiia-
iem
ienemur
trîan^uli
mi^ 1
ienentur
^^Qff
M
te*?
fi
tribus modis
tabula
XrihuXatio
Xunc
irdiCtalus
Xercvane
Xrdiditio
Xantumdem
eo/ogia
e/ieor
emplum
emptatione
emperantie
emptacioni
empXaLtionem
estamenxi
TE — TL
333
«ai
test//no/in
te|^
testî/no/2£ttin
tt(biO
testi/no/i£0
tswn.
tesU/no/2{tfiii
teft^
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ta^
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C$Ay^^
thesauri
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theo/o^ia
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4>^
theo/o^/car«/w
^^
IraluVttr
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ermïndiio
erminsiio
imidus
erminum
ermÏTio
erminum
ern vio
imorem
erminis
ermineiur
itulum
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talinm
334
TL — TO
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i!\^/T/^ t r a n ssuhstan*
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traLnsmutatur
tranismutatio
iotam
totius
iota.
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toto
toUeraôile
tolUtuT
lerminorum
torneamentum
toialiter]
TP —
TU
33E
¥
tempus
tcmpram«r
trt.
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tempore
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T^
tempore
^^
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tempu^
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tanquAm
tempera t'd
^.
terris
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temporalibus
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temper'dntiai
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tempus»
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tristitia.
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tristissima.
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turpitudo
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4^
tripUciter
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1 tMrrihulum
V
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^
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ylrluosus
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vue yerba.
22
338
VA — VI
Vd^
ya/«f
Vl*"
variât
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yohis
^
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yerhi gratis
ttc^
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yeniali
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yendidit
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va*
yen'ialiter
c^fr
yerïtatis
AJCwiu
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licier
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yeneraLbilibus^
yenerabilis
yeneno
yero
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yirginis
yerbi gratis.
yirgini
yirgine
yirgimtaiem
yirginis
yerb'i
yinï
uniuscujus
cumque
y'idetur
yidelicet
yïgifia.
yidesLtur
yeritatihus
VI— VL
339
^W>'
yerlficaLtur
Vi
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videlicet
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yisionem
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u/îi^ersa/tt«r
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u/iîmtem
Via*^
yicinum
VtCKt. vi/tcula
114^^
y'iciovum
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yiâendurn
8^
yidelicet
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*tfi^U
yidelicet
1^etp virorw/w
If
'>î>\\5 verdis
vists
v\fX
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^l^ yi^Hi'A
yeri%\mi\iteT
yisionem
vel
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yalet
ultima.
vel sic
ultimo
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unii^ersalium
u/îfVersalia
yellet
ullo modo
340
VL — VO
vCtt
uniuersaliter
ultr/ni
ult/o/i^m
T^
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VHtluoT'
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W*^
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110
VO
•^
yocAtiir
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vo/tt/i^as
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\olens
yerhorum oh II-
gatione
yoXuntaXem
Cf^^^ yoluniSiS
ttcF
IKHily yolatllibus
^oBS Yocalem
^Ofô^ vole/ifes
uc(r
folwwt
V^m*^ vocanmr
vero
yerborum
yocdilitev
yoluntas
vorat
vo — vx
341
^
vocales
WCl^ YoluntiiXh
i^
jySkoOÛ wocatorum
/
\estra paterni-
tas
yestev
yidetuv
yestra.
westra
'^W5ik Tk' westre sancti-
^ tati
yXXVn yestrum
■"If
Mk— Ut probatur
'Vî^ ut patef
yestre %ancti-
tatis
\erus
wesperaLS
usque
wirtuose
yerhorum si-
gnificatione
VLsquequo
à/
utrumque
xxXerque
xxXrîique
ut 5£C
\\riuXum
utrum
ut diciX
\xXendo
nxWitev
yocaXivum
ut supra.
wirXuosior
virtu^es
«J^ vu/t
vcrv«x
O^J^a^ vulg
Wille//WMS
ant^r
uxor
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ÇAiristus
?"
Chmms
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Qhristi
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Qhristum
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CYiristo
Tt
decimo
«•
Chm/ies
IMW^ Chrwriana*
IClill quadragesima
%P^ Christum
^JM€ Christe
JC)ftf^ CYïTiste eleison
JfM Christi
If^ Christo
y
ymnus
yà)
ydo/t^a
ymaginari
-uV
Ye*«ie
^JW
ymaiginandum
ycTc
yemale
yconomum (œ-
conomum)
yâentitaiS
ymRgin'Atio
ymagine
yS&>^
ydentitaie
yr"^
ypothecA
y9^
ydeoma [ydio"
ma]
ydempdtAS
ydiomatum
Ypocratet
ypothetice
ysoceles
^oAL zodiaci zf zmziber
D ou 9
t
contra.
r
contraria
i-
contrariuvc\
contrarioTum
-.
f
considérai
conveniaX
57
consequentra
Xenet
conceài
concedo
f
commune
r
consequentie
?^
communem
f?
conclusionem
^f^
nt
î
f
f
f
9^
ÛZ^
commun!
conveniez»
conceptum
communicatio
complexio
conclusio
conjunctio
cognitionem
conclusionem
conclusione
comment4Uor
communitev
commeniatO'
rem
346
9«B_yCU
r
.Hd
?
f
<li6
rd
3ftin
conséquent faU
suia
• •-
contingiX
comparuiX
composixis
composiXsL
concepùhus
consequentïs
composiXo
commentaXoT
composiXum
concepXus
complexio
congruA
conçeniann
^^ concurrente
concurriX
communicaibi'
Us
communicsitio
net
ocfé?
conceditur
concedendum
concedl
concedunX
conceptionis
conciliuTà
cognïclo
concïpitur
concluditur
conclusio
conclusione
conclusionis
concluditur
communication
nem
concomitanXer
concordantiis
concorÔAiitia.
contraiCXus
concupiscentisi
^CU — 9G
347
co/i eu pisce/î-
cortfradic/orw
^^^
conàÀtici
conditio/iem
condicio
obV
conditionïs
9^
conditio
f^V
conditionem
acâm)
conditLone\v\
communem
communem
ûenx-
conçenïennaLin
Jeu
convenïentia.
«fefiîf
coni^enïendum
(^ùn^
convenienlem
^
conçenientem
r
conïertur
^
coniirrnatur
C^ffO
conïessio
4\
93^
te-
y
■V
con îirmation is
confirmation
nem
conîectionem
conîessionem
conïessoTum
con (raternitate
conîuse
cognoscitur
cognosch
cognoscendum
cognoscendi
cognitionem
cognitionem
cog/iopit
cognïtiyus
cognitio
cognoscere
congregaXis
cognixï
348
9GC — 9P
<?
^$^
cog/iicio
ojtn
coHgnieiïiiit
9SC^
congregatto
<^:>
^m
cogno^ceret
;ir"
)
cognoscere
^
cognlium
iè^
cogniùçtttH
contraihit
contrahunt
communi
contrarium
^^
contrarïetaie
^^
communium
Sut^
c&ntrarietaie
co/i/rario
9^
communUev
communlter
o^ir
congrulk
^t%r
coi^ectur%»>
OSl connuentat9r
Ml committere
commntnhiiur
/^TOlll communi
^\a
9^
xBl
mr
fp
consequentiA
conseguentium
conveniencius
co/isequencïz
commune
consequenci^
communi
communiter
^onsequenter
conséquent
communiouenk
communier
convenientiot
com |) reh ensètd"
le
com\^osi\i\
^Pt _ ^SE
349
^n£
^tkë^
>m.
2T
"0
cowptttum
cognoscere
comparahile
comparatio
compara tiVe
comprïratio-
nem
compeùi
comparareiur
competeret
comprehensi-
bile
compréhension
nem
compleTii
compXetorium
compXetorio
compXementum
complétive
compXexio
compositio
compositionem
a.
T.
if
ÔN9
comparatio-
nem
compost fa
compositum
composita.
com paratio-
nem
computRtione
computando
conqaeritur
contrarium
conveniret
convenive
convenivi
conséquent
conveniens
consulibus
contrRrietas
communia
C\/CCV/ con
secracio-
nem
}^^ consecravit
350
9 SI— <?V^
c
con^xderatur
conXempnenào
1
1
r
considérant
^t^
continuât.
!
T'*^
àum
considerantur
Oti*
continenti-A
co/tslderatio
^^
continentîhus
considérations
c/c^
contingentihus
'
Tf
considerari
continue
<i
^1.
considérai
û1t7
continuum
ÎP'
consoXatio
^tot^
continens
3^
consùtuitur
St^
contingens
9ft»»
consiUutio
at^
continua
1
MiiS
constiiuendum
oit*
contingit
?/^
consuetudo
continente
2^
consurnmaio
consumntiUio
continentiaLnt
contuniAciaL
f
convenii
9^
contumaciànt
V
concepXus
<PflUi
co/2tumax
conùnet
jjîie-
conyertib'àis
i
commu/iiter
ûâ'««'
conyersione^
^Ôi^
co/îtradic/oWa
^
congruum
^VE —
9VT
35
yfUC^ commune
^tl**
çommunicare
^fy^^^ conYenit
j^
commxmiXer
4VtCv convenientia.
jvcè
conçeniwiX
9ltt commnni
conyerùbiXis
ABREVIATIONS
FRANÇAISES
aihouiant
a caiuse
aLCOUSUimé
aLcquéreur
acqui^mon
admodiateurs
adjoMrn^
adrec/^e5
afferes
ixmende
Cm^^m apostolique
'^yo o^/***^ appe//ans
appellations
appartient
•Apparienant
article
archidiacre
arpent
arrérage
assapo/r
ass/s
23-
354
AS — AU
1P
€Ka!S
assignation
Assigner
ass»e
avoiV
avoir
Autres
aLUCtorisée
audi'r
Aultre
autre
avoit
anitrement
B
boisseau
^^ haiimage
/M/ biche/
'^à-^ bien
bourgeois
*f
H
boîsseâ^u
G^%/M^^ Bourgogne
«r
boulant
bout
csLUse
^
capitulaire
cause
caiunon
ce dit
cheç'al
^O ^^yr^ \ chappifre
d^lM^y^ chapirre
çIm^ chec^ah'er
m^v^ chepah'er
Cil
vc
che(>alier
^
cm ^
char/re
choses
châjcun
cinqe^â^/ite
clerement
coMrt
cognaissance
cognaitre
commis
communie a
tion
col/af£on
coWation
colI^^iVzle
358 COL — COP
CùQ0bf} collafion ^««<-^Wh
SmS? commettons ^^^
êfi ^j^
€^^^ conseiller» Cl^p copie
condamnaiion
contenttnt
&
con/ro/eur
D
dit
deniers
demandeur
damoiselle
d^ATTérages
dairnièrement
d'autre
d'un bout
d'un costé
dicte
déclaration
deffaut
deffunt
deffendeur
^SttS dehu
oéU demourant
CteV*^^ demandant
vXHwX^^^ demandeura
4!S^V•4ûCè demorant
^^mcw demourant
Aeniers
depen<^/ice«
depporàion
dépens
Aevenière
360
DE — DU
derrière
desdits
dessus dit
dès mainte^
want
dessus
dessus dit
^*^ desservir
denement
d'h^6ita/<on
dWWgences
disposition
dxsXvent [di"
rent)
dernièrement
domicile
données
dorénavant
v)'«v^ ^^^^'^ dixième
d'u/ie part
duquel
devant
d'un bout
dudir
d'uR^ part
Ë
encontre
enfants
église
enq^ueste
ensuit
enyïron
épiscopal
Ëstif/i/ie
eschoir
eschequier
escuier
estant
49ra esdits
^H})-^ esglise
esXevenant
ff
^^[y enXerigner
^^^9X/ éve/îgiles
Vie.
e/iviro/î
exécutoire
extraordinaire
» . •
•ognS>
execMfto/ï
exécution
exécution
exécution
extraordinaire
exploit
exposant
F
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(emme
fait
faiso/is
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(ère
(ébi^rier
JjQ (tance
§Mr (aire
f^^ (rère
Jnp^ (romeni
n4j\0^^ fromc/it
' \/^ (Mxent
£)^h^ garder /^^tvA^4/^t^^
grieiment
^T^
^.
garantir
gouyemement
As
gfossoyee
9^^ GenepiVive (^y^ ^^^^^
Q/ïi grosses
généraux 'yyK
ÇHAÏe ' g^n^ral Oi«i^ Guilk«me
générdXement
H
h^râable
habitans
^«^ hoirs
habitans
héritage
wCtkop habiiaLtion
^iHs/r homme
j/^ ^ honneste
honnorahle
héritier s
huictie5me
iehan
iehan
xnis jadz5
ustrissime
impétrant
\our
\ouxfe
\OUT
\ugement
\mng
\ugement
\uri diction
\ur èrent
\nsques
R
■tet
ïialendes
t
livres
Véxécucion
licencié
wS^
licencia
it^ ' licence
^-^ttâ-^*^ lieutc/ia/it
lieuxtena/itô
livres
VoTàonnance
le({uel
lettres
lettres
livres tournois
M
X^
maistre
mémoire
manuel
msL/'esié
Magdeleine
maintena/ir
mando/is
mandeiu^/z/
mur esc h a\
matières
mardi
mère
mectre
mémoire
mesmemene
monnote
mondit
monseigneur
monsieur
moustier
moins
N
^
^
&»
ne
nope/nbre
nécessité
nénntmolns
nécessitez
nul
nous
not'ewbre
notre
noble
nommé
notre
CW^'O^^tT^ notera (/lo-
(N taire)
/■^Lt/tbi"^^ notteres (/io-
^ ta ires)
notre
nommes
nonobstant
nosseigneurs
nosseigneurs
notaire
notredit
noft'e Dame
noflre strc
notre seigneur
24
o
^
obéissance
^h^Z4Sy obligea/1/
ûCtf
octave
ofiïcier
offices
officiai
opposition
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ordonnance
ordonné
ordinaire
orront
outre
oultre
ouvriers
pa î ^pA^A .TH^n*VU37yJjt^.5lî^.,
procureur
^'y^J Pierre
paiero/ît
par cha5cun
pdiVToisse
parochiûle
prehstre
procureur
procéder
procès
procession
procession
percher
prochain
prochaiinement
procureur
parcydevarit
paràevanX
prier
Paris
parlement
372
PL — Pï
^*m3?
parlent c/ft
plusieurs
prem'ièremeni
permission
péremptoire
premiers
présence
prétenda
présens
présent
présentes
présentement
jXK/n^ présentes
^^ j pour
possession
possessioN
possession
ïï
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F:
propres
propriété
proposer
proposent .
propres
paroisse
présidiail
proclamAiion
principal
*" part
promecta/ir
pan^onaîg^
proucha^/i
P/erre
parroisse
prise»'
prescription
personne
personne
PT-PX . 373
prowsion
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'^trf!r^ prothomartyr f^^^P puissaw/
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renonçant
recommandé
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raisonnable
raiisonnàbles
rappareiller
réclamation
recommanda"
ftons
^VAiiiàf recognut
Mi^^^ registre
rellation
relation
rellation
fCyWMJ réwéraince
4^"^^^ royal
remo/2fra/2ces
renonçant
réponse
réparation
repr^sentans
reqweste
réserve
samf
sols
sire
seigneur
serçira.
serwce
samct
seigneuries
serai
sstchent
saicrement
salut
scayoïr
|ômcp
susdicte
sire
semhlablement
se mestier
s'ensuit
sentence
sepmaines
septembre
sergent
sergent
Saint Jehan
signet
salut
378
SO— SU
somme
<î<
I^IHaV souhsigné
|oû&^ soubza^^
AtUCImIa sove/ites fo/s
fOu/rv sou(f/5a/ir
IpaAiMp sp^ciaulx
seiffneur
seisneuriaA
F
seigneurie
sont
sols tournois
suhgiet (sujet)
successeurs
supp/eant
suppl^a/ts
ta)
uûSb
tournois
tournois
taibellion
tabellion
taibeUion
tierce
terme
témoins
tenant
CL
tendant
tesmoins
testament
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contraire
consentement
contre
contenant
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ADDITIONS
P. 9. Kaulek (J.) et Plantet (E.). Recueil de fac-similé
pouvant servir à l'étude de la paléographie moderne
(xvii® et xviii® siècles). Paris, 1889, in-fol. (24 planches
en photogravure).
P. 20. Nous avons cité comme un des plus anciens
exemples de l'écriture onciale l'inscription dite du
Moissonneur. M. Châtelain , dans un mémoire intitulé
r Inscription du Moissonneur y et dédié à M. A. Héron de
Villefosse à l'occasion de son mariage (in-12 achevé d'im-
primer à l'imprimerie lithographique Blane Pascal, le
24 avril 1889), a démontré, par des raisons tirées de la
paléographie , de la grammaire , de la métrique et du
style, qu'il convenait de faire descendre cette inscription
jusqu'au vi® siècle de notre ère.
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
Préliminaires.
§ 1. Définition de la Paléographie 1
§ 2. Les diverses périodes de l'histoire de F écriture
en France 3
§ 3. Bibliographie 6
§ 4. Origine de Talphabet latin il
Chapitre I. Période anté-garolingienne.
§ 1. Ecriture capitale 15
§ 2. Ecriture onciale .^. . . . 19
§ 3. Ecriture demi-onciale 22
§ 4. Ecriture cursive 23
§ 5. Minuscule mérovingienne 25
§ 6. De l'écriture des actes 33
§ 7. Ecritures étrangères à la France, dites natio"
nales 34
Ecriture lomhardique 35
Ecriture wisigothique 38
Ecritures irlandaise et anglo-saxonne 40
Chapitre II. Abréviations 45
§ 1. Abréviations par sigles 46
§ 2. Abréviations par contraction intérieure 48
§ 3. Abréviations par lettres suscrites 53
§ 4. Abréviations par suspension 56
386 TABLR DBS MATIERES
§ 5. Abivviations par signes spéciaux 58
§ 6. Signes conventionnels 64
§ 7. Remarques sur quelques lettres 65
§ 8. Lettres conjointes , enclavées et monogramma-
tiqucs 69
§ 9. Notes tironiennes 72
Chapitre III. Réforme carolingienne (ix*-x* siècles).
§ 1. Manuscrits 75
§ 2. Chartes 85
Chapitre IV. Période post-carolingienne.
§ 1. Manuscrits 89
§ 2. Chartes 92
§ 1. Manuscrits 97
§ 2. Chartes 102
§ 1. Manuscrits. 111
§ 2. Chartes 118
§ 1. Manuscrits 129
§ 2. Chartes 136
§ 1. Manuscrits 138
§ 2. Chartes 142
XVI* siècle 144
xvii® siècle 146
Chapitre V. Signes auxiliaires de l'écriture.
§ 1 . Ponctuation 149
§ 2. Signes de corrections 151
§ 3. Accents 152
§ 4. Chiffres romains 153
§ 5. Chiffres arabes 155
§ 6. Notation musicale 157
Chapitre VI. Matériaux'Et instruments de l'écriture.
§ 1. Papyrus 163
XI* siècle
XII* siècle.
XIII* siècle.
XIV* siècle.
XV* siècle.
TABLE DES MATIÈRES 387
§ 2. Parchemin 167
§ 3. Papier 173
§ 4. Tablettes de cire 175
§ 5. Encre 177
§ 6. Stiles et calâmes 181
Principales espèces de manuscrits 183
Dictionnaire des abréviations 189
Abréviations latines 193
Abréviations françaises 353
Mflcon, imprimerie Protat frères.
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